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Angleterre : priorité au WPL avant le Sri Lanka et la Champions Trophy

L’Angleterre a tranché. À l’aube d’un début d’année 2027 surchargé, la fédération a décidé de laisser ses cadres choisir l’Inde plutôt que le Sri Lanka si le calendrier se tend. Nat Sciver-Brunt et plusieurs internationales majeures pourront manquer la série de T20I au Sri Lanka pour aller au bout de leurs engagements en Women’s Premier League.

Sri Lanka Cricket a officialisé mercredi le programme de la tournée : trois T20I à Pallekele du 1er au 5 février, véritable rampe de lancement vers la première Women’s T20 Champions Trophy, programmée en Inde du 14 au 28 février. Puis, retour sur l’île pour trois ODI à Dambulla du 4 au 8 mars.

Entre ces deux blocs, un autre géant s’impose : le WPL, prévu du 14 janvier au 7 février. Et c’est là que l’ECB a choisi sa ligne. Les joueuses anglaises engagées dans la ligue indienne pourront rester avec leurs franchises jusqu’au bout, même si cela empiète sur la série de T20I au Sri Lanka. Un choix assumé : les matches à élimination directe en Inde, dans des conditions proches de celles de la Champions Trophy, sont vus comme un laboratoire idéal avant le grand rendez-vous de février.

Le WPL comme terrain d’élite

Le message est clair : les rencontres à haute pression du WPL valent, aux yeux de l’encadrement anglais, autant qu’une série bilatérale de préparation. Nat Sciver-Brunt, capitaine et pièce maîtresse, est déjà retenue par Mumbai Indians. Lauren Bell reste à Royal Challengers Bengaluru, Sophie Ecclestone à UP Warriorz. Trois piliers, trois joueuses clefs pour 2027, déjà verrouillées par leurs franchises.

Le marché reste pourtant étonnamment calme côté anglais. Seules Sophia Dunkley et Kira Chathli se sont inscrites à l’enchère de la semaine prochaine. La plupart des internationales ont choisi une autre voie : privilégier la série au Sri Lanka, sécuriser du temps de jeu en conditions asiatiques avec le maillot national plutôt qu’avec une franchise.

Pour l’instant, aucune joueuse sri-lankaise n’est directement touchée par ce chevauchement de dates. Mais le dossier reste ouvert : la capitaine Chamari Athapaththu et Mithali Ayodhya figurent bien sur la liste de l’enchère prévue le 28 octobre. Si elles sont choisies et que leurs équipes vont loin, le Sri Lanka pourrait à son tour devoir composer avec des absences de poids.

Une politique déjà testée

Ce n’est pas un virage brutal, plutôt la poursuite d’une ligne déjà expérimentée. L’ECB avait déjà laissé filer certaines de ses stars pour le WPL 2024, quitte à fragiliser une série en Nouvelle-Zélande. Sophie Ecclestone, Nat Sciver-Brunt, Alice Capsey et Danni Wyatt-Hodge avaient rejoint le groupe anglais avec retard, après avoir disputé l’édition 2024 en Inde.

Le précédent a visiblement convaincu les décideurs. Dans un calendrier international saturé, l’Angleterre choisit de s’appuyer sur la puissance financière, médiatique et sportive du WPL pour aiguiser ses joueuses. Quitte à rendre ses sélections plus mouvantes sur certaines tournées bilatérales.

Une Champions Trophy délocalisée et avancée

La Champions Trophy féminine, elle aussi, raconte ce glissement du centre de gravité vers l’Inde. Le tournoi devait initialement se tenir au Sri Lanka en juin-juillet 2027. L’ICC a finalement avancé les dates à février, avant de retirer les droits d’organisation au Sri Lanka en raison d’ingérences gouvernementales dans la gestion de son cricket. Direction l’Inde, encore.

Ce déplacement change tout pour l’Angleterre. Les T20I à Pallekele deviennent un sas de préparation, mais le vrai terrain d’acclimatation, ce seront les terrains indiens, que ce soit en WPL ou lors de la Champions Trophy elle-même. Le choix de laisser les cadres prolonger leur séjour en franchise s’inscrit parfaitement dans cette logique.

Virage rouge : l’obsession du Test

Pendant que les formats courts monopolisent l’agenda, l’Angleterre prépare aussi une autre bataille : le retour au très haut niveau en Test. Un camp d’entraînement en rouge est prévu en Inde en janvier. La sélection pour ce stage sera arrêtée dans les prochaines semaines.

Cette décision s’inscrit dans le prolongement du constat sans concession dressé par la sélectionneuse Charlotte Edwards à la fin de l’été anglais. Son équipe s’est fait écraser par l’Inde de 270 runs à Lord’s en juillet. Une claque. Et l’Ashes se profile au milieu de l’année prochaine.

Edwards avait alors prévenu : la priorité basculerait vers le format long entre décembre et février, avec la possibilité de soustraire certaines joueuses au cricket de comté pour des confrontations « best v best » en interne. Le camp de janvier en Inde sera le premier test concret de cette nouvelle exigence.

Un début 2027 sous haute tension

Le calendrier est posé, la stratégie aussi. T20I à Pallekele les 1er, 3 et 5 février, Champions Trophy en Inde du 14 au 28, ODI à Dambulla les 4, 6 et 8 mars, le tout encadré par le WPL et un camp rouge en Inde.

Entre fidélité au maillot, appels des franchises et reconquête du prestige en Test, les internationales anglaises vont devoir jongler avec des priorités parfois contradictoires. L’ECB, lui, a déjà fait un choix fort : s’appuyer sur la plus grande scène de franchise du monde pour arriver affûté en Champions Trophy.

Reste une question brûlante : cette ouverture vers le WPL renforcera-t-elle vraiment l’Angleterre sur tous les fronts, ou finira-t-elle par laisser des traces dans la cohésion et la continuité de son équipe nationale ?