Gavi critique la gestion du vestiaire du Real Madrid
Dans un entretien accordé à Mundo Deportivo, Gavi n’a pas pris de gants. Interrogé sur les tensions internes au Santiago Bernabéu, le milieu du FC Barcelona a pointé du doigt la gestion du vestiaire du Real Madrid après l’altercation entre Aurélien Tchouameni et Federico Valverde.
Les informations venues de la capitale parlent d’une confrontation très tendue, étalée sur deux jours, qui aurait dégénéré jusqu’à nécessiter des points de suture pour Valverde à l’hôpital. Un épisode lourd, loin de la simple échauffourée de fin d’entraînement.
« S’il y a des coups, le coach ne doit pas le faire jouer »
Pour Gavi, la ligne rouge a été franchie. Et Alvaro Arbeloa, entraîneur du Real, aurait dû sévir.
Le milieu blaugrana reconnaît le quotidien d’un grand vestiaire, cette tension permanente qui nourrit la compétitivité. Il le dit clairement : à ce niveau, les accrochages existent, ils font partie du jeu, surtout à un moment clé de la saison. Mais pour lui, ce qui se serait passé à Madrid dépasse ce cadre.
Gavi insiste : dès que l’on passe des mots aux coups, la responsabilité bascule sur le coach. Selon lui, Arbeloa n’aurait pas dû faire appel au joueur impliqué dans la bagarre. Il vise directement la décision d’aligner Tchouameni face au Barça le 10 mai, lors de la victoire 2-0 qui a offert officiellement le titre de Liga aux Catalans.
Le jeune international nuance tout de même un point : il ne prétend pas connaître tous les détails de la scène. Mais si les faits rapportés sont exacts, la sanction sportive s’imposait. À ses yeux, le Real a manqué une occasion d’envoyer un signal fort à son vestiaire.
La rivalité dépasse le terrain
La discussion glisse ensuite naturellement vers le duel permanent entre les deux géants espagnols. Les propos de Gavi répondent aussi à un autre front ouvert : les déclarations de Florentino Perez sur l’affaire Negreira.
Le président madrilène a récemment affirmé que le Real Madrid s’était fait « voler » sept titres de Liga. Un discours qui a profondément agacé côté Barça. Gavi y voit une tentative de minimiser les succès récents des Catalans, déjà obtenus dans un contexte économique tendu.
Le milieu de 21 ans défend bec et ongles la valeur des deux derniers championnats remportés par le Barça. Il rappelle que ces titres ont été construits avec une forte présence de joueurs formés à La Masia, sans pluie de transferts clinquants. Pour lui, la critique venue de Madrid n’enlève rien au mérite de ce groupe.
Il souligne que, depuis la capitale, on cherche systématiquement à rabaisser ou à dévaloriser ce que gagne le Barça. Mais, assure-t-il, cela ne doit pas atteindre le vestiaire blaugrana. Au contraire, remporter deux Ligas consécutives avec autant de joueurs issus du centre de formation est, selon lui, une source de fierté.
Deux modèles qui s’opposent
Là où le Real Madrid continue d’attirer des noms majeurs du marché, le FC Barcelona a été contraint de se tourner vers ses propres ressources. Peu de recrues, beaucoup de jeunes de la maison. Une contrainte transformée en identité, presque en étendard.
Gavi insiste sur ce contraste. D’un côté, des clubs qui empilent les signatures saison après saison. De l’autre, un Barça qui fait avec très peu de renforts, qui mise sur les siens, et qui gagne quand même.
Dans cette guerre d’images entre Madrid et Barcelone, ses mots résonnent comme un rappel : au-delà des polémiques, des affaires et des piques médiatiques, le Barça revendique un modèle. Et Gavi, lui, n’a aucune intention de laisser le voisin madrilène en minimiser la portée.




