Jamie Overton : retour vers le Test cricket ?
Jamie Overton avait claqué la porte du Test cricket avec un mot qui laissait une ouverture : « indéfini ». Un an plus tard, à l’approche d’une nouvelle série des Ashes, cette porte se rouvre doucement. Et l’Angleterre le sait.
L’all-rounder de 32 ans, martyrisé par les fractures de stress au dos, s’est recentré sur le white-ball depuis son dernier Test, disputé à l’été 2025 contre l’Inde. Ce devait être le tremplin vers une tournée des Ashes en Australie. Ce fut au contraire le point de rupture. Il a annoncé une pause sans date de fin, refusant le voyage down under pour préserver un corps au bord de la rupture.
Aujourd’hui, Overton est au Pakistan, dans le groupe d’Angleterre pour la tri-série ODI, concentré sur sa nouvelle vie de spécialiste du limited-overs. Mais le Test cricket n’a pas complètement disparu de l’horizon. Il revient dans les conversations, dans les couloirs, dans les vestiaires.
Harry Brook, capitaine en white-ball, l’a déjà sondé. À plusieurs reprises. Overton l’a confié à la BBC : son nom circule, son profil intrigue, son retour serait précieux. Sa réponse, pour l’instant, reste prudente. Il assure ne pas y avoir vraiment réfléchi. Mais il ne ferme aucune porte.
Tout pourrait basculer si Joe Root, lui, décroche son téléphone. Overton l’admet : si le capitaine Test vient le chercher pour les Ashes, il devra « sérieusement y penser ». Là, on ne parle plus d’une simple idée lancée entre deux séances d’entraînement. On parle d’un choix de carrière. D’un dernier grand pari sur le long format.
Car son retrait du red-ball n’a jamais été une retraite. Overton insiste : il a toujours parlé d’une pause. Une parenthèse pour se reconstruire, pour devenir excellent en white-ball, pas un adieu définitif aux Tests.
Son dernier match en rouge, ce cinquième Test contre l’Inde en juillet 2025, raconte bien l’état dans lequel il se trouvait. Deuxième sélection seulement, trois ans après la première. Quatre rencontres de first-class en deux ans avant d’être rappelé. Puis, dans la foulée, un rôle de pilier : la blessure à l’épaule de Chris Woakes le laisse comme l’un des trois seuls seamers de métier. Résultat : 38 overs dans le match, le corps en lambeaux.
Il en est sorti brisé. Physiquement détruit, selon ses propres mots. Deux semaines pour se remettre assez pour jouer dans The Hundred, où il ne lance que 20 balles. L’épaule en feu, la sensation d’être à une blessure majeure de tout perdre. C’est là qu’il a tranché : priorité au white-ball, et on verra plus tard pour le reste.
Ce « plus tard », le voilà.
L’Angleterre, orpheline de Ben Stokes, a changé de formule. Quatre seamers de métier dans le XI, Dan Lawrence en numéro 6 avec un peu d’off-spin en appoint. Une construction solide, mais qui manque parfois d’un vrai all-rounder capable d’épaissir le bas de l’ordre et de tenir un volume d’overs sérieux. Overton coche ces cases. Son 99 pour ses débuts en Test contre la Nouvelle-Zélande en 2022 reste dans toutes les mémoires : un numéro 8 capable de faire basculer un match avec la batte.
Lui, de son côté, se sent enfin bien. Plus d’un an de travail minutieux sur les charges de travail, les plans, la préparation physique. Il parle d’un corps « dans un bon état ». Il ne promet rien, ne s’emballe pas. Mais il répète qu’il n’a jamais tiré un trait définitif sur le Test cricket. Ce sera une question de moment. De contexte. De sensation.
Dans l’ombre, il y a aussi l’histoire familiale. Son frère jumeau, Craig, compte déjà huit Tests, dont deux séries des Ashes, en 2017-18 et 2019. L’été dernier, Craig a brillé avec Somerset, sans recevoir le moindre appel d’England pour un éventuel rappel. Jamie, lui, a refusé la tournée précédente en Australie, estimant que son corps n’était pas prêt. La prochaine venue des Australiens au Royaume-Uni, l’été prochain, ressemble donc à une dernière fenêtre. Le dernier train pour goûter à la fièvre des Ashes.
Il ne s’en cache pas : jouer les Ashes, c’est un rêve d’enfant. Il a vu Craig y parvenir, l’a regardé avec une immense fierté. Et l’envie de vivre, lui aussi, ce frisson-là.
En attendant, le présent n’a rien de théorique. Overton vient de débuter la tri-série au Pakistan avec une défaite face à l’équipe locale à Rawalpindi. Prochain rendez-vous, le Sri Lanka sur la même pelouse jeudi. Il appartient pleinement à ce groupe white-ball, à cette Angleterre qui cherche à se relancer en hiver.
Mais la question flotte déjà au-dessus de la tournée, comme une anticipation de l’été à venir : si Joe Root frappe à la porte, Jamie Overton acceptera-t-il de replonger dans le feu des Ashes, une dernière fois, corps prêt ou pas ?




