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Hugo Ekitike : Un séisme pour les Bleus et Liverpool après sa blessure

Didier Deschamps n’emploie presque jamais ce registre-là. Quand il parle de blessés, il reste d’ordinaire mesuré, factuel, presque froid. Cette fois, le sélectionneur a lâché le masque. La blessure d’Hugo Ekitike n’est pas un simple contretemps : c’est un séisme pour l’équipe de France… et pour Liverpool.

Mardi soir, à Anfield, la scène a glacé tout le monde. Face au Paris Saint-Germain en Ligue des champions, l’attaquant de 23 ans s’effondre, sans contact significatif. Il se tient le bas de la jambe, grimace, ne se relève pas. Quelques secondes plus tard, la civière entre en jeu. Le public comprend. Les joueurs aussi.

Les premiers diagnostics parlent d’une grave atteinte au tendon d’Achille. Les examens passés mercredi doivent préciser l’ampleur des dégâts, mais le verdict sportif, lui, est déjà tombé.

Deschamps acte la fin de saison et le forfait pour le Mondial

Dans un communiqué publié par la Fédération française, Didier Deschamps a mis des mots clairs sur ce que tout le monde redoutait.

« Hugo a subi une grave blessure mardi soir contre le PSG. La gravité de sa blessure va malheureusement l’empêcher de terminer la saison avec Liverpool et de participer à la Coupe du monde », a-t-il confirmé.

Pas de conditionnel, pas de faux suspense. Ekitike ne sera pas du voyage pour le Mondial aux États-Unis, au Canada et au Mexique, cet été. Le sélectionneur perd bien plus qu’un simple nom sur une liste.

« Hugo fait partie de la dizaine de jeunes joueurs qui ont fait leurs débuts avec l’équipe de France ces derniers mois. Il s’était parfaitement intégré au groupe, sur le terrain comme en dehors », a insisté Deschamps, parlant d’« immense déception » pour le joueur et de « gros coup dur » pour les Bleus.

L’éclosion brutalement freinée

Arrivé à Liverpool en provenance de Eintracht Frankfurt en juillet dernier, Ekitike avait été l’une des rares éclaircies d’une saison compliquée sur les bords de la Mersey. Ses chiffres parlent pour lui : 17 buts et 6 passes décisives, toutes compétitions confondues, pour un joueur censé encore apprendre le métier dans un club en reconstruction.

En janvier, il est même entré dans l’histoire du club en devenant seulement le deuxième joueur, après la légende Kenny Dalglish, à marquer dans cinq compétitions différentes lors de sa première saison avec Liverpool. Un symbole fort, dans une institution où les comparaisons avec les anciens ne pardonnent jamais.

Cette dynamique l’avait naturellement propulsé chez les Bleus. Lancé en sélection en septembre, Ekitike avait profité de la dernière trêve internationale pour s’installer dans le paysage. Aux États-Unis, il marque notamment le deuxième but lors d’une victoire 2-1 contre le Brésil, avant de confirmer face à la Colombie, en sortie de banc.

Son rôle pour le Mondial se dessinait nettement : un titulaire probable côté gauche dans un 4-2-3-1, aux côtés de Kylian Mbappé, Michael Olise et Ousmane Dembélé. Une ligne offensive aussi jeune que brillante. Ce plan s’effondre en une action.

Liverpool encore frappé, Arne Slot sonné

Pour Liverpool, cette blessure vient s’ajouter à une liste déjà longue. Giovanni Leoni et Conor Bradley ont déjà tiré un trait sur leur saison. Alisson Becker et Wataru Endo sont toujours à l’infirmerie. Alexander Isak vient tout juste de revenir après une entorse de la cheville contractée en décembre.

Arne Slot, lui, a vu son quart de finale retour contre le PSG se transformer en double punition.

« Je pense que tout le monde a vu que ça ne semblait pas bon », a lâché l’entraîneur néerlandais après la rencontre. Ekitike a quitté le stade pendant la seconde période, sans même repasser par le vestiaire collectif. Un détail qui en dit long sur la gravité de la situation.

Perdre un match de Ligue des champions à ce stade est déjà un coup dur pour un groupe. Perdre en plus son meilleur attaquant de la saison au moment où se jouent les dernières places européennes en Premier League, c’est une autre dimension.

Un avenir à recomposer des deux côtés

Pour les médecins, la question est désormais précise : rupture partielle ou rupture totale du tendon d’Achille ? La réponse fixera la durée de son absence. Six mois dans le meilleur des cas. Neuf, douze dans le pire. Certains évoquent déjà 2027 comme horizon possible pour un retour au plus haut niveau.

Pour la France, le casse-tête est immédiat. Comment compenser un profil capable de jouer entre les lignes, d’attaquer la profondeur, de finir les actions et de créer pour les autres ? Deschamps devra recomposer sa hiérarchie offensive à quelques semaines d’un tournoi majeur, sans pouvoir recréer à l’identique ce que le joueur apportait.

Pour Liverpool, la question est plus froide, plus cruelle : faut-il recruter un autre attaquant dès cet été ? Si le club se renforce devant, il prendra le risque de se retrouver avec une surpopulation offensive au moment du retour d’Ekitike. S’il ne le fait pas, il s’expose à une nouvelle saison tronquée en cas de rechute ou de retard dans la rééducation.

Entre la gestion humaine d’un joueur frappé en plein envol et l’exigence sportive d’un club qui vise le top 5 en Premier League, la ligne de crête sera étroite.

Hugo Ekitike, lui, entame le plus long match de sa jeune carrière, loin des projecteurs. La question, désormais, n’est plus de savoir s’il reviendra. Mais dans quel état, et dans quel rôle, lorsqu’il retrouvera enfin le maillot de Liverpool et celui des Bleus.

Hugo Ekitike : Un séisme pour les Bleus et Liverpool après sa blessure