Les Lakers dominent les Clippers grâce à Reaves, Doncic et Kessler
Les Lakers pensaient enfin se rapprocher d’un effectif complet vendredi soir. Collin Sexton retrouvait le parquet pour la première fois de la saison, signe encourageant pour une équipe déjà bousculée physiquement. Puis la nouvelle est tombée : Jake LaRavia, rouage majeur de la rotation, forfait à cause d’une entorse à la cheville. Un coup derrière la tête, juste avant un derby qui compte toujours un peu plus qu’un simple match de saison régulière.
Malgré ça, les Lakers ont tenu bon. Et ils ont frappé les premiers dans cette bataille de Los Angeles, en s’imposant 125-117 face aux Clippers au Crypto.com Arena, dans un match aussi spectaculaire que brouillon par séquences.
Reaves en patron, malgré les pertes de balle
Austin Reaves a endossé le costume de leader offensif. 28 points, 9 passes, une influence constante sur le jeu… mais aussi 6 balles perdues, symbole d’une soirée où les Lakers ont flirté dangereusement avec l’auto-sabotage. L’adresse et la créativité de l’arrière ont compensé ces errements, surtout dans les moments chauds.
À ses côtés, Luka Doncic a livré une ligne statistique aussi brillante qu’irrégulière : 23 points, 7 passes, 6 rebonds, mais 11 pertes de balle à lui seul. Les Lakers ont terminé avec 21 turnovers. Beaucoup trop pour une équipe qui menait de 15 points dans le deuxième acte. Mais quand on aligne autant de talent, on peut parfois se permettre de vivre dangereusement.
Kessler, l’enclume des deux raquettes
La vraie constante, elle, portait le numéro de Walker Kessler. Encore une fois, le pivot a imposé sa loi. 22 points à 10 sur 14 aux tirs, 8 rebonds, 6 contres. Et une présence qui a pesé sur chaque possession des Clippers.
Le ton a été donné dès le premier quart-temps. Interception, coast-to-coast, dunk à deux mains : Kessler a planté le décor d’entrée. Une séquence qui a immédiatement donné un élan physique aux Lakers.
Plus tard, il a scellé un moment clé du troisième quart-temps. Contre autoritaire sur Derrick Jones Jr., ballon récupéré et transformé en trois points par Austin Reaves : +12 (89-77), la salle s’enflamme. Dans la foulée, Kessler arrache un rebond offensif, finit en layup renversé avec la faute de Brook Lopez. Il manque le lancer, mais le message est clair. Les Lakers passent à +14 (91-77) et gardent la main sur le rythme.
La pression défensive du pivot ne s’est jamais relâchée. Dans le quatrième quart-temps, il défie Rui Hachimura sur un tir, puis sprinte en transition pour conclure un alley-oop servi par Reaves, encore sur un dunk à deux mains. L’écart remonte à 15 points, les Clippers accusent le coup.
Et quand Darius Garland ramène les siens à -6 à 3’18 de la fin, après avoir empilé les paniers pour finir à 26 points, Kessler répond encore : deux lancers francs convertis, un contre décisif en fin de match. Chaque fois que le doute s’installait, il a apporté une réponse physique.
Le retour de Hachimura, entre ovation et mission
La soirée marquait aussi le retour de Rui Hachimura face à son ancienne équipe. Trois saisons et demie sous le maillot des Lakers, avant de rejoindre les Clippers cet été sur un contrat de deux ans à 28 millions de dollars. Le public ne l’a pas oublié.
Les écrans géants ont diffusé ses meilleurs moments à Los Angeles, et la salle lui a offert une vraie ovation. Sympa, chaleureux. Puis le match a repris ses droits, et Hachimura s’est remis au travail. 12 points à la pause, des tirs importants pour maintenir les Clippers au contact. À la mi-temps, le score est parfaitement logique : 64-64.
Avant la rencontre, l’entraîneur des Lakers, JJ Redick, n’avait pas caché son admiration pour le rôle que Hachimura occupe désormais chez le rival. Il a souligné que les Clippers le servaient sur des schémas déjà utilisés pour Paul George ou Kawhi Leonard, le laissant jouer libéré, agressif. Sur le parquet, cette confiance s’est vue.
Sexton, retour discret mais précieux
L’autre retour du soir, plus discret mais loin d’être anodin, venait de Collin Sexton. Absent pour le premier match de saison régulière et les cinq rencontres de présaison à cause d’une blessure à la jambe, le meneur a enfin pu se réinstaller dans la rotation.
À 3’52 de la fin du premier quart-temps, il fait son entrée. Première action, premier impact : interception. En 16 minutes, il compile 5 points et 3 interceptions. Rien de clinquant, mais de l’énergie, de la pression sur la ligne de passe, de quoi soulager un backcourt en quête de repères défensifs.
LaRavia, objectif 82 matches déjà brisé
La seule vraie ombre au tableau reste l’absence de Jake LaRavia. L’ailier, qui avait disputé les 82 rencontres la saison dernière pour la première fois de sa carrière, s’était fixé le même objectif cette année. Il l’a vu s’envoler dès le deuxième match, la faute à une cheville droite récalcitrante.
JJ Redick a expliqué avoir discuté avec lui le matin même. LaRavia voulait tenter de jouer, fidèle à son image de joueur prêt à “passer au travers” de certaines douleurs. La cheville n’a pas suivi. Le staff espère un retour dimanche à Utah ou, au pire, mardi à domicile contre les Portland Trail Blazers. En attendant, la rotation doit s’ajuster.
Les Lakers n’ont donc toujours pas vu leur version “complète”. Mais même avec des pertes de balle en série, un objectif individuel déjà brisé et un derby tendu, ils ont trouvé assez de répondant pour frapper un grand coup face au voisin.
Dans une conférence où chaque victoire compte, ce genre de succès, arraché malgré les accrocs, peut vite devenir un repère. À condition, maintenant, de transformer cette soirée en point de départ plutôt qu’en exception.




