Joe Cordina vise Manny Pacquiao : une opportunité décisive
Joe Cordina a déjà connu les lumières des ceintures mondiales. Mais ce qu’il convoite aujourd’hui dépasse largement l’or et le cuir. L’ancien champion IBF des super-plumes rêve d’un nom, d’un seul : Manny Pacquiao.
À 34 ans, le Gallois pourrait affronter la légende philippine sur l’undercard du choc Anthony Joshua – Tyson Fury, programmé le 11 décembre à Cardiff, sa ville. Les discussions sont avancées, les enjeux immenses.
« En 100 ans, les titres mondiaux existeront toujours. Une légende comme Manny Pacquiao, elle, ne reviendra jamais », confie Cordina à BBC Sport Wales. Pour lui, l’équation est simple : un combat contre l’homme aux 12 titres mondiaux dans huit catégories de poids, et sa carrière peut « exploser ».
Une légende face à un homme en quête de tournant
Pacquiao, 47 ans, n’a plus combattu depuis juillet 2025, après un deuxième retour de retraite. Le temps passe, mais son aura ne faiblit pas. Douze fois champion du monde, huit divisions conquises, une carrière qui appartient déjà à l’histoire.
« Il a tout fait dans ce sport, souffle Cordina. Il vieillit, mais il a encore montré qu’il pouvait rivaliser avec les meilleurs. »
L’admiration est totale, l’ambition aussi.
Cordina ne cache pas l’émotion que provoquerait un tel duel. « Partager le ring avec lui serait incroyable pour moi, c’est quelqu’un que je regardais déjà avant même de commencer la boxe », explique le Gallois. Pour lui, Pacquiao, ce n’est pas seulement un nom sur un contrat, c’est un morceau d’enfance, un modèle devenu adversaire potentiel.
Le contexte ajoute une dimension supplémentaire. Cordina vient d’être blanchi de charges d’agression. Sa trajectoire, un temps brouillée, retrouve soudain un axe clair. Un soir de décembre, à domicile, sur l’une des cartes les plus attendues de ces dernières années, face à l’un des plus grands de tous les temps : le scénario a tout d’un virage de carrière.
Respect total, complexe interdit
L’ombre de Pacquiao est immense, mais Cordina refuse de s’y perdre. Il sait ce que représente un tel combat, sans pour autant s’y présenter en figurant intimidé.
« Je ne me trompe pas, prévient-il. Je ne vais pas entrer là-dedans en étant timide, en étant ébloui par Manny Pacquiao. »
Le respect, oui. La révérence, non.
Il mesure pourtant l’ampleur de ce qui se joue. « Ça peut potentiellement changer toute ma vie et m’envoyer sur la lune. C’est une opportunité énorme. » Les mots claquent comme une promesse. Cordina ne parle pas seulement d’un gros cachet ou d’un titre supplémentaire, mais d’un basculement de statut, d’une reconnaissance mondiale.
Eddie Hearn pousse pour un grand soir à Cardiff
Reste une inconnue majeure : la présence effective de Pacquiao sur la carte. Eddie Hearn, promoteur de Cordina, tempère l’enthousiasme sans le doucher.
« Nous avons trouvé un accord, on nous a fait une offre que nous avons acceptée, mais j’entends aujourd’hui que ce n’est pas certain que Manny Pacquiao soit sur cette carte », admet-il. Le décor est planté, le contrat pas encore scellé.
Pour Hearn, une chose ne souffre toutefois aucune discussion : Joe Cordina doit boxer le 11 décembre à Cardiff. « Pour moi, Joe doit absolument être sur cette carte. C’est le boxeur le plus titré venu du pays de Galles depuis des années, il est double champion du monde et il habite à deux pas. »
Si Pacquiao se dérobe, les plans ne s’écrouleront pas pour autant. D’autres noms circulent déjà. « Si ce n’est pas Manny Pacquiao, pourquoi pas Abdullah Mason ? Ou même Shakur Stevenson ou Keyshawn Davis ? » déroule Hearn. Des profils différents, mais un point commun : tous représentent un vrai risque, un vrai test.
Cordina, lui, ne recule pas. « Joe est prêt à affronter n’importe lequel de ces gars le 11 décembre et nous poussons fort pour que ça se fasse », assure son promoteur.
La scène est prête, la ville aussi. Reste à savoir qui partagera le ring avec le Gallois ce soir-là. Une légende en fin de route ou un jeune loup en pleine ascension. Dans les deux cas, la question est la même : jusqu’où Joe Cordina est-il prêt à aller pour s’installer, pour de bon, parmi les grands noms de sa génération ?




