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Dalton Smith contre Alberto Puello : un combat intense de douze rounds

Le gong final vient à peine de sonner que Dalton Smith est déjà juché sur les épaules de son père, bras levés, visage en sang sous l’œil droit mais convaincu d’avoir fait assez. De l’autre côté, Alberto Puello savoure lui aussi, certain d’avoir bousculé le champion. Personne ne cède un centimètre, même après la cloche. Le verdict se jouera sur les cartes. Et elles promettent d’être explosives.

Un dernier round à bout de souffle

La douzième reprise ressemble à un sprint après un marathon. Les deux hommes vident le réservoir.

Smith contre magnifiquement d’un crochet gauche après avoir bloqué une attaque de Puello sur les gants. Réponse immédiate du Dominicain, qui fouette le buste du Britannique avec un nouveau coup dur au corps. Le boxeur de Sheffield se jette alors à l’attaque, traverse la garde avec une droite, puis les deux se referment en clinch, collés, épuisés.

Sous l’œil droit, la plaie de Smith s’ouvre un peu plus, mais il trouve encore la force de marteler le corps avec une droite. Puello ne recule pas, réplique d’un gauche plein fouet. Le champion tourne ensuite le dos au centre du ring, bras levés, grimpe sur les cordes, avant que son père ne le soulève dans une scène de triomphe anticipé.

Le public retient son souffle. Place aux juges. Et à leurs chiffres, qui peuvent basculer d’un côté comme de l’autre.

Le tournant de la fatigue

Un peu plus tôt, à la fin du dixième, l’analyste Steve Bunce résume la bascule : les deux ont dû « aller au fond d’eux-mêmes ». Les visages marqués, les jambes plus lourdes, les échanges plus crus. En sixième ou septième reprise, ils semblaient encore frais. À l’entame du onzième, ils ont enfin l’air d’hommes qui viennent de traverser une vraie guerre de dix rounds.

La onzième repart pourtant sur un rythme infernal. Smith est ouvert au-dessus de l’œil droit, mais il plante une grosse droite. Puello répond par une combinaison claquante, nette, qui fait vibrer la salle. Le Dominicain touche encore du gauche, Smith réplique avec un enchaînement un-deux. Puello rentre un uppercut gauche au corps quand Smith tente de forcer la distance. Son allonge fait la différence, il garde le champion à l’extrémité de ses bras.

À une reprise de la fin, personne ne se détache vraiment. On en redemanderait presque douze de plus.

Un bras de fer technique

Le dixième round confirme le scénario : chaque succès appelle une réplique immédiate. Smith démarre avec une belle droite, sèche. Puello ne se laisse pas impressionner. Crochet droit, puis superbe gauche de gaucher, propre, précis. Smith fonce, tente de noyer son adversaire sur les cordes, mais Puello pivote, s’échappe, glisse hors de la ligne de feu. Juste avant la cloche, les deux lâchent encore quelques coups pour marquer les esprits. Rien ne se donne, tout se prend. Et tout reste terriblement serré. Bon courage aux juges.

Au neuvième, le public se lève sur une inspiration de Smith : double jab tranchant, puis crochet droit qui fait mouche. Puello encaisse, avance, plante un puissant uppercut gauche au corps, enchaîne avec un crochet à la tête. Smith revient à son arme du soir : le double jab, encore efficace. Les deux hommes se répondent coup pour coup. Niveau technique élevé, intensité constante.

Smith, le champion contrarié

À partir du huitième, une difficulté se confirme pour le tenant du titre : gérer la distance. Smith trouve un bon crochet droit au corps, mais il peine à poser ses appuis à l’extérieur de la garde de gaucher de Puello. La longueur de bras du Dominicain complique tout. Quand le Britannique parvient à suivre sa droite d’un crochet gauche, il trouve enfin des ouvertures. Puello, lui, pique avec de durs jabs, secs, qui freinent les ardeurs du champion. Encore une reprise à la marge, presque impossible à départager.

Le septième, lui, révèle un coin tendu. Grant Smith, père et entraîneur, n’est pas satisfait. Son fils s’entête sur la droite, oublie trop son jab. Résultat : il peine à casser la distance, à entrer dans la zone où il fait mal. Les deux hommes se rendent des coups au corps juste avant la cloche, Puello glisse un jab par-dessus la garde. Rien de décisif, mais la frustration grandit dans le coin du champion.

Puello se réveille, Smith s’accroche

Le sixième voit un autre visage de Puello. Le discours dans son coin l’a piqué. Il démarre fort, distribue de bons gauches. Il glisse au sol, mais l’arbitre juge à juste titre qu’il s’agit d’un simple déséquilibre. Smith tente de reprendre la main, trouve une droite, mais encaisse encore quelques gauches du gaucher dominicain avant la cloche. Le champion doit clairement trouver une vitesse supérieure.

Dans les tribunes, Barry Bannan, joueur de Sheffield Wednesday, suit tout ça de près. Il estime que Smith a bien démarré, qu’il place les coups les plus lourds, lui qui met parfois du temps à entrer dans ses combats. Sa confiance, selon lui, vient aussi de son dernier succès par KO. Mais ce soir, le scénario ne se résume pas à une simple démonstration de puissance.

Le cinquième round en est la preuve : le combat se joue sur les bras arrière des deux hommes. Puello commence avec un bon gauche, Smith réplique avec une droite. Le champion sort un joli jab, puis surprend le challenger avec un crochet gauche en contre, alors que ce dernier lançait sa propre offensive. Pas de bagarre désordonnée, mais une véritable partie d’échecs à coups de poings. Dans le coin de Puello, Ismael Salas hausse le ton en espagnol. Son boxeur doit en faire plus s’il veut repartir avec la ceinture.

Au bout de ces douze rounds étouffants, une certitude : quel que soit le nom inscrit sur les cartes, ce titre se sera joué à un souffle. La question, désormais, n’est plus de savoir qui a levé les bras en premier, mais qui les juges auront réellement vu comme le maître de ce fil du rasoir.