Boxe : Navarrete et Foster s'affrontent pour l'unification des super-plumes
À San Antonio, Sheffield et Boston, la boxe se déploie ce samedi comme un long fil tendu autour du monde. Trois galas, des ceintures majeures en jeu, des carrières à relancer, des réputations à asseoir. Et, tout en haut de l’affiche, un choc qui peut redessiner la carte du super-plumes.
Navarrete – Foster, l’unification qui tranche
Au Frost Bank Center de San Antonio, tout converge vers eux. Emanuel Navarrete arrive avec les ceintures WBO et IBF des super-plumes, O'Shaquie Foster avec la WBC. Deux champions, un seul trône.
Le vainqueur sortira de la nuit comme champion linéaire de la catégorie, avec un argument solide pour entrer dans la conversation des meilleurs boxeurs toutes catégories confondues. Navarrete a déjà construit sa légende sur un volume de coups étouffant et une activité infernale. Foster, lui, a patiemment verrouillé son style, plus propre, plus clinique, mais tout aussi dangereux.
Le décor est posé : douze rounds prévus, trois ceintures super featherweight alignées sur la table, et l’impression qu’on ne parle pas seulement de titres, mais de statut.
Derrière eux, la soirée texane propose une rampe de lancement pour les prétendants. En co-main event, le jeune espoir de 24 ans Albert Gonzalez, invaincu et déjà affublé du surnom « Chop Chop », affronte le local d’Edward Vazquez, originaire de Fort Worth. Un test de caractère autant que de talent.
Un peu plus tôt, Frank Martin remonte sur le ring avec quelque chose à se faire pardonner. Son nul de février face à Nahir Albright a stoppé net une dynamique jusque-là parfaite. Face au Marocain Tarik Zaina, 31 ans, Martin ne cherche pas seulement une victoire : il veut une réaction, un statement.
La soirée se complète avec Steven Navarro contre Emanuel Moreno chez les bantams, Scooter Davis face à Joaquin Silva Faccio, puis une série de combats de développement pour Sammy Contreras, Daniel Cortez III, Joseph Almajdi et d’autres. Le premier gong retentira à 20 h (heure de la côte Est des États-Unis), avec des marches vers le ring du main event attendues autour de 22 h. Le tout diffusé sur DAZN, pour ceux qui veilleront tard.
Sheffield, première défense pour Dalton Smith
Bien plus tôt dans la journée, l’action démarre à des milliers de kilomètres de là, à l’Utilita Arena de Sheffield. Ici, c’est Dalton Smith qui ouvre le bal des ceintures mondiales. Champion WBC des super-légers, il défend pour la première fois son titre contre le numéro 1 du classement, Alberto Puello.
Smith revient à la maison, porté par le public du Yorkshire, après avoir conquis la ceinture à Las Vegas en battant Subrial Matas. En face, un gaucher ambitieux, Puello, qui voit là l’opportunité d’arracher la ceinture chez l’homme du pays. Ce genre de combat où la pression ne vient pas seulement de l’adversaire, mais des attentes de toute une salle.
Autour de ce duel, la soirée anglaise met en avant une large délégation britannique. Giorgio Visioli affronte Maxi Hughes sur dix rounds chez les légers. Leo Atang croise Jonathan Vergara chez les lourds sur six reprises. Shannon Ryan et Emma Dolan se disputeront le titre britannique féminin des super-mouches sur dix rounds, un duel qui pourrait voler la vedette à plus d’un combat masculin.
Ed Hardy contre Diego Alberto Ruiz, Joe Hayden face à Will Harrison, Divine Omojor contre Goran Kozul, Chris Mulunda face à Harley Collison complètent cette carte dense. Coup d’envoi à 14 h, heure de la côte Est, soit 19 h à Sheffield. Les entrées des deux protagonistes du main event sont attendues aux alentours de 17 h (heure de la côte Est). Là encore, DAZN assure la diffusion.
Boston, les « Rising Stars » à l’ombre des grands
Pendant que les ceintures mondiales circulent entre l’Angleterre et le Texas, la côte Est américaine aura droit à sa propre soirée, plus intime, mais essentielle pour ceux qui y jouent leur avenir. À la Dorchester Armory de Boston, Massachusetts, James Perella occupe le haut de l’affiche.
Le welter natif de l’État sort de la première défaite de sa carrière, subie face à Julian Rodriguez lors de ses débuts sous la bannière Zuffa Boxing. Une tache sur un parcours jusque-là immaculé. Face à Christopher Rodriguez, 28 ans, Perella doit prouver qu’il sait se relever.
La soirée a un parfum familial : l’événement, baptisé « Rising Stars », est organisé par son père, Jim Perella Sr., avec le promoteur Peter Welch. Une scène régionale, mais une pression bien réelle.
La carte bostonienne est chargée : Troy Anderson Jr. affronte Alexander Mejia chez les plumes sur huit rounds, Joshua Orta se mesure à Angel Varela Urena, Victor Guerrero croise Abdullah Randolph chez les super-welters. Les jeunes Jefferson Christopher Almeida, James Uzell, Marc Solis, Gerardo Vazquez Luna, Briallan Cervantes, Michael McIntosh et Reese Mistretta se partagent le reste de la soirée, chacun sur quatre rounds, chacun avec l’espoir de transformer une petite salle en tremplin.
Premier coup de cloche à 18 h (heure de la côte Est), retransmission assurée sur UFC Fight Pass.
Du Yorkshire à San Antonio, en passant par Boston, la journée déroule un fil continu de combats, d’histoires et de bascules possibles. Un champion WBC super lightweight qui défend son bien devant les siens. Un roi des super-plumes qui veut unifier. Des prospects qui jouent gros loin des projecteurs mondiaux.
Reste une question, au moment où les gants se serrent et où les lumières se baissent : au petit matin, qui se réveillera avec plus qu’une ceinture autour de la taille, mais une nouvelle place dans la hiérarchie de la boxe mondiale ?




