Sheffield Wednesday : avenir compromis avec une interdiction de transfert
Sheffield Wednesday négocie son avenir avec un boulet aux pieds. Et ce boulet, c’est une interdiction de transfert qui court jusqu’en janvier 2027.
Un club sous sanction lourde
Les futurs propriétaires du club, Arise Capital Partners, discutent avec l’EFL pour obtenir un assouplissement partiel de cette interdiction dès cet été. Aujourd’hui, Sheffield Wednesday n’a pas le droit de verser la moindre indemnité de transfert avant 2027, sanction héritée des multiples retards de paiement de salaires sous l’ère Dejphon Chansiri.
La note sportive est tout aussi salée. La saison prochaine, le club démarrera la League One avec un handicap de 15 points. La raison : le prix de rachat proposé par Arise, 18 millions de livres, ne permet pas de respecter la règle imposée par l’EFL, qui exige le remboursement de 25 pence par livre aux créanciers à la sortie d’administration.
Sur ce point, l’EFL est inflexible. Le -15 restera.
Une petite ouverture sur le marché des transferts
Là où une brèche existe, c’est sur l’embargo de transferts. Au fil du processus de due diligence avec Arise, la ligue a laissé entendre qu’une certaine souplesse pourrait être accordée. L’idée : ne pas condamner sportivement le club avant même le coup d’envoi, en lui permettant de bâtir un effectif compétitif si la reprise est validée.
L’urgence est réelle. À la fin de la saison, seulement sept joueurs seront encore sous contrat. La plupart des éléments du groupe d’Henrik Pedersen, en fin de contrat, devraient partir. Sans renforts, Sheffield Wednesday se retrouverait quasiment à reconstruire une équipe entière sur un champ de ruines.
Arise espère donc obtenir le droit de payer au moins certains transferts, même sous conditions strictes.
Un plan d’affaires sous haute surveillance
Pour que la reprise soit approuvée, Arise devra accepter un business plan encadré par l’EFL, avec des limites serrées sur les dépenses et la masse salariale. Le consortium américain, composé de David et Michael Storch et de Tom Costin, sait qu’il n’aura pas les mains libres. Mais il mise sur cette marge de manœuvre minimale pour relancer le club.
Sheffield Wednesday est déjà sous le coup d’un embargo de trois fenêtres de transferts depuis l’été dernier. La ligue a toutefois accordé des dérogations ciblées : le milieu zimbabwéen Marvelous Nakamba a pu être recruté en provenance de Luton en janvier, et six joueurs sont arrivés en prêt durant le mercato hivernal. Un bricolage nécessaire pour tenir la saison, pas une solution durable.
Course contre la montre avant un nouveau régulateur
Le calendrier ajoute une pression supplémentaire. Arise vise une validation de la reprise avant le dernier match de Championship, le 2 mai. Aucune date butoir officielle n’a été fixée, mais une ligne rouge se dessine : le 5 mai, l’Independent Football Regulator prendra la main sur le fameux « owners and directors’ test » de l’EFL.
Un changement d’arbitre en plein dossier pourrait tout ralentir. Et chaque jour compte pour un club qui s’apprête à plonger en League One avec sept joueurs sous contrat, -15 points au classement et un marché des transferts verrouillé.
La question n’est plus seulement de savoir si Arise va racheter Sheffield Wednesday. Elle est de savoir dans quel état le club arrivera au départ de la prochaine saison.



