RDC Sport

Chelsea et le casse-tête du poste de gardien : Desailly appelle à une révolution

Kepa Arrizabalaga, Edouard Mendy, Robert Sanchez. En six ans, Chelsea a dépensé des fortunes pour verrouiller son but… sans jamais trouver une vraie référence durable. Le sujet, déjà brûlant dans les tribunes de Stamford Bridge, vient de recevoir un coup de projecteur supplémentaire avec la prise de position tranchée de Marcel Desailly.

Une fortune dépensée pour une incertitude permanente

Tout avait commencé en 2018, lorsque Chelsea fait sauter la banque pour Kepa Arrizabalaga. Le gardien espagnol débarque à l’ouest de Londres contre 72 millions de livres, devenant alors le portier le plus cher de l’histoire. Un pari XXL, une pression immédiate, mais jamais vraiment dissipée.

Deux ans plus tard, le club change de cap. Edouard Mendy s’empare du poste de titulaire en 2020, s’installe dans le but et, dans la foulée, soulève la Ligue des champions. Sa saison 2020-2021 est récompensée par le trophée de The Best – Gardien de l’année FIFA. Chelsea croit enfin tenir son dernier rempart.

La parenthèse dorée ne dure pas. Mendy finit lui aussi par glisser dans la hiérarchie, et Chelsea retourne sur le marché. Cette fois, le choix se porte sur Robert Sanchez, recruté à Brighton en 2021 pour 25 millions de livres. Nouveau profil, nouvelle tentative. Même doute persistant.

Sanchez, symbole d’une insécurité générale

Le football moderne impose aux gardiens de savoir jouer au pied, relancer sous pression, participer à la construction comme un joueur de champ supplémentaire. C’est précisément là que le bât blesse pour Sanchez. Sa distribution au sol ne rassure ni ses coéquipiers, ni le public.

À chaque passe en retrait, les nerfs se tendent. Sur la pelouse comme dans les tribunes, la crispation est palpable. Quand le ballon revient vers lui, l’atmosphère se charge d’une inquiétude qui contamine toute la ligne défensive. Or, une défense ne peut fonctionner qu’avec une confiance totale en son gardien.

Ce n’est pas le cas à Chelsea. Et Marcel Desailly ne cherche pas à l’enrober.

Desailly charge : « Le gardien n’est pas au niveau »

Interrogé sur la situation du club et le besoin éventuel de recruter un nouveau numéro 1, l’ancien capitaine des Blues ne tourne pas autour du pot. S’exprimant pour BetVictor Online Casino, dans des propos relayés par GOAL, le champion du monde français pointe directement le poste de gardien comme talon d’Achille de l’équipe.

Il rappelle d’abord la fragilité actuelle des Londoniens en championnat : sur les quatre derniers matches de Premier League, trois défaites. « Pas de constance », insiste-t-il. Chelsea peut encore finir fort, revenir dans la course et même dépasser Manchester United au classement, concède-t-il. Le club de Old Trafford n’est pas à l’abri d’une chute brutale, presque « miraculeuse » vue de Londres.

Mais Desailly revient aussitôt au cœur du problème : la régularité fait défaut, et pour lui, elle s’effrite à partir du gardien. Il souligne les erreurs de Sanchez, son incapacité à sortir pour rassurer et donner de la force à sa défense, notamment à Wesley Fofana. Le Français, rappelle Desailly, n’est même pas titulaire indiscutable en équipe de France, mais ne baisse pas pour autant son niveau. La faille, pour lui, est derrière.

Le constat est sec : « Le gardien n’est pas au niveau. » Et la solution, tout aussi claire dans son esprit : il faut un portier d’envergure internationale.

Un standard de club de très haut niveau

Pour Desailly, un club comme Chelsea doit aligner des internationaux en première option sur la majorité des postes. C’est la norme d’un prétendant régulier à la Ligue des champions. À ses yeux, le poste de gardien échappe aujourd’hui à ce standard.

Il ne réclame pas forcément une superstar mondiale, mais un joueur aguerri, fiable, qui ne multiplie pas les erreurs et qui impose une sérénité naturelle à sa défense. Un gardien qui ne fait pas trembler son équipe à chaque prise de balle ou chaque relance.

Tant que ce socle n’existe pas, Chelsea restera vulnérable, même avec des talents individuels dans toutes les autres lignes.

Un été à venir encore dépensier… et décisif

Malgré des pertes financières record, Chelsea ne devrait pas rester immobile au prochain mercato. Le club a déjà montré qu’il savait, et pouvait, remettre la main au portefeuille. L’enjeu, cette fois, sera de dépenser mieux.

La fin de saison offrira peut-être une fenêtre inespérée : si les Blues parviennent à rattraper des équipes comme Manchester United et à sécuriser une qualification pour la Ligue des champions 2026-2027, la donne changera. Le prestige européen, les revenus qui l’accompagnent, tout cela peut relancer une nouvelle phase d’investissement.

Plusieurs postes peuvent être renforcés, et le nom de Liam Rosenior circule parmi les hommes susceptibles de diriger ce chantier depuis le banc. Que ce soit lui ou un autre, une chose semble acquise : la question du gardien figurera en haut de la liste lorsque la fenêtre des transferts s’ouvrira le 15 juin.

Reste à savoir si Chelsea assumera enfin ce que Desailly vient de dire tout haut : pour redevenir un géant crédible, le club devra d’abord régler ce qui se passe… entre ses poteaux.