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Erik ten Hag sur Ronaldo : « Il a laissé tomber l’équipe »

Erik ten Hag n’a plus envie de tourner autour du sujet. Près de deux ans après la rupture fracassante avec Cristiano Ronaldo, l’entraîneur de Manchester United revient sur cet épisode et livre, sans détour, sa version d’une cohabitation aussi courte que toxique.

Le Néerlandais accuse ouvertement la légende portugaise d’avoir plombé le vestiaire et de s’être montrée loin des standards d’exemplarité qu’on associe habituellement à son nom.

Un plan construit autour de Ronaldo… vite brisé

Quand Erik ten Hag accepte de prendre les rênes de Manchester United, l’idée est claire : intégrer Cristiano Ronaldo à son projet. Le technicien le raconte dans The Athletic. Il fait le déplacement jusqu’au Portugal pour exposer ses intentions à l’attaquant, encore auréolé de son statut d’icône et de quintuple Ballon d’Or.

« Nous avions prévu avec lui », explique-t-il. Ronaldo doit rester une pièce centrale, un finisseur autour duquel l’équipe travaille. Ten Hag insiste sur le respect qu’il porte au joueur, sur son statut dans l’histoire du jeu. Mais la théorie ne survivra pas longtemps à la réalité du terrain et du vestiaire.

Très vite, le lien se fissure. Ronaldo cherche une porte de sortie dès l’été 2022, manque une préparation complète, revient sans véritable base physique. Les titularisations se font plus rares, la frustration monte, les regards se durcissent. La saison ne fait que commencer, la bombe est déjà amorcée.

L’interview qui fait tout exploser

La rupture devient publique et irréversible en novembre 2022. Cristiano Ronaldo s’assoit face à Piers Morgan pour une interview dévastatrice. Devant les caméras, le capitaine du Portugal dit se sentir « trahi » par son entraîneur, admet ne pas le respecter. Les mots claquent, le fossé se creuse.

Dans la foulée, Manchester United met fin au contrat de son numéro 7. Un départ sans adieu sur la pelouse d’Old Trafford, sans tour d’honneur, sans dernier but. Juste une cassure nette, symbole d’un divorce mal géré de part et d’autre.

Ten Hag, lui, assume aujourd’hui le choix qu’il a fait : privilégier le collectif à la star. « Il a laissé tomber l’équipe, et il m’a laissé tomber », lâche-t-il. Pour lui, la décision était rationnelle : garder les joueurs prêts à s’inscrire dans l’effort commun, quelle que soit la taille du nom sur le maillot.

Un Ronaldo épuisé et à contre-courant

On a souvent reproché à Ten Hag d’exiger de Ronaldo un pressing constant, incompatible avec son âge et son profil. Le Néerlandais démonte cette idée. Ce n’est pas le pressing qu’il lui demandait, mais simplement d’être en état de finir les actions.

Il raconte avoir répété le même message à son attaquant : « Tout le monde veut travailler pour toi, te mettre dans les bonnes positions. Mais si tu n’arrives pas à te projeter dans la surface, tu ne peux pas marquer. » Problème : selon lui, Ronaldo n’en avait tout simplement plus les moyens physiques à ce moment-là.

Ten Hag décrit un joueur « épuisé », incapable de courir avec ou sans ballon, absent des zones décisives. La cause, à ses yeux, est claire : une préparation bâclée, un été sans le travail de fond nécessaire pour rester au sommet. Dans un football où les attaques se construisent à haute intensité, un attaquant statique devient un poids.

Une influence négative à l’entraînement

L’aspect le plus cinglant du témoignage de Ten Hag ne concerne pourtant pas la condition physique de Ronaldo, mais son influence sur le groupe. Le coach assure que la star conseillait à certains coéquipiers de lever le pied à l’entraînement.

« Il disait aux joueurs : “Économisez vos jambes à l’entraînement” », raconte Ten Hag. Une phrase qui peut paraître anodine dans la bouche d’un vétéran habitué à gérer ses efforts. Pour un entraîneur qui tente de relever un club en crise, c’est un problème majeur.

Ten Hag nuance à peine : il comprend qu’un joueur expérimenté puisse parfois ménager son corps… à condition d’avoir déjà atteint un niveau de forme irréprochable. À ses yeux, Ronaldo voulait sauter des étapes. Or, pour lui, la hiérarchie est simple : les grandes équipes doivent choyer leurs grandes stars, mais ces stars doivent, d’abord, travailler pour l’équipe.

Une fracture qui dépasse les deux hommes

Au fond, cette histoire raconte autre chose qu’un simple conflit entre un entraîneur et une icône. Elle résume le choc entre deux époques de Manchester United : celle où un joueur pouvait tout incarner, et celle où le club tente désespérément de redevenir une structure cohérente, au-dessus des individualités.

Ten Hag a choisi son camp. Il a pris le risque de se mettre à dos une partie des supporters en bousculant une légende vivante. Il assume encore aujourd’hui ce pari, convaincu que le vestiaire ne pouvait pas avancer tant que Ronaldo envoyait, selon lui, des signaux contraires à l’exigence collective.

Cristiano Ronaldo, lui, a poursuivi sa route, capitaine du Portugal, star d’un nouveau projet loin d’Europe. Ten Hag, toujours sur le banc de Manchester United, vit avec ce précédent sur les épaules. La question, désormais, est simple : ce choix brutal a-t-il posé les bases d’un renouveau… ou ouvert une brèche dont le club ne s’est pas encore remis ?