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Ash Gardner : Entre tempête personnelle et performances brillantes

Ash Gardner n’a pas fui. Ni les balles rapides, ni les questions. À quelques jours du coup d’envoi de la nouvelle saison de WBBL avec les Sydney Sixers, la vice-capitaine de l’Australie a choisi de regarder en face le tumulte qui a bousculé sa vie privée ces derniers mois.

Au cœur de la tourmente : un post Instagram de Monica Wright, son épouse alors en instance de séparation, en juillet. Elle y accusait Gardner d’avoir entretenu une liaison avec sa coéquipière Georgia Voll. Depuis, Gardner et Voll assument une relation. L’histoire a quitté le vestiaire pour s’étaler au grand jour, bien loin des terrains.

Lundi, à North Sydney, la capitaine des Sixers a mis des mots sur ces semaines à la fois lourdes et intenses. Sans détour.

« Le cricket a été une échappatoire fantastique… une sorte de lumière », a-t-elle confié.

Une phrase simple, mais qui résume tout. Quand le privé explose, elle s’est raccrochée à ce qu’elle connaît le mieux : une batte, un ballon, un vestiaire.

Vie privée secouée, performances étincelantes

Le contraste est saisissant. En dehors du terrain, Gardner a traversé une période qu’elle décrit elle-même comme « difficile ». L’exposition soudaine, les commentaires, la vie intime transformée en sujet public. « Oui, c’est ma vie privée, mais ces choses-là deviennent une affaire publique », a-t-elle reconnu.

Sur le terrain, en revanche, elle marche sur l’eau.

Depuis le début du mois de juillet, l’Australienne a empilé les titres et les performances. Un nouveau sacre en Coupe du monde T20 avec l’Australie. Un rôle de capitaine victorieux avec les Trent Rockets dans le Hundred au Royaume-Uni. Des prestations majeures en séries limitées contre le Bangladesh puis la Nouvelle-Zélande.

Le dernier exemple en date ? Un T20 face à la Nouvelle-Zélande la semaine passée : 84 runs sur 45 balles, 2 wickets pour 17 runs. Match dominé, trophée de meilleure joueuse en poche. Quand la pression monte, Gardner ne se cache pas, elle prend le match à bras-le-corps.

Se recentrer sur l’équipe pour tenir le cap

Dans son discours, une idée revient sans cesse : l’équipe comme boussole. « J’essaie toujours d’être la meilleure coéquipière possible, peu importe le maillot que je porte », a-t-elle expliqué. Capitaine des Rockets, leader des Sixers, vice-capitaine de l’Australie : son rôle l’oblige à regarder au-delà de sa propre situation.

« Avoir pu capitaine plusieurs équipes pendant cette période m’a ramenée à l’essentiel : me concentrer aussi sur les autres », dit-elle. Quand la vie privée vacille, se focaliser sur les besoins du groupe devient presque un refuge. Elle le sait : sa présence, son attitude, ses performances envoient un message. « Être capable de me présenter pour mes coéquipières et les clubs que je représente, c’est le plus important. J’espère que mes performances le montrent. »

Ce n’est pas une posture. C’est une ligne de conduite. Elle l’admet sans fard : certains jours, la frontière entre le terrain et le reste devenait floue. « Il y a eu des jours où c’était dur », concède-t-elle. Mais le métier impose une exigence : « À la fin de la journée, jouer au cricket, c’est mon travail. La vie continue. Il fallait que je mette toute mon attention sur ce qu’on attendait de moi, et c’est le cricket. »

Le vestiaire comme filet de sécurité

Dans ce contexte, le vestiaire a joué son rôle de filet de sécurité. Gardner insiste sur ce cercle rapproché qui l’a entourée au plus fort de la tempête. « J’ai eu des personnes fantastiques autour de moi, là quand j’en avais besoin. Le cricket a été précieux pour ça, parce que je sais que les gens autour de moi me soutiennent. Ils savent qui je suis. »

Les coéquipières ne sont plus seulement des partenaires de jeu, mais des repères. « Avoir de très bonnes relations avec mes coéquipières, c’était crucial, parce qu’elles sont là pour les bons jours comme pour les mauvais », explique-t-elle. Au fil de sa carrière, Gardner dit avoir « fait de fantastiques amies » et reconnaît s’être appuyée sur elles dans les moments les plus lourds.

Statut préservé, responsabilités intactes

Malgré le vacarme médiatique, son statut en sélection n’a pas bougé. Gardner a conservé le vice-capitanat de l’équipe d’Australie. Un signal fort de la part du staff et de la fédération, qui l’installent plus que jamais comme pilier du projet national. En parallèle, elle s’apprête à reprendre les commandes des Sydney Sixers pour une nouvelle campagne de WBBL.

Le décor est posé. La saison s’ouvrira jeudi avec un double header au Junction Oval, à Melbourne : les Melbourne Renegades face aux Sydney Thunder, puis les Melbourne Stars contre les Hobart Hurricanes, tenants du titre. Les Sixers entreront en scène vendredi, face au Brisbane Heat.

Pour Gardner, ce sera plus qu’un simple match d’ouverture. Ce sera la suite logique d’un été où sa vie a été disséquée, mais où son cricket n’a jamais autant parlé. La question n’est plus de savoir si la tourmente l’a affectée. Elle l’a dit, clairement. La vraie interrogation, désormais, est ailleurs : jusqu’où peut-elle emmener les Sixers et l’Australie si elle continue à transformer chaque épreuve personnelle en carburant sur le terrain ?