Nikola Jokić met en garde les fans des Nuggets
Nikola Jokić recadre les fans des Nuggets : « Ceux qui nous ont hués ne doivent plus revenir »
La soirée avait tout pour tourner au fiasco. Un trou de 23 points, une défense en retard sur chaque aide, une attaque qui cafouille, et un Ball Arena qui gronde, qui hue même, dès le premier match à domicile de la saison. Au bout du compte, le tableau d’affichage raconte une autre histoire : 141-135 après prolongation pour les Denver Nuggets. Mais Nikola Jokić, lui, n’a rien oublié des sifflets.
« On s’est fait huer à notre premier match à domicile, et je pense que ces fans-là, ceux qui nous ont hués, ils n’ont plus besoin de venir », a lâché le Serbe devant les médias. « Si vous nous suivez, vous savez qu’on n’abandonne jamais et qu’on est déjà revenus de situations bien pires. Donc si on me demande, ils ne sont plus les bienvenus. »
Le message est sec, assumé. Et il dit beaucoup de l’état d’esprit d’un vestiaire encore marqué par l’élimination dès le premier tour des playoffs la saison dernière, puis par une ouverture 2026-27 perdue largement face à Oklahoma City Thunder. Quand Denver s’est retrouvé noyé sous l’écart, le spectre d’un début de saison en série noire a flotté dans l’air. Les tribunes l’ont senti, et la patience a vite cédé la place à la frustration.
Mais sur le parquet, deux hommes ont refusé le scénario du naufrage.
Murray embrase la salle, Jokić orchestre tout
Jamal Murray a d’abord rallumé la mèche. 42 points, huit tirs primés longue distance, des séquences où il a pris feu et fait basculer l’inertie du match presque à lui seul. Chaque panier ramenait un peu plus le public du côté de l’équipe, chaque trois points effaçait un peu plus les huées du début de rencontre.
À côté de lui, Nikola Jokić a signé une partition dont il a le secret. 35 points, 15 rebonds, 10 passes décisives. Un triple-double de plus, un de ces soirs où il semble piloter le match comme une partie d’échecs, en avance d’un coup sur tout le monde. Avec cette performance, il n’est plus qu’à dix triple-doubles des 209 de Russell Westbrook, record absolu dans l’histoire de la NBA.
Ce duo a surtout dû en faire encore plus que d’habitude. Denver était privé de Cam Johnson, Alpha Diallo, Julian Strawther et Spencer Jones. Une rotation amputée, des options offensives en moins, et une équipe qui a mis du temps à trouver son rythme. Le début de match l’a montré sans filtre.
« C’était juste… rien n’allait dans notre sens, ils mettaient leurs tirs et toi tu ne mets rien », a décrit Jokić au sujet du déficit initial. « C’était juste une mauvaise énergie, et il faut quelques minutes pour que ça passe, pour en sortir. »
Le temps, Denver l’a pris. Le match a basculé au fil des stops défensifs enfin enchaînés, des rebonds arrachés, des contre-attaques converties. Les Nuggets ont grignoté, puis renversé. La prolongation a simplement entériné ce qu’on sentait venir : même plombés par un départ catastrophique, ils avaient décidé de ne pas lâcher.
Entre exigence et fidélité
Les huées, elles, racontent autre chose : une fanbase encore irritée par la sortie de route prématurée au printemps dernier, déjà inquiète après la claque de l’opening night. Le public de Denver s’est habitué à l’excellence, à un standard imposé par ce même Jokić. Quand l’équipe s’en écarte, la réaction devient brutale.
Sauf que le double MVP a tracé une ligne claire. Oui, l’exigence. Non, le reniement en cours de match.
Il ne s’agit pas d’un conflit ouvert avec l’ensemble du public, loin de là. Ses mots visent une frange bien précise : ceux qui tournent le dos à la première difficulté. Ceux qui, malgré l’historique de remontées de cette équipe, choisissent la bronca plutôt que la patience. À ses yeux, ce n’est pas compatible avec l’ADN de ce groupe.
Et le vestiaire sait de quoi il parle. Ces Nuggets ont bâti leur identité sur la résilience, sur ces soirées où un déficit paraît insurmontable avant de se dissoudre sous le poids du talent et de la constance. Samedi soir, le scénario s’est répété, presque caricaturalement.
Golden State en ligne de mire, ambiance sous surveillance
Denver reste à domicile pour son prochain rendez-vous, lundi, face aux Golden State Warriors, englués dans un début de saison à 0-3. Sur le papier, l’occasion est idéale pour installer un premier élan, poser un jalon et calmer les doutes.
Reste une question, désormais : à quoi ressemblera l’atmosphère au Ball Arena si les Nuggets se retrouvent encore menés au score ?
Après la sortie de Jokić, il y a fort à parier que les sifflets, eux, réfléchiront à deux fois avant de se faire entendre.



