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Everton renverse Manchester City et relance Arsenal

Manchester City pensait avoir fait le plus dur. Menant 1-0 à Goodison Park, maîtrisant globalement le tempo, l’équipe de Pep Guardiola tenait un succès précieux dans une course au titre étouffante. Elle repart finalement avec un 3-3 rageant, un point qui ressemble davantage à une occasion manquée qu’à un moindre mal. Et Arsenal, en tribune, reprend la main sur la Premier League.

Doku allume la mèche

Longtemps, City a joué avec son assurance habituelle, cette impression de contrôle froid qui finit presque toujours par étouffer l’adversaire. Jeremy Doku, lui, a mis du feu là où le match semblait s’installer dans une forme de patience calculée.

À la 43e minute, l’ailier belge provoque, percute, tombe, se relève dans un même mouvement de chaos et d’obstination. Sa première tentative avorte, il glisse, ne parvient pas à armer une frappe dangereuse. Mais City recycle le ballon, Everton ne parvient pas à se dégager, et Doku revient dans le cadre. Cette fois, il ouvre son pied à l’entrée de la surface et trouve la faille. 1-0, avantage logique des visiteurs, qui rentrent au vestiaire avec la sensation d’avoir mis la main sur la soirée.

Everton, bousculé mais pas brisé, reste pourtant dans le match. City ne tue pas l’affaire. Le rythme baisse, les passes se font plus prudentes, les occasions plus rares. Le champion en titre laisse de l’air. Trop d’air.

Le but qui change tout

L’égalisation d’Everton arrive au terme d’une séquence aussi confuse que décisive. 68e minute : les Toffees poussent enfin avec conviction. Thierno Barry rôde, en position de hors-jeu apparent, tandis que le ballon arrive dans les pieds de Marc Guehi. Le défenseur récupère la possession, se retourne vers son gardien Gianluigi Donnarumma pour assurer la remise… et ouvre une porte béante.

Barry surgit, intercepte, conclut à bout portant. Le drapeau se lève, le but est d’abord refusé. Sur le moment, tout le monde pense au hors-jeu initial de l’attaquant. Mais l’arbitre est rapidement appelé à la vidéo. Une fois Guehi en contrôle du ballon, l’action bascule juridiquement : Barry n’est plus considéré comme impliqué dans la phase précédente. La décision tombe : but validé.

Goodison Park explose. City vient de perdre bien plus qu’un simple avantage au score : la dynamique.

Everton renverse tout

L’égalisation agit comme un électrochoc. Les hommes d’Everton sentent que le champion vacille. City recule d’un pas, puis de deux. La punition ne tarde pas.

Sur corner, à la 73e minute, Jake O’Brien s’élève et catapulte le ballon au fond. 2-1. La défense mancunienne, d’ordinaire si clinique sur coups de pied arrêtés, se fait surprendre, prise de vitesse et de détermination.

La soirée tourne alors à la débâcle inattendue. 81e minute : Mateo Kovacic manque son intervention au milieu de terrain, un tacle raté qui ouvre un boulevard. Everton se projette en transition, exploite l’espace, et Thierno Barry, encore lui, conclut la contre-attaque pour son doublé. 3-1. En huit minutes, City s’est effondré.

Le champion semble sonné, Haaland invisible, le jeu brisé, la confiance fissurée. Goodison Park gronde, sent l’exploit.

Haaland se réveille, Doku achève le chaos

Mais City n’abandonne jamais totalement. Sur l’engagement qui suit le troisième but, les visiteurs repartent immédiatement à l’attaque. Erling Haaland, jusqu’ici fantomatique – seulement deux touches dans la surface, une frappe avant ce moment – trouve enfin une brèche.

En combinaison avec Kovacic, le Norvégien se libère et réduit l’écart presque dans la foulée du but de Barry. 3-2. Son match reste terne, sa saison loin de ses standards habituels, mais ce geste-là maintient City en vie.

Le temps file, Everton défend avec l’énergie du désespoir. City pousse, accumule les ballons dans la surface, sans trouver la faille. Il faut une dernière folie pour arracher quelque chose de ce match devenu incontrôlable.

Sur un ultime corner, Gianluigi Donnarumma monte, symbole d’un Everton prêt à tout pour tenir son exploit ou le parachever. Le ballon est dégagé, revient à l’entrée de la surface. Devant, encore, Jeremy Doku. Même zone, même geste, même précision clinique. Sa frappe sèche termine au fond. 3-3, quasiment sur la dernière action.

City arrache un point, mais laisse derrière lui deux unités qui pourraient peser très lourd.

Arsenal reprend la main

Au classement, l’impact est immédiat. Arsenal repasse en tête de la Premier League avec cinq points d’avance, même si Manchester City compte un match en retard. Les chiffres sont clairs : Arsenal 76 points en 35 rencontres, différence de buts +41. City 71 points en 34 matchs, +37.

Le calendrier des Gunners n’a rien d’un cadeau, même si les affiches paraissent abordables sur le papier : West Ham United à l’extérieur le 10 mai, puis Burnley et Crystal Palace, toujours loin de l’Emirates. Trois déplacements, trois pièges potentiels, mais une occasion en or de garder la main jusqu’au bout.

City, lui, n’a plus vraiment de marge. Ce nul à Goodison Park ne ressemble pas à un simple accroc. Il ressemble à un tournant. Dans quelques semaines, on saura si cette soirée folle aura été le point de bascule d’une course au titre déjà fascinante.