Paul George brille à Boston mais Detroit l'emporte
Paul George n’a pas mis longtemps à annoncer la couleur. Nouveau visage des Boston Celtics, l’ancien ailier des Philadelphia 76ers a signé un premier match majuscule mardi à Detroit. Une démonstration individuelle, un message envoyé à toute la ligue… et un revers collectif pour rappeler que rien ne serait simple.
Une entrée en scène à la hauteur du pedigree
En 31 minutes, Paul George a déroulé tout son arsenal. 38 points, à 12/21 au tir. Sept tirs primés convertis sur douze tentatives. Sept lancers-francs réussis sur huit. Cinq rebonds. Cinq interceptions. Une ligne statistique de franchise player, sans temps d’adaptation apparent.
Après une fin de parcours compliquée à Philadelphia, certains se demandaient quel Paul George Boston allait récupérer. La réponse est tombée très vite. Dès l’après-midi à Detroit, l’ailier a pris feu derrière l’arc, a porté l’attaque, a dicté le tempo offensif des Celtics. Chaque tir longue distance semblait ramener un peu plus l’idée qu’il reste un joueur de calibre All-Star dans une équipe qui vise le très haut.
Mais ce récital n’a pas suffi.
Les Detroit Pistons, longtemps sous pression, ont fini par retourner le match. Boston a cédé dans le money time et s’est incliné 121-113, laissant George quitter le parquet avec une performance de star… mais une défaite pour lancer son aventure verte.
Un bond dans l’histoire à trois points
Au-delà du score, la soirée a aussi marqué un tournant dans les livres de records. En lançant douze tirs à trois points, Paul George n’a pas seulement alimenté le tableau d’affichage. Il a grimpé dans la hiérarchie historique de la NBA.
Sur son deuxième tir primé de la rencontre, l’ailier a dépassé Kyle Korver au classement des meilleurs marqueurs à trois points de tous les temps. L’ancien spécialiste de la longue distance, ex-joueur des Sixers, occupait la huitième place avant le coup d’envoi. Il savait que la menace approchait. Elle l’a finalement doublé à Detroit.
George est désormais lancé à la poursuite de la septième place, détenue par Reggie Miller, autre monument du tir extérieur. Une chasse symbolique, mais révélatrice : à 34 ans, l’ailier ne se contente pas de prolonger sa carrière, il continue de réécrire des lignes d’histoire.
Kyle Korver, le maître dépassé
Voir Kyle Korver reculer d’un rang, c’est mesurer la longévité et la précision du shooteur passé par Philadelphia. Arrivé chez les Sixers en 2003, choisi au deuxième tour, il s’est construit patiemment une réputation de sniper d’élite.
De 2003 à 2007, il fait de la ligne à trois points son territoire à Philadelphie. Puis le voyage commence : Utah Jazz en 2007, Chicago Bulls, puis une longue parenthèse avec les Atlanta Hawks à partir de 2012, où son rôle de spécialiste du tir extérieur prend toute sa dimension dans une équipe structurée autour du spacing. En 2017, il rejoint les Cleveland Cavaliers, accompagne une équipe taillée pour le titre, avant un second passage au Jazz en 2018 et une dernière étape avec les Milwaukee Bucks en 2019-2020.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 9,7 points de moyenne en carrière, 42,9 % de réussite à trois points, 2 540 tirs primés inscrits. Une œuvre construite sur la précision, la discipline et le mouvement sans ballon. C’est cette somme de tirs que Paul George vient de dépasser, dans un autre style, plus complet, plus créateur, mais avec la même obsession de punir de loin.
Une soirée contrastée pour Boston
Pour Boston, ce match à Detroit restera comme un paradoxe. D’un côté, la confirmation éclatante que Paul George peut immédiatement s’imposer comme une arme offensive majeure, capable de prendre feu et de peser des deux côtés du parquet. Ses cinq interceptions rappellent qu’il ne se contente pas de scorer.
De l’autre, la réalité crue du tableau d’affichage : 121-113 pour les Pistons. Une défense trop permissive par séquences, une incapacité à tuer le match malgré la main chaude de leur nouvelle star, et un comeback encaissé qui ternit la première de George sous le maillot vert.
Boston a vu ce qu’il pouvait attendre de son renfort. La question, désormais, n’est plus de savoir si Paul George peut encore jouer au niveau All-Star. Il vient d’y répondre. La vraie interrogation se déplace ailleurs : jusqu’où cette version des Celtics pourra-t-elle aller si une telle prestation individuelle ne suffit même pas à faire plier Detroit en octobre ?




