Fury – Joshua : le combat tant attendu à Londres
Tyson Fury et Anthony Joshua sont en ville. Les deux poids lourds ont posé le pied à Londres avant la conférence de presse de lancement prévue mercredi, et, pour l’instant, le combat du 11 décembre au Principality Stadium de Cardiff tient toujours debout, malgré plusieurs jours de chaos et de doutes.
Fury, 38 ans, a quitté les attractions de Walt Disney World en famille pour revenir des États-Unis. Joshua, 36 ans, a pris l’avion depuis son camp d’entraînement à Dubaï. Deux trajectoires opposées, un même point de chute : une scène londonienne où le monde de la boxe attend, une nouvelle fois, une confirmation qu’il n’ose plus vraiment croire.
Un combat annoncé, contesté, secoué
Jeudi, Turki Alalshikh, homme fort saoudien, officialise enfin Fury – Joshua. L’affiche que le Royaume-Uni réclame depuis plus de dix ans. Vingt-quatre heures plus tard, tout vacille déjà.
Au cœur de la tempête : le rôle du patron de l’UFC, Dana White. Netflix annonce que The Ring, la structure d’Alalshikh, et White collaboreront pour promouvoir l’événement. Problème : Eddie Hearn rappelle que le contrat de Joshua interdit à White d’avoir un rôle promotionnel.
Les lignes s’enflamment. Les egos aussi. White explique samedi soir qu’il ne sait même pas si le combat aura lieu, ni si la conférence de presse de mercredi sera maintenue. Selon les informations de BBC Sport, il ne sera finalement pas présent au lancement. Un feuilleton dans le feuilleton.
Vada, encore un obstacle… puis un déblocage
Comme si cela ne suffisait pas, un nouveau point de friction surgit lundi soir : l’inscription de Fury au programme de contrôle de la Voluntary Anti-Doping Association (Vada). Un sujet ultra-sensible dans un contexte déjà tendu.
Spencer Brown, le manager de Fury, intervient alors pour préciser que son boxeur est désormais bien inscrit au programme Vada. Un souci de moins, au moins en apparence, avant que les deux hommes ne se retrouvent face aux caméras.
Des années d’attente, et une crédibilité en lambeaux
Fury et Joshua ne se sont jamais affrontés. Les tentatives avortées se comptent presque aussi facilement que leurs anciens titres mondiaux. Chaque fois, le même scénario : annonces, promesses, dates avancées… puis effondrement.
Mercredi, au British Airways ARC d’Olympia, ils se retrouveront enfin face à face pour la première fois depuis l’officialisation du combat. Quelques billets seront ouverts au public, histoire de donner un parfum d’événement à ce lancement.
Les voir tous les deux sortir de leurs voitures à Londres mardi a offert une forme de soulagement. Oui, ils sont là. Oui, ils se parlent. Oui, la machine tourne encore. Mais l’expression « Fury – Joshua est acté » a été prononcée si souvent qu’on ne les compte plus. Et c’est bien là que le bât blesse.
La boxe se retrouve une nouvelle fois dans une posture peu flatteuse. Impossible de maquiller ces derniers jours autrement que comme un très mauvais feuilleton pour le sport. Une grande partie des fans juge déjà que ce choc arrive trop tard, avec deux anciens champions, éloignés de leur sommet, plus proches du crépuscule que de l’ascension.
En moins de 48 heures après l’annonce tant attendue, même certains des derniers enthousiastes ont basculé dans le camp des sceptiques. Au lieu de débattre du jab de Fury, du crochet de Joshua, de leurs plans tactiques, on dissèque des contrats, des clauses, des querelles d’ego et la possibilité que tout s’écroule encore.
200 millions sur la table, et un climat de méfiance
Le paradoxe est saisissant. On parle d’une bourse partagée annoncée à près de 200 millions de dollars, portée par quelques-unes des figures les plus puissantes de la boxe mondiale. Et pourtant, l’impression dominante reste celle d’une improvisation permanente.
Eddie Hearn accuse : selon lui, les termes contractuels liés à l’implication de Dana White n’auraient pas été respectés. White répond en attaquant Hearn publiquement. Fury, lui, accuse le camp Joshua de chercher à se retirer. Chacun tire dans une direction différente, pendant que le public se demande si le ring de Cardiff ne restera pas, une fois de plus, vide.
Tout cela a nourri une incertitude dont la boxe n’avait vraiment pas besoin autour d’un combat qu’elle n’a cessé de manquer depuis des années. Un rendez-vous manqué répété finit par user même les plus fidèles.
Dernière chance pour rallumer la flamme ?
Et pourtant, mercredi offre une fenêtre. Étroitement ouverte, mais réelle.
Si Fury et Joshua montent ensemble sur scène, se toisent, s’empoignent verbalement, s’embrasent comme leurs trajectoires le promettent depuis si longtemps, une partie du vacarme de ces derniers jours pourra s’éteindre. Pas tout. Pas les années perdues, ni la méfiance accumulée. Mais assez pour que Cardiff redevienne une perspective excitante plutôt qu’un mirage.
Reste une question, simple et brutale : cette fois, la boxe tiendra-t-elle enfin parole ?




