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Mikel Arteta souligne la résilience d'Arsenal en demi-finale de la Champions League

Mikel Arteta savoure, enfin, le droit de parler d’autre chose que des accrocs du week-end. Au terme d’une campagne européenne éreintante, l’entraîneur d’Arsenal a recentré le récit sur ce qu’il estime être l’essence de son équipe : la résilience, la capacité à tenir debout quand le calendrier et les blessures frappent sans relâche.

Privé de cadres comme Bukayo Saka et Martin Odegaard, Arsenal a dû avancer sans filet, enchaînant les rendez-vous domestiques et continentaux avec une marge d’erreur minime. C’est précisément ce contexte qui donne, aux yeux d’Arteta, toute sa dimension à cette qualification pour les demi-finales de la Champions League.

Le technicien espagnol ne s’en cache pas : ce parcours a un goût d’exploit. Il parle d’un « énorme effort » pour atteindre le dernier carré, d’une performance « extrêmement difficile » à aller chercher dans un calendrier qui ne pardonne rien. Derrière les sourires, il insiste sur la somme de travail accumulée en coulisses, sur les semaines à bricoler sans plusieurs de ses joueurs majeurs, sur cette obligation de rester compétitif tout en perdant des pièces essentielles.

Arteta rappelle surtout le poids historique de ce qu’Arsenal vient de réaliser. Selon lui, le club vient de franchir un cap inédit en 140 ans d’existence. Une phrase lourde de sens, qui situe la performance bien au-delà d’un simple printemps européen réussi. Pour le staff, pour le vestiaire, cela valide des mois de construction, de corrections, d’ajustements tactiques et mentaux.

Dans ce contexte, son message au groupe a été clair : de la gratitude, avant tout. Gratitude pour l’engagement, pour la discipline, pour la capacité à répondre présent alors que la pression ne cessait de monter. Arteta estime que ses joueurs « méritent » cette demi-finale, qu’ils ont gagné le droit de la savourer, précisément parce qu’ils sont passés par la voie la plus exigeante.

Cette qualification a un autre effet : Arsenal reste désormais le dernier représentant de la Premier League dans le dernier carré de la compétition. Un statut qui, pour Arteta, n’a rien d’anodin. Il y voit la preuve de la brutalité du championnat anglais et de son enchaînement infernal, capable de « vider » physiquement et mentalement ses clubs engagés en Europe.

Être « le seul club anglais encore en lice » n’est pas, dans sa bouche, un slogan, mais un constat. Le manager ne s’illusionne pas pour autant : il admet que son équipe n’est « pas parfaite », qu’il reste des secteurs à améliorer, des détails à corriger. Mais il réclame qu’on mesure à sa juste valeur ce qu’a déjà accompli ce groupe.

Arsenal avance donc, cabossé mais debout, vers une demi-finale qui s’inscrit déjà dans l’histoire du club. Le reste de la saison dira si cette campagne européenne restera comme un sommet isolé ou comme le point de bascule d’une équipe qui apprend à transformer la difficulté en marque de fabrique.