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Automne sous tension : chaos en Corée du Sud et calendrier africain

La planète football n’a pas eu le temps de souffler. Entre les répliques d’un Mondial raté en Corée du Sud, un revirement majeur pour la Coupe d’Afrique des nations et quelques dossiers brûlants en Premier League, la trêve n’existe plus que sur le papier.

Corée du Sud : Son Heung-min, totem fragilisé dans un pays en crise

En Corée du Sud, l’automne a des airs de règlement de comptes. L’échec de la sélection nationale lors de la dernière Coupe du monde a déclenché une crise profonde, qui a débordé largement du terrain.

Le sélectionneur Hong Myung-bo a quitté son poste. Le président de la fédération, Chung Mong-gyu, a suivi. Tous deux ont été auditionnés par des parlementaires, avant que la police ne perquisitionne les bureaux de la KFA. Une scène presque inimaginable il y a encore quelques années dans un pays où le football de sélection est un marqueur de fierté nationale.

Au milieu de ce tumulte, un symbole : Son Heung-min. L’icône, l’homme fort, le visage du football sud-coréen depuis près d’une décennie. Son statut semblait intangible. Il ne l’est plus. Le débat ne porte plus seulement sur son influence, mais sur une question qui aurait paru hérétique il y a peu : doit-il encore être titulaire indiscutable ? John Duerden raconte comment l’ancienne star de Tottenham, désormais vétéran, se retrouve au cœur d’une réflexion plus large sur l’avenir de cette équipe fracturée.

Quand même Son devient discutable, c’est que tout un système vacille.

Afcon : Caf fait marche arrière, la CAN redevient biennale

Sur le continent africain, un autre choix fait du bruit. La Confédération africaine de football a tranché : la Coupe d’Afrique des nations reviendra à un rythme de deux ans. Un virage à 180 degrés après la décision, prise l’an dernier, de passer à un cycle de quatre ans.

Dans un communiqué, la Caf explique avoir « décidé à l’unanimité » ce retour au format biennal. La raison ? Le temps et l’argent. Le projet de compétition de remplacement – la Africa Nations League Pan-African Competition – devait reprendre l’ossature de la CAN, se tenir tous les deux ans et, à terme, financer le développement du football africain. Mais les projections économiques ne suivent pas, pas assez vite en tout cas.

Patrice Motsepe, le président de la Caf, l’a reconnu dans la déclaration : plusieurs années auraient été nécessaires avant que ce nouveau tournoi puisse générer les revenus indispensables pour rendre les compétitions africaines « compétitives au niveau mondial et autosuffisantes ». Trop long, trop risqué.

Un autre argument a pesé : la situation des joueurs africains employés dans des clubs hors du continent. Officiellement, la Caf affirme avoir pris sa décision aussi dans leur intérêt. Dans les faits, les clubs européens verront surtout revenir un vieux problème : devoir libérer leurs cadres tous les deux ans, et non plus tous les quatre. La tension avec les directions sportives est écrite d’avance.

Le prochain tournoi sera coorganisé par le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda. Les éditions suivantes sont programmées pour 2028, 2031 et 2033. Une exception : l’écart de trois ans entre 2028 et 2031, justifié par le calendrier du Fifa World Cup 2030. Par tradition, les tournois continentaux de sélections ne se tiennent pas l’année d’un Mondial.

La CAN redevient donc un rendez-vous récurrent, au cœur de l’hiver européen. Les sélectionneurs sourient, les clubs beaucoup moins.

Manchester City freinée en Women’s Champions League

À Manchester, la soirée de Women’s Champions League a laissé un goût amer aux championnes d’Angleterre. Manchester City a concédé un troisième nul consécutif dans cette phase de ligue, plombé en fin de match par un but de Tara Elimbi Gilbert.

Le scénario est cruel : City domine, ne tue pas le match, se fait punir. L’entraîneur Andrée Jeglertz l’a reconnu après la rencontre : « Nous méritions plus, je pense, mais c’est comme ça en Champions League. Quand vous dominez et que vous ne marquez pas, l’adversaire prend ses chances. » Rien de spectaculaire dans le constat, mais une vérité qui s’impose.

Conséquence directe : pour éviter le fameux « tour de punition », ces play-offs de février avant les quarts, City va sans doute devoir gagner ses trois derniers matches. La marge d’erreur a disparu.

Bournemouth : Junior Kroupi, patience obligatoire

Sur la côte sud de l’Angleterre, Bournemouth retrouve une arme offensive, mais à petites doses. Junior Kroupi, jeune attaquant français très suivi, revient à peine d’une blessure au pied qui l’a privé des trois premiers mois de la saison.

Il a rejoué lors du 3-0 infligé à Manchester United, puis a grappillé quelques minutes en Carabao Cup contre Aston Villa, en entrant à la 80e minute. De quoi donner envie d’accélérer. Marco Rose refuse.

Avant la réception de Leeds, l’entraîneur a posé un cadre clair : le club veut « construire » son temps de jeu, éviter de replonger dans les ennuis physiques. Kroupi devra patienter, accepter ce retour progressif. Bournemouth est privé d’Alex Scott pour l’instant, mais le milieu pourrait revenir dès la semaine prochaine. L’idée est simple : récupérer tout le monde, mais sans brûler le moindre fusible.

Brighton : revanche immédiate contre City, avec des renforts

À Brighton, l’humeur est différente. Le club a perdu aux tirs au but à l’Etihad en Carabao Cup, mais retrouve déjà Manchester City ce week-end en championnat. Un deuxième round, sans temps mort.

Fabian Hurzeler, le coach, s’attend à récupérer des pièces importantes. Chema Andres et Ferdi Kadioglu, touchés à la hanche à Liverpool le week-end dernier, ont manqué le match de coupe mais devraient être disponibles pour ce nouvel affrontement à l’Etihad. Charalampos Kostoulas, ménagé mercredi, est également annoncé apte.

Autre bonne nouvelle pour Brighton : Yankuba Minteh et Mats Wieffer ont effectué leur retour la veille. Une rotation qui tombe à pic avant d’affronter la machine City pour la deuxième fois en quelques jours.

Seul bémol, la blessure de Pascal Struijk, recrue estivale, forfait pour le week-end. Le staff se montre optimiste pour un retour rapide, mais pas avant ce choc.

Manchester City, Everton, Newcastle : la Premier League chauffe

Pendant que les blessures se résorbent, la Premier League prépare un week-end chargé. Les conférences de presse s’enchaînent, les récits aussi.

Everton vient de sortir un Newcastle méconnaissable en Carabao Cup et file en quarts. Un détail a pourtant retenu l’attention : l’absence de Jack Grealish. Le club a parlé d’un « manquement à la discipline interne ». David Moyes a soutenu la décision, sans donner davantage d’éléments. L’affaire ne va pas s’éteindre de sitôt, d’autant qu’Everton se déplace… à Newcastle pour le Monday Night Football. Grealish sera-t-il du voyage ? La question va alimenter tout le week-end.

À Old Trafford, la tension ne baisse pas non plus. Vendredi dernier, Michael Carrick s’est lancé dans un monologue de six minutes face aux médias. Le lendemain, son Manchester United s’est effondré à domicile contre Bournemouth. Malgré tout, il est toujours en poste. Prochain arrêt : Stamford Bridge, pour un duel avec Chelsea qui sent la nostalgie. Ce fut jadis un sommet pour la course au top 4. C’est encore le cas, mais avec une tristesse diffuse, celle des géants qui n’effraient plus grand-monde.

Un week-end sous haute pression

Entre les ambitions contrariées de Manchester City en Women’s Champions League, la gestion minutieuse des retours de blessure en Premier League, le grand retour de la CAN tous les deux ans et la crise identitaire de la Corée du Sud autour de Son Heung-min, le football ne laisse aucun espace vide.

Les matches arrivent, les conférences s’alignent, les décisions de calendrier redessinent des saisons entières. La pelouse, elle, n’attend personne.