Manchester City frôle la catastrophe mais Doku sauve un nul
Manchester City a flirté avec le naufrage, a vacillé, a perdu la tête… puis a été sauvé par un ailier en feu. Dans une soirée où la course au titre a semblé basculer plusieurs fois, Jeremy Doku a signé un doublé somptueux pour arracher un nul 3-3 sur la pelouse d’Everton, au Hill Dickinson Stadium, et maintenir un mince espoir dans la lutte avec Arsenal.
Un siège, un raté énorme, puis l’éclair Doku
Dès le coup d’envoi, City installe un siège. Le ballon ne quitte quasiment pas la moitié de terrain d’Everton. Les vagues se succèdent, les combinaisons aussi. Pourtant, le premier frisson est pour les visiteurs… et il est terrible.
À la demi-heure de jeu, un centre rasant file devant le but de City. Beto se prépare à pousser le ballon au fond, à bout portant. Le stade retient son souffle. Gianluigi Donnarumma jaillit, coupe la trajectoire et sauve ce qui ressemble déjà à un but tout fait. Un geste qui pèse lourd.
City repart à l’attaque. La pression devient étouffante. Elle finit par craquer à la 43e minute. Rayan Cherki glisse une passe simple, propre, dans l’axe. Jeremy Doku, lui, fait tout le reste. Contrôle, prise de balle vers l’intérieur, frappe enroulée dans la lucarne. Finition clinique, geste d’artiste. City mène, logiquement, et semble tenir son match.
City s’effondre en 13 minutes
Au retour des vestiaires, le décor change brutalement. Pep Guardiola voit son équipe se déliter sous ses yeux. Les lignes se distendent, les erreurs techniques se multiplient, la sérénité disparaît.
Everton sent le doute, se jette dedans. Donnarumma doit déjà s’employer à deux reprises devant Iliman Ndiaye pour éviter l’égalisation. City tangue. Puis craque.
Marc Guehi, jusque-là propre dans la relance, commet l’impensable : une passe directement dans les pieds de Thierno Barry, tout juste entré en jeu. L’attaquant des Toffees ne se pose aucune question. Contrôle, frappe, égalisation. Il célèbre, puis attend, le regard tourné vers l’arbitre assistant. Après quelques instants de flottement, le but est validé : Barry était bien couvert.
Le Hill Dickinson explose. City, lui, s’effrite.
Un peu plus de cinq minutes plus tard, le cauchemar s’intensifie. Sur un corner, Erling Haaland manque son intervention au premier poteau. Derrière lui, Jake O’Brien surgit et catapulte sa tête au fond. Everton passe devant. City encaisse deux buts en un quart d’heure, perd ses repères, perd sa maîtrise.
Barry enfonce City, Haaland réplique
David Moyes, sur le bord de la touche, sent que quelque chose est en train de se jouer. Son équipe pousse encore. À neuf minutes de la fin du temps réglementaire, Merlin Rohl tente sa chance. Sa frappe est mal ajustée, mais Barry rôde. Il dévie le ballon, qui file au fond. 3-1. La “remontada” est complète, le stade chavire.
On croit alors City au bord du gouffre, proche de laisser filer bien plus qu’un simple match. Mais le réflexe de champion revient, presque par instinct.
Sur l’action suivante, les hommes de Guardiola repartent vers l’avant. Erling Haaland, discret et malheureux jusque-là, se retrouve lancé dans la profondeur. Il prend la défense de vitesse, fixe Jordan Pickford et le trompe d’un piqué plein de sang-froid. 3-2. City respire encore.
Doku, encore lui, sauve la course au titre
Le temps file, les minutes s’échappent. Everton recule, défend sa victoire avec l’énergie du désespoir. City jette tout ce qu’il lui reste. Les centres pleuvent, les frappes aussi. Mais Pickford tient, les secondes s’égrènent.
Puis arrive la 97e minute.
Le ballon revient sur Jeremy Doku, à l’entrée de la surface. Même zone, autre pied. L’ailier belge se met sur son droit, ouvre son corps et enroule une frappe parfaite. Une copie conforme de son premier but, mais de l’autre côté. La trajectoire est imparable. Pickford se détend, en vain. Le ballon termine dans le petit filet.
Silence figé, puis explosion : City vient d’arracher un point que tout le monde croyait perdu. Doku, lui, vient de signer une prestation de patron dans un match qui pesait lourd dans la saison.
Donnarumma décisif, Guehi se brûle, Nunes en souffrance
Dans ce chaos, certains visages se détachent.
- Gianluigi Donnarumma (6/10) - Son interception devant Beto change la donne en première période. Il sort aussi deux parades cruciales face à Ndiaye, gardant City à flot au cœur de la tempête. Il reste toutefois scotché sur le corner qui permet à Everton de passer devant, un moment où sa présence aurait pu tout changer.
- Matheus Nunes (5/10) - Une ouverture somptueuse dans la préparation du premier but, vision et qualité de passe au rendez-vous. Mais après la pause, Iliman Ndiaye lui fait vivre un calvaire. Pris dans le un contre un, souvent en retard, il subit plus qu’il n’impose.
- Abdukodir Khusanov (6/10) - Rude dans le duel, engagé, il se régale face à Beto en première période. Après la pause, comme les autres, il perd en lucidité, recule, laisse trop d’espaces. Son agressivité reste, mais la maîtrise s’évapore.
- Marc Guehi (3/10) - Longtemps propre, souvent haut pour participer à la construction, il donne l’impression de contrôler son match. Puis vient cette passe suicidaire pour Barry, qui relance totalement Everton. Une erreur qui plombe son équipe. Il se rachète partiellement avec un tacle décisif sur Ndiaye, mais la cicatrice reste.
- Nico O’Reilly (6/10) - Quand il s’inverse à l’intérieur, il aide City à remonter le bloc, notamment sur l’action du premier but. Sa lecture des espaces est intéressante. Après la pause, Everton identifie l’espace derrière lui et s’y engouffre. Son influence offensive reste réelle, mais son couloir devient une zone de danger.
Au bout de ce match fou, City repart avec un point et un goût amer. Cinq longueurs de retard sur Arsenal, quatre matches encore à disputer. Doku a retardé l’échéance. Reste une question : ce sursaut tardif annonce-t-il un sprint final de champion, ou le dernier souffle d’une équipe qui a laissé passer sa chance ?



