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Arsenal prêt pour la finale de Champions League avec Odegaard et Havertz

À Londres Colney, le ton a changé. La nervosité a laissé place à une tension électrique, presque joyeuse. Mikel Arteta est arrivé en conférence de presse avec exactement ce que les supporters d’Arsenal espéraient entendre avant cette nuit décisive à l’Emirates Stadium.

Martin Odegaard et Kai Havertz sont là.

« Ils sont disponibles, ils sont dans le groupe, tous les deux », a lâché l’entraîneur d’un ton ferme. Une phrase simple, mais un soulagement immense pour un club qui joue sa première place en finale de Champions League depuis 2006.

Odegaard, Havertz, Saka : Arsenal au complet au meilleur moment

Le nul 1-1 arraché en Espagne a laissé l’affiche ouverte, tendue, piégeuse. Dans ce contexte, récupérer deux des pièces offensives les plus influentes du système d’Arteta change tout. Le plan de jeu, la profondeur de banc, la manière de gérer les temps forts et les temps faibles : tout s’élargit.

Arteta ne s’en est pas caché : « C’est super, parce qu’on a besoin d’options, on a besoin de la capacité à jouer des matches différents demain, que ce soit en débutant ou en entrant en cours de jeu. C’est vraiment, vraiment une très bonne nouvelle pour nous de les récupérer tous les deux. »

Bukayo Saka, lui, est annoncé « en très grande condition ». L’attaque d’Arsenal, souvent décisive dans les grands soirs à l’Emirates, arrive donc quasiment au complet pour défier le bloc discipliné de Diego Simeone. Pour un entraîneur obsédé par les profils et les complémentarités, c’est une situation idéale.

Vingt ans d’attente et un club en apnée

Autour du centre d’entraînement, l’atmosphère est particulière. Pas d’euphorie, pas encore. Une concentration froide, presque silencieuse. Tout le monde sait ce qui est en jeu : vingt ans de travail pour retrouver le sommet de l’Europe.

« Je n’en peux plus d’attendre. Je sens l’énergie au sein de l’équipe, chez nos supporters, ce sont les moments que nous voulons vivre ensemble », a expliqué Arteta. Il a rappelé ce chemin long, parfois douloureux : « On a eu énormément de travail à faire, comme club, comme équipe, après 20 ans, pour être à nouveau dans cette position. On a tellement faim de jouer ce match que nous voulons demain et de passer en finale. »

Il ne parle pas de rêve. Il parle d’opportunité. Nuance importante. Dans son discours, rien ne laisse place au hasard ou au romantisme naïf. Arsenal s’est construit pour être là, à ce moment précis.

Calafiori – Hincapie : un luxe tactique rare

Derrière, un autre détail compte. Un détail qui peut peser lourd face à l’Atletico : le choix au poste de latéral gauche. Riccardo Calafiori et Piero Hincapie sont enfin disponibles en même temps, ce qui n’a presque jamais été le cas cette saison.

Arteta a insisté sur ce point : « Ils sont très différents. On les a rarement eus tous les deux disponibles en même temps sur de longues périodes, donc on était plus restreints en fonction de l’adversaire et des connexions qu’on voulait générer pendant le match avec les coéquipiers à ce poste. Maintenant ils sont tous les deux disponibles et c’est une super option, parce qu’ils sont, comme vous l’avez dit, tellement différents. »

Face à un Atletico qui adore enfermer les couloirs et casser le rythme, le choix de ce profil à gauche peut dicter le ton de la soirée : relance plus agressive, projection plus rapide, ou gestion plus prudente des transitions. C’est exactement ce genre de détail que Simeone traque. Arteta aussi.

L’Emirates, arme principale d’un Arsenal au bout de la saison

Après 58 matches toutes compétitions confondues, les jambes sont lourdes, les têtes aussi. Mais le discours du coach est clair : il n’est plus question de se préserver. Il s’agit de tout laisser sur le terrain.

Arteta mise sur un Emirates incandescent pour pousser son équipe vers la finale. La victoire récente en championnat contre Fulham a entretenu la dynamique, renforcé les certitudes. Maintenant, il faut transformer l’élan en qualification.

« Je ne pense pas qu’il y ait besoin de messages. Ce qui est en jeu dit tout », a-t-il tranché. « C’est l’occasion, c’est le moment, c’est le match. Vivons ça ensemble et faisons-le arriver. Allez le chercher. Quand vous êtes devant une telle opportunité, ça veut dire que vous êtes prêts à délivrer, et l’équipe va, dès la première minute, aller la chercher. »

Pas de promesse, pas de phrase creuse. Une injonction.

Arsenal se présente donc avec ses leaders, son stade, sa saison entière suspendue à 90 minutes – ou plus. Vingt ans après, le club est de retour au seuil de la plus grande scène. Reste une question, brutale, simple : cette fois, les Gunners auront-ils le courage d’aller jusqu’au bout de la porte ?