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Camara : Ascension fulgurante et avenir en Premier League

En février 2023, Camara quittait encore les terrains poussiéreux de Generation Foot pour tenter sa chance en France. Un pari. Un saut dans l’inconnu. Metz flaire alors le bon coup et mise sur ce milieu longiligne, encore brut, mais déjà irrésistible par séquences. Un an plus tard, la mise est déjà gagnante.

Une seule saison de Ligue 1 lui suffit pour changer de dimension. Monaco ne laisse pas passer l’occasion : en juillet 2024, le club de la Principauté aligne un package à 15 millions d’euros, convaincu de tenir là un joueur à façonner, mais déjà prêt à bousculer la hiérarchie. Le pari, cette fois, tourne à la masterclass financière : aujourd’hui, la cote de Camara flirte avec les 55 millions d’euros. En un claquement de doigts, ou presque.

Les grands d’Europe le suivent à la trace. Certains seraient prêts à signer le chèque sans discuter pour arracher ce profil devenu rare : un milieu moderne, capable de couvrir le terrain, de jouer sous pression, de dicter le tempo. Les clubs anglais pensaient tenir la corde pour 2026. Ils avaient même pris de l’avance. Mais la dernière fenêtre de mercato s’est refermée sans accord définitif. Camara est resté à Monaco. Un répit pour la Ligue 1, une parenthèse seulement.

Crystal Palace a déjà dégainé une offre formelle. Chelsea, qui avait tout ficelé avec Monaco avant que le dossier ne s’enraye, n’a pas abandonné l’idée de revenir à la charge en 2027. Le marché bruisse de son nom, les directions sportives s’agitent, les cellules de recrutement affinent leurs rapports. La question n’est plus de savoir si Camara quittera la France. Mais quand.

À Monaco, le plan a été bousculé par un autre dossier. Le choix de Folarin Balogun de couper court aux discussions avec Everton a poussé le club à revoir sa stratégie de ventes. Impossible, dans ce contexte, d’ouvrir trop de portes en même temps. Les dirigeants savent qu’ils ne pourront repousser éternellement les assauts venus de l’étranger, mais ils entendent maîtriser le calendrier. Tant que possible.

Dans ce tumulte, une voix pèse particulièrement : celle de Gilles Grimandi, ancien de la maison monégasque, aujourd’hui consultant. Interrogé sur l’avenir de Camara en Premier League, il ne cache ni son étonnement ni son admiration. Il avoue être « très surpris » de le voir encore sous le maillot rouge et blanc, lui qui s’attendait déjà à un départ l’été dernier. Pour lui, le constat est limpide : à l’instant T, Camara est tout simplement « le meilleur joueur de France ».

Grimandi glisse même une confidence adressée à Patrick Vieira, sélectionneur du Sénégal : cette équipe nationale a, selon lui, une chance inouïe de pouvoir s’appuyer sur un tel joueur, un « top, top player » doté d’une attitude exemplaire. Aux yeux de l’ancien défenseur, Camara est le leader technique de Monaco, son joueur majeur du moment.

Il nuance tout de même le tableau en élargissant le comparatif au niveau européen. Pour lui, des milieux comme Elliot Anderson ou Declan Rice restent aujourd’hui légèrement au-dessus. Mais la trajectoire est tracée : Camara peut, à terme, se hisser parmi les références mondiales à son poste. Il en a les qualités, le volume, la marge de progression.

Reste la question du timing. Partir tout de suite ou patienter encore ? Là encore, Grimandi tranche avec une forme de lucidité. Rester une saison de plus à Monaco n’est « peut-être pas une mauvaise chose ». Le club joue l’Europe, même sans Ligue des champions. La Ligue Europa offre un autre type de pression, d’autres contextes, d’autres voyages. De quoi polir encore un peu un joueur qui apprend vite, très vite. Mais pour lui, une chose ne fait aucun doute : la prochaine étape devra être un « top club », et Camara « y performera ».

Cette saison, le milieu sénégalais a déjà goûté à la scène continentale avec Monaco en Ligue Europa, après avoir connu la Ligue des champions auparavant. Jeudi, un nouveau test l’attend avec la réception de Freiburg, formation solide de Bundesliga. Un rendez-vous parfait pour rappeler, une fois de plus, pourquoi sa valeur grimpe sans cesse.

Chaque match européen joue désormais comme une vitrine. Chaque intervention réussie, chaque performance aboutie pèse dans les négociations futures. En janvier, la pression pourrait monter d’un cran, avec de nouvelles offres pour tester la résistance des dirigeants monégasques. Le prix, lui, suit une seule courbe : celle de la hausse, alimentée par cette expérience qui s’accumule et par la sensation persistante que le meilleur de Camara ne fait que commencer.

La Ligue 1 profite encore de ses éclats. Mais combien de temps la France pourra-t-elle garder l’un de ses joyaux avant que l’Angleterre ne l’aspire définitivement ?