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Razaullah et Shadab Khan dominent le match entre Pakistan et England

Sous un soleil cru, la crème blanche étalée sur le nez et les pommettes, Shadab Khan enchaîne les leg-breaks. Le décor est posé : Pakistan serre l’étau, England cherche l’oxygène.

Le tableau d’affichage avance lentement. À 86-4, Razaullah revient dans son run-up. Le jeune de 21 ans, déjà remarqué le mois dernier à Edgbaston par son audace au bâton, avait payé cher ses trois premiers overs. Cette fois, il rectifie tout. Ligne plus sobre, longueur plus disciplinée, rien de gratuit. Un seul run concédé, pas davantage. Son impact ne se limite pas à la balle : un peu plus tôt, c’est lui qui a fait basculer Harry Brook avec un run-out tranchant, symbole d’un Pakistan ultra-propre dans le fielding.

Cette rigueur défensive se prolonge. À 95-4, Razaullah maintient sa ligne, large de la off stump sans trop chasser le wicket. England tente de grignoter, de survivre, mais chaque simple ressemble à une petite bataille gagnée. Ben Duckett, lui, veut garder la main sur l’over, imposer son tempo. Il en est privé par une intervention solide à mid-on, nouvelle illustration d’un Pakistan impeccable dans les angles, dans l’intensité, dans les détails.

Le bras de fer se déplace alors vers Shadab Khan. À 102-4, Sam Curran profite d’une légère dérive côté leg pour effleurer la balle de ses hanches et s’offrir deux runs. Rien de spectaculaire, juste de la gestion, du calcul. Duckett, fidèle à son registre inventif, sort le reverse sweep sur la dernière balle de l’over. Un seul run, mais il grimpe à 49 et conserve la frappe. Il sait qu’il porte une bonne part du poids de l’inning.

L’over suivant raconte la même tension. England est à 113-4. Shadab continue, toujours couvert de crème solaire, toujours aussi méthodique avec ses leggies. Les batteurs anglais ne forcent rien. Ils tracent les diagonales, exploitent les intervalles, attendent la mauvaise balle plutôt que de forcer le destin. Cinq runs, pas plus, mais sans panique.

Sur la dernière balle, Duckett tente encore le reverse sweep. Cette fois, le plan échoue. La balle file directement vers le fielder placé derrière square. Duckett laisse échapper un grognement de frustration, presque un aveu : l’espace se réduit, Pakistan dicte les termes, et chaque coup d’audace doit désormais être payé au prix fort.

Le tableau d’affichage avance au ralenti, les nerfs montent. Dans un match où les gros coups se font rares, ce sont les petites marges, les placements millimétrés et les mains sûres dans le field qui risquent de décider du destin de cette manche.