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Roy Keane défend Arne Slot : Pas de licenciement un an après un titre

L’élimination en Ligue des champions a ravivé le débat autour d’Arne Slot, mais à Anfield, tout le monde ne réclame pas la tête du Néerlandais. Roy Keane, lui, a tranché : changer d’entraîneur maintenant serait une erreur.

« On ne vire pas un manager un an après le titre »

Keane n’a pas cherché à arrondir les angles. Il a rappelé une réalité simple, mais souvent oubliée dans la fièvre des réseaux sociaux et des tribunes : « Tu ne peux pas virer le manager un an après avoir gagné le championnat. »

Les fans sont agacés, il le sait. « Ils sont impatients. Bien sûr, mais ce n’est pas le cas de la plupart des supporters ? » a-t-il lancé, pointant du doigt une frustration devenue presque structurelle dans les grands clubs.

Pour lui, la saison de Liverpool ne se jouera pas sur cette seule élimination européenne, ni sur le bruit autour du banc : « Tout dépend de la façon dont ils vont finir la saison. Ils ont United dans quelques semaines. Ce sont des matchs énormes émotionnellement pour les fans, non ? Mais je pense qu’ils seront dans le top 5. »

Un message clair : malgré la déception, la catastrophe n’est pas là. La fin de saison reste ouverte, et Slot garde, à ses yeux, toutes les cartes pour assurer l’essentiel.

Une ligne de conduite partagée par la direction

Les propos de Keane ne sortent pas de nulle part. Ils reflètent aussi l’état d’esprit au sein du club. David Ornstein a révélé que les propriétaires et la cellule sportive n’avaient aucune intention de se séparer d’Arne Slot. Le Néerlandais reste au cœur du projet.

Ce choix de continuité n’est pas anodin. Slot a dû composer avec des blessures à des moments clés, dont la seconde période contre le PSG disputée sans plusieurs cadres. L’équipe a souvent avancé en boitant, sans jamais pouvoir s’installer dans un rythme pleinement maîtrisé.

Le technicien, passé par Feyenoord, ne s’est d’ailleurs jamais caché sur l’ampleur du chantier. Après la défaite face au PSG, il a rappelé une donnée brutale : « nous devons vendre pour acheter ». Une phrase qui situe immédiatement le contexte : Liverpool est en transition, pas au sommet de son cycle.

On ne parle pas d’un effectif arrivé à maturité, prêt à dominer sur tous les fronts, mais d’un groupe en reconstruction, encore irrégulier, parfois brouillon, souvent perfectible.

Des failles évidentes, mais un risque majeur à tout recommencer

Les manques sont visibles. Le tempo n’est pas toujours au rendez-vous, le pressing manque de constance, la lucidité devant le but s’évapore trop souvent dans les grands soirs. Personne au club ne s’en cache.

Mais tout casser pour repartir de zéro ? C’est là que la position de Keane prend tout son poids. Changer encore de manager, réécrire un projet, rebâtir un staff, réadapter un effectif déjà en mouvement : les risques sont énormes dans un environnement où la marge d’erreur se réduit saison après saison.

Dans une campagne jugée décevante, la stabilité peut paraître contre-intuitive. Elle reste pourtant l’option choisie par Liverpool : tenir le cap, offrir à Slot le temps et les moyens de transformer une équipe en transition en véritable candidate à tous les titres.

Les prochains rendez-vous, notamment face à Manchester United, diront si ce pari de continuité s’accompagne d’un sursaut sur le terrain. Car si Roy Keane défend le coach aujourd’hui, c’est désormais au Liverpool d’Arne Slot de lui donner raison au classement.