Pakistan rappelle Salman Ali Agha et Ali Usman pour les Tests contre Sri Lanka
Le Pakistan n’a plus le luxe d’attendre. Derniers du classement du World Test Championship, les hommes de Babar Azam jouent une partie de leur crédibilité en novembre, à domicile, face au Sri Lanka. La réponse des sélectionneurs est claire : retour aux valeurs sûres secouées en Angleterre, et pari assumé sur une nouvelle garde affamée.
Le retour des bannis d’Angleterre
Salman Ali Agha et le spinner gaucher Ali Usman réintègrent le groupe pour la série de deux Tests, à Rawalpindi à partir du 9 novembre, puis à Lahore le 17. Les deux faisaient partie des sept joueurs renvoyés au pays en plein tourment, en août, au cœur d’une tournée d’Angleterre qui s’est terminée en naufrage : défaite au Lord’s lors du deuxième Test, puis balayage 3-0 sur la série.
Cette mise à l’écart, Salman Ali Agha l’a transformée en carburant. De retour sur le circuit domestique, il a frappé fort : un triple century en first-class, puis un nouveau coup d’éclat avec un century contre le Sri Lanka dans le tri-séries ODI en cours. Un message sans ambiguïté : il est prêt à reprendre sa place dans le format long.
Ali Usman, lui, apporte ce que le Pakistan recherche depuis des mois dans les conditions locales : un bras gauche capable de contrôler, d’user, de créer l’ouverture quand le ballon vieillit et que les surfaces se dégradent. Dans un contexte où chaque session pèsera lourd pour le WTC, ce profil prend une valeur particulière.
Rizwan et Imam laissés de côté
Tous les renvoyés d’Angleterre n’ont pas eu droit à la même clémence. Imam-ul-Haq et le wicketkeeper-batter Mohammad Rizwan, eux aussi renvoyés avant la fin de la tournée anglaise, ne figurent pas dans ce groupe pour les Tests face au Sri Lanka. Un choix fort, presque brutal, tant Rizwan en particulier reste une référence du cricket pakistanais moderne.
Le message est limpide : personne n’est intouchable, encore moins avec un bilan de deux victoires pour sept défaites dans ce cycle du World Test Championship.
Trois nouveaux visages pour un Pakistan en urgence
Dans ce décor tendu, la sélection ouvre pourtant la porte à trois novices : Mohammad Taha, Sameer Minhas et Mohammad Suleman. Aucun n’a encore goûté au Test cricket, mais tous arrivent lancés à pleine vitesse depuis la President's Trophy Grade I.
Mohammad Taha a dominé la compétition. Meilleur batteur du tournoi, 730 runs en sept matches, trois centuries au passage. Des chiffres qui imposent le respect, quel que soit le niveau. Mohammad Suleman suit le même sillage : trois centuries lui aussi, 625 runs au compteur. Sameer Minhas, pour sa première saison de first-class, affiche déjà 405 runs et une impression de solidité qui a tapé dans l’œil des sélectionneurs.
Ce n’est pas un simple lifting. C’est une tentative de choc électrique. Injecter des joueurs en forme, issus d’un tournoi où ils ont porté leurs équipes, dans un vestiaire qui cherche une nouvelle dynamique.
Un WTC à sauver, deux séries pour tout changer
Le contexte ne laisse aucun doute : le Pakistan est neuvième sur neuf dans le WTC. Dernier. Chaque point compte, chaque mauvaise session peut enterrer définitivement les espoirs de redressement dans ce cycle.
Les deux Tests contre le Sri Lanka ne sont pas qu’une série de plus au calendrier. Ils ouvrent un bloc décisif, suivi par deux autres Tests à domicile face à la Nouvelle-Zélande en début d’année prochaine. Quatre matches pour réécrire, au moins en partie, l’histoire de ce cycle mondial. Ou pour en confirmer l’échec.
Babar Azam, maintenu capitaine, portera à nouveau le poids de ce projet. Il devra composer avec un groupe mêlant cadres secoués, revenants en pleine forme et jeunes sans complexe, tous réunis sous la même obligation : gagner, enfin.
Le groupe pakistanais pour les Tests face au Sri Lanka
Babar Azam (capitaine), Abdullah Fazal, Ali Usman, Arafat Minhas, Azan Awais, Mohammad Abbas, Ghazi Ghori, Mohammad Suleman, Mohammad Taha, Razaullah, Saad Baig, Salman Ali Agha, Sameer Minhas, Saud Shakeel.
Les noms sont posés. Les comptes, eux, se régleront en novembre, sur la poussière de Rawalpindi et de Lahore.




