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Le sport canadien reçoit un soutien financier massif

Le sport canadien respire enfin. Après des années à tirer sur la corde, les organisations sportives nationales vont recevoir l’oxygène financier qu’elles réclamaient depuis longtemps.

Jeudi, le gouvernement fédéral doit officialiser une enveloppe complémentaire destinée à 63 fédérations nationales, selon des informations obtenues par CBC Sports. L’argent tombera dès cet exercice financier. Pas de date précise, mais personne ne s’attend à une longue attente.

On ne parle pas de quelques retouches budgétaires. Cette annonce s’inscrit dans un plan massif : 660 millions de dollars sur cinq ans pour soutenir directement les organisations sportives nationales (NSO), les organisations multisports (MSO) et les membres du réseau Canadian Olympic and Paralympic Sport Institute Network (COPSINs). Une pièce maîtresse d’un investissement global d’un milliard de dollars dans le sport au pays.

Un système à bout de souffle, enfin soulagé

Dans les bureaux des fédérations, le ton a changé. Suzanne Paulins, directrice générale de Swimming Canada et coprésidente du Summer Sport Caucus, ne mâche pas ses mots. Pour elle, ce financement est « transformationnel ». Le terme a circulé, et il n’est pas galvaudé.

Les NSO ont appris le montant précis de leur rallonge au début d’octobre, une quinzaine de jours avant l’annonce publique. Les réactions? « Reconnaissance » et « bonheur », résume Paulins. Derrière ces mots polis, il y a des années de fonctionnement à flux tendu, de projets repoussés, de programmes rabotés.

Le rapport de la Future of Sport Commission l’avait déjà souligné : sous-financement chronique, équipes réduites au minimum, impossibilité de tout faire, même l’essentiel. Ce nouveau coup de pouce change la donne. Pour la première fois depuis longtemps, certaines fédérations peuvent se poser une question simple : qu’est-ce qu’on peut enfin lancer, qu’on gardait dans les tiroirs faute de moyens?

En septembre, plus de 101 demandes de financement complémentaire avaient été déposées, pour un total d’environ 168 millions de dollars. Le gouvernement a promis 112 millions de dollars de financement sportif supplémentaire pour cette année seulement. Tout le monde ne sera pas servi à hauteur de ses ambitions, mais l’impact reste majeur.

Les premiers bénéficiaires sortent du bois

Trois fédérations avaient déjà vu la couleur de l’argent. Canada Basketball a obtenu 1,8 million de dollars, Alpine Canada 2,77 millions, et Wheelchair Canada Basketball près de 800 000 dollars. Une première vague qui donnait le ton.

Les COPSINs, qui regroupent sept instituts, ont reçu une hausse globale de 5,4 millions de dollars cette année, annoncée la semaine dernière. Les demandes des MSO, elles, sont encore à l’étude.

Le détail complet de la répartition pour les 63 NSO doit être rendu public plus tard jeudi. Mais dans le milieu, on sait déjà l’essentiel : les montants sont connus, les plans se précisent, et le processus pour toucher les fonds s’annonce fluide, estime Paulins. Pour certaines petites fédérations, très fragiles, ce n’est pas un luxe. C’est une bouée.

Des projets concrets, tout de suite

Swimming Canada a choisi une approche pragmatique. Pas de château en Espagne, mais des objectifs ciblés, réalisables d’ici la fin de l’exercice : mise à jour du matériel de formation pour les officiels, campagne de promotion de la participation intitulée Stronger in the Water, et lancement d’un projet pilote de développement à la base en Ontario, avec l’idée de l’étendre ensuite à d’autres provinces.

Paulins ne cache pas qu’elle n’a pas tout obtenu. Elle ne s’y attendait pas. Mais ce qu’elle a décroché suffit à enclencher ce qu’elle espérait pour cette année. L’essentiel est là : une base solide pour prouver l’efficacité des projets et bâtir plus grand ensuite.

Car la vraie montée en puissance se jouera plus tard. Lors du cycle de demandes pour 2027-2028, Swimming Canada compte revoir ses ambitions à la hausse. Avec du temps devant elle, la fédération veut travailler plus étroitement avec les provinces, identifier des partenariats, surtout autour de la participation. Le potentiel est énorme, juge Paulins. Encore fallait-il le carburant pour le faire décoller.

Un milliard pour un pays de sport

Le supplément pour les NSO n’est qu’un volet d’un chantier plus large. Sur le milliard de dollars annoncé par Ottawa pour le sport, 43 millions iront directement aux athlètes, 50 millions au soutien à l’organisation d’événements, et une part importante à l’infrastructure via le Build Communities Strong Fund.

Concrètement, cela se traduit déjà sur le terrain. De nouveaux centres nationaux d’entraînement pour Canada Basketball et Canada Soccer bénéficient d’un appui financier fédéral, à des niveaux variables. Des fonds ont aussi été dirigés vers la réhabilitation de l’anneau de vitesse olympique de Calgary, un centre national d’entraînement pour Canada Snowboard et un centre national alpin.

Ce ne sont pas de simples lignes budgétaires. Ce sont des lieux où se forgent les médailles, les équipes nationales, les vocations.

Ottawa, prochain terrain de jeu des décideurs

Le chantier ne s’arrête pas aux chiffres. Adam Van Koeverden, secrétaire d’État fédéral au Sport, a convoqué un sommet national du sport à Ottawa les 9 et 10 novembre. Les dirigeants du milieu s’y retrouveront pour une question clé : comment transformer cet afflux d’argent en progrès durable?

Les fédérations ont enfin un peu d’air. Reste à voir si ce souffle deviendra un véritable élan pour tout le système sportif canadien.