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Sam Konstas brille au WACA pendant que l’Australie lutte en Afrique du Sud

Au WACA, sous un soleil de plomb et sur un terrain qui ne pardonne rien aux hésitants, un jeune ouvreur a décidé de jouer sans complexe. Sam Konstas, 21 ans, ancien opener de Test, a transformé une bonne position en démonstration d’autorité : 151* sur 167 balles, 15 frontières, 4 sixes, et une Western Australia asphyxiée en Sheffield Shield.

La veille, il avait déjà donné le ton avec 71 points en première manche. Ce samedi, il a simplement enlevé le frein à main. New South Wales, en quête de temps et de pression, a choisi la voie agressive : 5-262 déclarés, laissant à WA un objectif de 364 à poursuivre. À la clôture, le tableau d’affichage disait tout : 3-30, les locaux déjà au bord du gouffre.

Konstas frappe fort, Warner s’en mêle

Ce n’est pas seulement le volume de runs de Konstas qui frappe, mais la manière. Il a accéléré au troisième jour comme un batteur qui sait exactement où il veut aller : frapper fort, frapper juste, et dicter le tempo. Les limites sont tombées partout sur le carré, les bowlers de WA se sont épuisés à chercher une zone de confort qui n’est jamais venue.

La performance n’est pas passée inaperçue. David Warner, l’un des grands noms de l’histoire récente de l’Australie, a salué la forme de Konstas sur X, allant jusqu’à affirmer qu’il le voit déjà au poste de numéro 3 en Test. Un commentaire lourd de sens dans un contexte où la ligne supérieure australienne tangue de nouveau.

Warner n’a pas précisé quel batteur il écarterait pour faire de la place au jeune droitier. Il n’en avait pas besoin. Le sous-texte est évident : quand un joueur de 21 ans domine ainsi au WACA, pendant que les cadres de la sélection nationale se font malmener à des milliers de kilomètres de là, la discussion s’impose d’elle-même.

En Afrique du Sud, la réalité est plus brutale

Pendant que Konstas empilait les runs, l’actualité du haut niveau offrait un contraste saisissant. En Afrique du Sud, la top-order australienne vivait un autre cauchemar face à Kagiso Rabada et Marco Jansen. Une session entière transformée en supplice : balles qui montent, lignes serrées, défenses fissurées.

Alex Carey, habituellement l’un des plus combatifs du groupe, a cédé à une tentation fatale. Jansen l’a attiré avec une balle parfaitement posée juste à l’extérieur du off-stump. Carey a poussé la batte, l’extérieur s’est manifesté, et il est reparti pour un duck. Deux wickets dans la même over pour le grand gaucher, et un tableau sans appel : 6-65 après 30 overs.

Steve Smith, lui, s’accroche. Dernier pilier debout, mais pas indemne. Gêné par un problème à la nuque, il a dû faire appel au physio après avoir frôlé l’erreur fatale : un edge forcé par Rabada, la balle tombant juste devant le deuxième slip. Un souffle. Un avertissement. L’Australie, 4-61 à ce moment-là, tenait encore par un fil.

À ses côtés, Matt Renshaw. Les deux batteurs les plus en forme du pays, diront certains, ont résisté, gratté, bloqué. Plus de 60 balles passées ensemble, mais le score restait bloqué. Wiaan Mulder et Simon Harmer ont verrouillé les lignes, Rickelton est monté aux stumps pour forcer les Australiens à rester dans leur crease. 4-58 après 25 overs, une statistique qui raconte surtout l’étau sud-africain.

Rabada, Jansen, et une histoire de follow-on

La pression ne s’est jamais relâchée. Rabada est revenu, a repris le couloir du doute et a de nouveau fait jouer Smith à côté de la ligne. Les fausses touches se sont multipliées, chaque over ressemblant à une épreuve de survie. À environ quinze minutes du lunch, prévu à 21h AEDT, le duo Rabada–Jansen pilonnait Smith et Renshaw, balle après balle. Le moment sentait la bascule.

En toile de fond, une statistique plane comme une menace : depuis 2000, l’Australie n’a été contrainte au follow-on qu’à deux reprises. Nottingham, Ashes 2005. Sydney, janvier 2019 face à l’Inde. À Trent Bridge, Ricky Ponting et ses hommes avaient réussi à arracher une avance et à entrevoir une victoire improbable avant qu’Ashley Giles ne ferme la porte. À l’SCG, le scénario ressemblait davantage à l’actuel : un gros total adverse, la pluie comme invitée, et un nul comme échappatoire.

Ici, l’Australie n’a pour l’instant ni la météo, ni le scoreboard de son côté. Les Proteas ont lancé un message clair : ils veulent finir le travail.

Coup dur pour l’Afrique du Sud, mais la main reste ferme

Seul bémol pour les locaux : la sortie d’Anrich Nortje, victime d’un problème à la cuisse droite ou à l’adducteur. Le speedster a dû interrompre son quatrième over en plein milieu, grimace au visage, avant de quitter le terrain. Harmer a terminé l’over, mais la perte de Nortje pourrait peser si le match s’étire.

Pour l’instant, elle ne change rien à l’essentiel. L’Afrique du Sud a trouvé un rythme, une discipline, et une agressivité qui ont mis l’Australie à genoux. Les bowlers enchaînent, les fielders ne lâchent rien, et chaque run semble arraché.

Pendant ce temps, au WACA, Sam Konstas quitte le terrain invaincu, 151* au compteur, laissant derrière lui une Western Australia sonnée et une cible de 364 qui ressemble à une montagne. À des milliers de kilomètres, l’Australie vacille face à Rabada et Jansen.

Deux terrains, deux histoires, une même question : combien de temps encore la sélection pourra-t-elle ignorer un jeune batteur qui, lui, ne tremble pas ?