Jan Bednarek victime d'un braquage chez lui à Porto
Jan Bednarek a vu sa semaine basculer de l’euphorie au cauchemar en quelques jours seulement. Héros du titre avec Porto le week-end dernier, le défenseur polonais s’est retrouvé nez à nez avec un cambrioleur armé d’un couteau dans sa propre maison, vendredi soir.
Il est environ 21h30 quand le joueur de 30 ans rentre chez lui, en périphérie de Porto, avec sa femme et leur jeune fille. La famille revient d’une exposition d’art, une soirée paisible, presque banale, à célébrer une saison réussie. En ouvrant la porte, elle tombe sur une scène de panique.
Selon les informations du média portugais Record, Bednarek surprend le voleur en plein cambriolage. La confrontation est immédiate. L’intrus brandit un couteau et menace le défenseur central. L’instant est brutal, glacé. Le joueur, sa famille, l’adrénaline, la peur. Puis le cambrioleur parvient à s’enfuir, emportant un butin estimé à près de 150 000 €, soit environ 129 000 £.
Personne n’est physiquement blessé, mais le choc est profond. La maison du champion vient de devenir le théâtre d’une agression armée. La police locale ouvre une enquête pour retrouver l’auteur de ce braquage, tandis que le joueur et ses proches tentent de digérer l’événement.
L’ombre est lourde, d’autant qu’elle recouvre une semaine qui aurait dû rester comme l’une des plus belles de la carrière de Bednarek. Dimanche dernier, le Polonais faisait chavirer l’Estádio do Dragão en inscrivant le but de la victoire lors du succès 1-0 contre Alverca, offrant à Porto son premier titre de champion depuis quatre ans. Une libération pour tout un club, une consécration pour un joueur arrivé seulement l’été dernier.
Depuis la fin de son aventure de huit ans avec Southampton, conclue par la relégation du club de Premier League, Bednarek s’est imposé comme une pièce maîtresse de la défense portista. Cette saison, il a déjà disputé 48 matches toutes compétitions confondues, au cœur d’une charnière centrale solide aux côtés de son compatriote Jakub Kiwior, passé par Arsenal.
Sous la direction de Francesco Farioli et avec le soutien affiché du président Andre Villas-Boas, Porto a bâti un mur. Quinze buts encaissés seulement en 32 rencontres de championnat, une seule défaite, une régularité de champion. Après la victoire décisive face à Alverca, Farioli n’a pas caché son émotion, saluant le travail de son groupe, du staff, des dirigeants, de Jorge Costa et de tout le club, convaincu que « tout le monde méritait un titre comme celui-là après si longtemps ».
Sur le terrain, Bednarek vit donc sa meilleure saison depuis des années. En club, tout s’aligne : un rôle central, des performances solides, un titre arraché au terme d’un long marathon. Mais le contraste avec sa situation en sélection est cruel.
L’été qui arrive ne le mènera pas vers la Coupe du monde. La Pologne a échoué à se qualifier pour l’édition à 48 équipes organisée aux États-Unis, au Mexique et au Canada. En barrage, les Polonais se sont inclinés 3-2 face à la Suède, sur un but tardif de Viktor Gyokeres, l’attaquant d’Arsenal, qui a brisé leurs espoirs de participer au tournoi planétaire.
Pour Bednarek, la coupure estivale s’annonce différente. Pas de voyage, pas de scène mondiale, mais un temps de reconstruction. Il devra panser les plaies d’une saison intense, mais aussi encaisser le traumatisme d’avoir vu sa famille menacée chez elle, un couteau à la main d’un inconnu.
Reste à savoir comment un défenseur qui a tant stabilisé l’arrière-garde de Porto transformera ce choc intime en force ou en fardeau, au moment d’aborder la défense d’un titre enfin retrouvé.



