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Carrick défend United : « Je suis presque offensé »

Le souffle de la victoire contre Liverpool flotte encore à Old Trafford, la qualification pour la prochaine Ligue des champions est en poche… et déjà, certains accusent United d’être « en vacances ». Michael Carrick, lui, n’a pas du tout goûté à l’insinuation.

Sur la pelouse du Stadium of Light, son équipe a livré un match terne, loin de l’intensité affichée une semaine plus tôt. United a subi, longtemps, trop longtemps, face à une équipe de Sunderland plus tranchante, plus vive, plus agressive. Sans un grand Senne Lammens, les Red Devils seraient repartis bredouilles.

Mais pour Carrick, parler de relâchement, c’est toucher à quelque chose de sacré.

« Je suis presque offensé »

Face aux médias, le manager n’a pas cherché à arrondir les angles. Il a parlé de fierté, de préparation, de responsabilité.

« Je suis presque offensé par ça, quand les gens accusent les joueurs », a-t-il lâché, rappelant la manière dont son groupe avait préparé la rencontre et quitté le vestiaire. Selon lui, une équipe démobilisée aurait perdu ce match, tout simplement.

Et il n’a pas tort sur un point : Sunderland a dominé de larges séquences. Par moments, United a couru derrière le ballon, acculé, obligé de défendre sa surface comme une équipe jouant sa survie, pas comme un prétendant au top 4 déjà assuré de son destin européen. Dans ce contexte, Lammens a tenu la baraque et sauvé le point.

Pour Carrick, c’est la preuve d’un état d’esprit intact.

United bousculé, mais debout

La prestation offensive de United parle d’elle-même. Un seul véritable arrêt à effectuer pour Robin Roefs, et il arrive… à la 93e minute, sur une tentative de Matheus Cunha. Trop peu, trop tard, pour espérer mieux qu’un nul.

Carrick, lui, a choisi de regarder ailleurs. Pas dans le déni, mais dans l’angle qui l’intéresse : la capacité de son équipe à « gratter » quelque chose d’un match mal maîtrisé. Il a insisté sur la solidité défensive, sur l’abnégation d’un onze largement remanié, sur cette faculté à tenir quand le jeu ne suit pas.

« C’était un match difficile », a-t-il reconnu, en rendant hommage à Sunderland. United a dû « creuser profond », accepter de souffrir, parfois reculer très bas. L’entraîneur a évoqué les nombreux changements, ce rythme collectif à retrouver, cette mécanique offensive encore hésitante. Mais il a souligné ce qu’il considère comme un socle : un point, un clean sheet, et une équipe qui ne rompt pas.

Le poids du maillot comme moteur

Là où certains voient une équipe rassasiée par sa qualification, Carrick oppose un autre argument : l’histoire du club. Pour lui, porter ce maillot suffit à interdire toute forme de dilettantisme.

Il a parlé de « fierté en soi, les uns envers les autres » et de « responsabilité de jouer pour ce grand club ». À ses yeux, la motivation n’est pas en débat, pas plus aujourd’hui que lors des deux dernières journées à venir. Que la performance soit brillante ou laborieuse, il refuse d’y voir la moindre trace de relâchement lié au classement.

Le discours est clair : si United joue mal, ce ne sera pas parce que l’équipe a « levé le pied ». Ce sera parce que le football reste un sport imparfait, avec ses jours sans. Mais pas parce que le vestiaire aurait « déjà la tête sur la plage ».

Un point de caractère avant le sprint final

Ce nul sans éclat n’entrera pas dans les mémoires. Il dit pourtant quelque chose de ce United-là : une équipe capable de se faire bousculer, mais assez solide pour ne pas se faire renverser.

Carrick y voit une étape dans la construction du caractère de son groupe. Un match où, faute de briller, il fallait survivre. Un match où la marge du top 4 ne s’est pas traduite par du laxisme, mais par de la résistance.

Reste une question, désormais : cette dureté mentale suffira-t-elle, lors des deux dernières rencontres, à transformer les points arrachés dans la douleur en véritables performances de patron ?