Joaquin Buckley : un dernier combat avant la retraite
La décision est tombée au lendemain d’une nuit brutale à Edmonton. Joaquin Buckley, figure spectaculaire de la catégorie welterweight à l’UFC, a annoncé qu’il prendrait sa retraite… mais seulement après un dernier combat. Une sortie programmée, chargée d’émotion et dictée autant par la douleur que par l’amour des siens.
Le choc de trop à Edmonton
Le week-end dernier, Buckley a connu l’une des soirées les plus dures de sa carrière. Face à Mike Malott à l’UFC Edmonton, il s’est incliné sur un violent KO, cueilli par un genou qui a mis un terme net au combat. Troisième défaite de suite. Et surtout, une image qui a traversé les écrans pour aller frapper en plein cœur sa propre famille.
Au bout du fil, après l’événement, sa grand-mère. Bouleversée. Elle ne veut plus le voir encaisser de tels coups. Elle lui demande d’arrêter. Pas de nuance, pas de demi-mesure. Pour Buckley, cette conversation devient un tournant.
« Un de plus. Et j’arrête »
Sur ses réseaux sociaux, le combattant de 32 ans apparaît en vidéo, le ton grave, mais décidé. Dans le texte qui accompagne son message, il remercie sa grand-mère pour sa franchise et ses prières, et annonce la couleur : il disputera encore un combat, puis tirera définitivement un trait sur l’UFC.
Il explique avoir « donné beaucoup à ce sport », sans détour, « plus qu’il n’aurait dû par certains aspects ». Pour lui, la ligne rouge est atteinte. Il parle de longévité, de ses enfants, qu’il surnomme affectueusement, et de cette volonté d’être encore là, entier, pour « les personnes qui comptent vraiment ». Il promet de tout laisser dans son dernier camp d’entraînement, de se remettre entre les mains de sa foi, et conclut par une phrase qui sonne comme un serment : un combat de plus, puis la fin.
Une carrière marquée par l’explosion et le risque
Buckley débarque à l’UFC en août 2020, dans l’urgence, en short notice, pour affronter Kevin Holland. Baptême du feu brutal : il s’incline par KO. Deux mois plus tard, il renverse déjà le scénario de sa propre histoire.
En octobre 2020, face à Impa Kasanganay, il signe l’un des KO les plus spectaculaires de l’histoire de l’organisation, un coup de pied retourné en pleine course qui fait instantanément le tour du monde. Ce geste reste le sommet de sa carrière à l’UFC, le moment où son nom s’impose dans l’imaginaire des fans.
La suite, c’est une trajectoire faite de hauts et de bas, mais toujours avec le même fil rouge : le danger permanent. Buckley s’est bâti une réputation de puncheur redoutable, un artiste du KO capable de faire basculer un combat sur une seule ouverture. Son bilan global en MMA parle pour lui : 21 victoires pour 9 défaites, dont 11 succès et 7 revers au sein de l’UFC. Quinze de ses victoires sont venues par KO. Mais cette générosité offensive a un prix : il a lui-même subi cinq défaites par KO.
Le corps encaisse, la tête aussi. À 32 ans, Buckley ne veut pas découvrir trop tard qu’il a franchi une limite irréversible.
Quitter avant que le sport ne vous quitte
Dans un univers où beaucoup s’accrochent jusqu’à la corde, la décision de Buckley tranche. Il ne part pas sur une série triomphale, ni porté par une ceinture. Il part cabossé, lucide, conscient que chaque entrée dans la cage est un pari sur sa santé future.
Ce dernier combat à venir prendra donc une dimension particulière. Ce ne sera pas seulement une affiche de plus sur une carte de l’UFC, mais la conclusion d’un parcours où le spectaculaire a souvent côtoyé le dangereux. Buckley promet d’y laisser « tout ce qu’il lui reste ».
Reste une question, simple et brutale, à l’image de sa carrière : ce dernier round lui offrira-t-il la sortie qu’il espère, ou le rappel implacable de ce qu’il cherche justement à fuir ?




