Babar Azam sous le feu des critiques : Pourquoi ses scores stagnent-ils ?
Babar Azam sous le feu des critiques : de beaux débuts, mais où sont les gros scores ?
Dans un tri-série où chaque manche compte, le cas Babar Azam commence à peser lourd dans les débats. Deux sorties, deux débuts prometteurs… et deux occasions manquées.
Face au Sri Lanka lors du match d’ouverture, le capitaine pakistanais s’est arrêté à 45. Contre l’Angleterre, au Rawalpindi Cricket Stadium le 20 octobre, il a quitté la scène à 34. Des scores corrects, certes. Mais pour un joueur de son standing, ce sont des amorces, pas des références.
Et c’est précisément là que la question se pose : pourquoi Babar n’arrive-t-il plus à transformer ces bases solides en grandes œuvres ?
Tanveer Ahmed sonne l’alarme
Ancien international, Tanveer Ahmed n’a pas tourné autour du pot après la défaite contre l’Angleterre. La manière du renvoi de Babar a été pour lui un nouveau signal d’alarme.
Selon lui, le maître-batteur pakistanais se heurte aujourd’hui à trois murs bien identifiés :
- les spinners,
- les balles rentrantes des fast bowlers,
- et les bouncers.
« Babar Azam s’est retrouvé coincé. Il se retrouve bloqué contre les spinners, il se retrouve bloqué face aux balles rentrantes des fast bowlers, et maintenant les bouncers ont commencé contre lui », a-t-il pointé du doigt.
Le reproche est frontal : pour un joueur de cette dimension, laisser autant de failles apparentes, c’est tendre une carte routière complète aux adversaires. Tanveer Ahmed s’interroge : comment un batteur de ce calibre peut-il permettre à autant de faiblesses d’être ciblées dans son jeu, et espérer enchaîner les gros scores ?
Trois failles, une même urgence
Le constat de l’ex-paceman est brutal : si Babar montre, de lui-même, qu’il souffre contre le spin, contre les balles rentrantes et contre les bouncers, la production de runs finira forcément par se tarir.
Pour lui, il n’y a pas d’échappatoire : Babar doit retravailler son jeu, affûter ses réponses, retrouver des solutions techniques et mentales face à ces trois types de menaces.
Le débat ne se limite pas à une simple baisse de forme. Il touche à la mécanique de son batting.
Le pied avant, et le piège
Depuis plusieurs mois, les regards se sont durcis sur son jeu de jambes contre le spin. Babar a parfois tendance à avancer trop tôt sur la balle. Une fraction de seconde de précipitation, et tout se complique : impossible de se réajuster si la balle tourne davantage que prévu… ou au contraire file tout droit.
Dans ces moments-là, il se retrouve exposé. Le spin adverse peut alors varier les trajectoires, jouer sur la ruse, et le coincer entre deux options.
La scène s’est encore répétée face à l’Angleterre. Will Jacks l’a piégé lors du deuxième ODI de la tri-série, une dismissal qui a ravivé toutes les critiques sur sa gestion du spin.
Un géant face au miroir
Babar Azam reste l’un des batteurs les plus élégants et les plus prolifiques de sa génération. Mais les chiffres récents racontent autre chose : des départs, des promesses… et trop peu de conclusions en majuscules.
Les adversaires ont clairement identifié un plan : l’encercler par le spin, le bousculer par les balles rentrantes, le tester au corps par les bouncers. À lui, désormais, de répondre. Non pas avec des mots, mais avec des runs, longs, lourds, et des manches qui referment les débats plutôt que de les alimenter.
Dans une tri-série où chaque erreur se paie cash, la prochaine manche de Babar ne sera pas seulement un nouvel innings. Ce sera un test de caractère, et peut-être un tournant dans la manière dont les équipes du monde entier choisiront de l’attaquer à l’avenir.




