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Erik ten Hag accuse Cristiano Ronaldo de manque de professionnalisme

Erik ten Hag ravive le brasier. Deux ans après une rupture déjà volcanique, l’ancien manager de Manchester United charge frontalement Cristiano Ronaldo, qu’il accuse d’« manque de professionnalisme » durant leur cohabitation à Old Trafford.

Un deuxième acte vite tourné au vinaigre

Quand Erik ten Hag débarque à Manchester en avril 2022, Cristiano Ronaldo est déjà là, revenu triomphalement l’été précédent. Sur le papier, l’alliance a tout du scénario idéal : un entraîneur réputé pour sa rigueur tactique, une icône obsédée par la performance. Sur le terrain, l’histoire tourne court.

Ronaldo manque l’essentiel de la préparation estivale pour raisons personnelles. La saison démarre, son influence décline, les titularisations se raréfient. Très vite, le Portugais glisse du statut d’incontournable à celui de remplaçant de luxe. Jusqu’à la scène qui marque la rupture publique : un soir de victoire contre Tottenham, il refuse d’entrer en jeu, quitte le banc, file au vestiaire avant le coup de sifflet final. Le symbole est brutal.

Ten Hag réagit aussitôt : mise à l’écart du groupe professionnel pour un match. Sanction nette, message envoyé au vestiaire. Ronaldo réintègre ensuite l’effectif, mais ne joue pas la moindre minute lors des deux rencontres précédant la trêve de la Coupe du monde 2022 au Qatar. Il ne reportera plus jamais le maillot de United.

Les tours de terrain, la préparation… et l’accusation

Aujourd’hui directeur technique du FC Twente, Ten Hag est revenu en détail sur cet épisode dans un entretien fleuve accordé à The Athletic. Et ses mots ne laissent aucune place à l’ambiguïté. Il raconte un Cristiano Ronaldo qui, selon lui, ne respectait plus les standards d’exigence fixés au groupe.

Après le cinglant 4-0 encaissé face à Brentford au début de la saison 2022-2023, le Néerlandais impose à ses joueurs une séance de course punitive : trois tours de terrain. Ronaldo, affirme-t-il, n’en aurait effectué que deux. Il l’accuse aussi d’avoir séché certaines séances d’entraînement.

« Je l’ai confronté à cela », explique Ten Hag. Il détaille avoir répété à son attaquant qu’il disposait d’une équipe prête à travailler pour le mettre dans les meilleures positions, mais que le Portugais n’occupait plus assez souvent la surface pour être décisif. Selon lui, l’idée qu’il lui demandait un pressing épuisant serait un faux débat. Le problème, insiste-t-il, se situait en amont : la préparation, la condition physique, l’investissement quotidien.

Le Néerlandais va plus loin : dans le vestiaire, Ronaldo aurait glissé à certains coéquipiers de « préserver leurs jambes à l’entraînement ». Un message que Ten Hag juge incompatible avec le niveau d’intensité exigé pour évoluer au sommet. « On peut ménager ses efforts quand on est au top physiquement, quand on a accumulé le travail, pas avant », martèle-t-il en substance.

Respect affiché, confiance rompue

Ten Hag ne nie pas le statut de légende de son ancien numéro 7. Il le rappelle même avec insistance : « Évidemment, c’est l’un des meilleurs de l’histoire du football. Je le respectais énormément. » Il raconte avoir pris l’avion pour le rencontrer au Portugal avant même de s’asseoir sur le banc de United, afin de lui exposer son projet et la place qu’il lui réservait.

Mais ce respect n’a pas suffi à maintenir le lien. « Il a laissé tomber l’équipe, et il m’a laissé tomber », lâche-t-il. Dans son esprit, la décision de se passer de Ronaldo n’est pas un geste symbolique contre une star vieillissante, mais un choix « rationnel » pour préserver la dynamique du groupe et s’appuyer sur les joueurs « qu’il admire » pour leur investissement.

Le constat est froid : pour Ten Hag, un vestiaire doit « embrasser » son joueur majeur, mais ce joueur majeur doit se mettre au service du collectif. Dans ce rapport de force, il estime que Ronaldo n’a pas tenu sa part du contrat.

La riposte de Ronaldo, déjà connue

Cristiano Ronaldo, cette fois, n’a pas réagi publiquement aux dernières déclarations de son ancien coach. Mais sa version des faits, il l’avait déjà livrée en novembre 2022, dans une interview explosive accordée à Piers Morgan, qui avait précipité la fin de son aventure à Old Trafford.

À l’époque, le quintuple Ballon d’Or dénonçait un entraîneur qui, selon lui, cherchait à le pousser vers la sortie. Il parlait de « trahison » de la part du club, affirmait ne plus avoir « aucun respect » pour Ten Hag, précisément parce qu’il estimait ne pas en recevoir en retour. La cassure était totale, irréversible.

Entre ces deux récits, celui de l’entraîneur qui accuse de laxisme et celui de la star qui se dit sacrifiée, il n’y a plus de terrain d’entente. Simple choc d’egos à la fin d’une ère, ou symptôme plus profond d’un club en quête d’identité, déchiré entre son passé glorieux et les exigences modernes du jeu ? La question, elle, reste entière à Manchester.