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Rui Hachimura fait son retour à Crypto.com Arena avec les Clippers

Rui Hachimura connaît chaque recoin de Crypto.com Arena. Les couloirs, le parquet, le bruit sourd de la salle quand les projecteurs s’éteignent avant l’entre-deux. Sauf que vendredi soir, il y revient en visiteur, avec un autre maillot sur les épaules, une autre franchise sur le cœur.

Après plus de trois saisons sous le maillot des Los Angeles Lakers, l’ailier japonais vit désormais de l’autre côté du couloir, chez les L.A. Clippers, qu’il a rejoints cet été en tant qu’agent libre avec un contrat de deux ans à 28 millions de dollars. Et pour son premier choc face à son ancienne équipe, le décor est parfait : un derby de la Pacific Division, dans “son” ancienne salle, devant des fans qui l’ont adopté.

« J’ai hâte », a-t-il lancé mercredi après la victoire des Clippers lors du match d’ouverture face aux Sacramento Kings. « Je vais revoir tous mes anciens coéquipiers et coachs. Jouer dans cette salle, c’est spécial. Je suis excité. »

Un nouveau maillot, la même influence

Pour sa grande première officielle avec les Clippers, Hachimura n’a pas mis longtemps à rappeler pourquoi Los Angeles – version pourpre et or – l’avait placé au cœur de sa rotation. Titulaire, il a frôlé le double-double : 10 points, 8 rebonds, 2 passes en 23 minutes. Propre. Efficace. Dans le ton d’un joueur déjà parfaitement intégré.

Le Japonais arrive pourtant au bout d’un long détour. Drafté et lancé par les Washington Wizards, il y a passé plus de trois saisons avant d’être envoyé aux Lakers en janvier 2023. À Los Angeles, il a d’abord dû gagner sa place : neuf titularisations en 33 matches lors de sa première demi-saison, mais un rôle vite consolidé.

Au fil des années, il s’est imposé comme un titulaire régulier, avec en moyenne 45 matches commencés par saison sur ses trois dernières campagnes chez les Lakers. Ses chiffres parlent : 12,3 points, 4,3 rebonds, et surtout une adresse extérieure redoutable, avec 41,5 % de réussite à trois points. Dans une ligue obsédée par le tir longue distance, cela vous place immédiatement dans la catégorie des menaces sérieuses.

Le regard de JJ Redick et du vestiaire Lakers

Si les chiffres posent le cadre, les mots de ceux qui l’ont côtoyé donnent la mesure du personnage. JJ Redick, désormais sur le banc des Lakers après deux saisons à coacher Hachimura, sait exactement quel genre de joueur il va retrouver en face.

« Sur le plan offensif, c’est l’un des meilleurs shooteurs de la NBA », a-t-il confié cette semaine. « Nous l’avons eu à un très bon moment de sa carrière. Son jeu à mi-distance est excellent. C’est l’un de mes joueurs préférés avec qui j’ai été en NBA et l’un de mes joueurs préférés que j’ai coachés, parce qu’il apporte chaque jour la même joie, la même personnalité. »

Dans un vestiaire NBA, ce genre de phrase ne se distribue pas à la légère. Austin Reaves, autre visage marquant des Lakers actuels, en garde lui aussi un souvenir très précis, et un sourire au coin des lèvres.

« C’est un être humain incroyable, mais pendant les deux premières semaines je ne savais même pas s’il parlait anglais », a raconté Reaves. « Je m’asseyais à côté de lui dans l’avion, il ne me parlait pas. Et après ça, je ne pouvais plus le faire taire. C’est un super gars, un super joueur, et il me manque. »

Derrière la blague, il y a tout : la réserve des débuts, l’intégration, puis ce lien qui se crée et qui rend ce type de retrouvailles toujours un peu particulier.

Un match, plus qu’un simple rendez-vous de saison régulière

Sur le papier, ce n’est qu’un match de saison régulière en octobre. Dans la réalité, l’affiche porte un supplément d’âme. Les Clippers se déplacent chez les Lakers vendredi soir, toujours à Crypto.com Arena, pour un coup d’envoi prévu peu après 19 h (heure du Pacifique). Même salle, mêmes tribunes, mais ambiance différente : cette fois, Hachimura écoutera les consignes du banc adverse.

« Je suis impatient de voir les fans », a-t-il insisté. « Je les aime. C’est un match spécial, mais il faut qu’on aille chercher la victoire. »

Tout est là. L’affect, mais aussi la bascule professionnelle. Les retrouvailles, oui. La nostalgie, un peu. Mais surtout l’envie de prouver, avec un nouveau rôle, un nouveau système, qu’il reste ce joueur capable de faire basculer un match par son adresse et son énergie.

Dans une ville où la rivalité entre les deux franchises ne dort jamais vraiment, la soirée promet d’être chargée. Hachimura, lui, n’a plus qu’à entrer sur ce parquet qu’il connaît par cœur… et à accepter que, cette fois, les applaudissements ne sonneront plus tout à fait de la même façon.