Zinedine Zidane prend la tête des Bleus : un retour attendu
On l’annonçait depuis des années. On le murmurait dans les couloirs de la Fédération, dans les vestiaires, sur les plateaux télé. Cette fois, c’est fait : Zinedine Zidane est le nouveau sélectionneur de l’équipe de France. Il succède à Didier Deschamps, son ancien capitaine en Bleu, après quatorze ans d’un règne qui a façonné une génération entière.
Le mythe revient aux commandes de sa sélection, cinq ans après avoir quitté les bancs de touche.
La fin de l’ère Deschamps, le début de l’ère Zidane
Didier Deschamps laisse derrière lui un héritage massif : une Coupe du monde 2018, une image restaurée après les années de crise, une équipe installée au sommet du football mondial. Quatorze ans à tenir la barre, à travers les tempêtes et les triomphes.
Philippe Diallo, président de la Fédération française de football, l’a rappelé au moment d’officialiser le passage de témoin : cela faisait quatorze ans que la FFF n’avait pas eu à nommer un nouveau sélectionneur. Un moment rare, presque historique. Deschamps sort par la grande porte, Zidane entre sous les projecteurs.
L’annonce est tombée via le compte officiel de l’Equipe de France sur X, dans une sobriété qui contrastait avec l’ampleur de l’événement : Zinedine Zidane, nouveau sélectionneur de l’équipe de France. Quelques mots pour acter un basculement d’époque.
Un retour attendu, assumé, désiré
Zidane n’avait plus entraîné depuis 2021 et son départ du Real Madrid. Cinq ans loin des terrains, des conférences de presse sous tension, des nuits européennes. Cinq ans… mais sans jamais vraiment disparaître. Son nom revenait à chaque grand poste vacant. Il a pourtant résisté.
Lors de sa présentation officielle, mardi matin, il a levé le voile sur cette longue attente. Il a reconnu avoir refusé plusieurs offres durant cette parenthèse, justement pour attendre ce poste-là, et aucun autre. La France ou rien.
Il a parlé de « grande fierté ». De « joie ». De « responsabilité ». Des mots simples, pesés, prononcés sans emphase inutile. Pour lui, il n’y a « rien de plus grand » que l’équipe de France. Il l’a dit souvent, il l’a répété. Cette fois, il en prend les commandes.
Il a tenu à remercier Philippe Diallo, le comité exécutif, la Fédération, mais aussi Deschamps et son staff pour quatorze années de service. Et au-delà, il a eu « une pensée particulière » pour tous les entraîneurs qui ont jalonné sa trajectoire, des équipes de jeunes jusqu’au sommet.
Un enfant des Bleus qui revient au sommet
Zidane a rappelé son propre chemin : les sélections de jeunes, les étapes franchies une à une, jusqu’à l’équipe A, jusqu’au sommet du monde en 1998. Il connaît la maison Bleue de l’intérieur, de l’adolescent prometteur au Ballon d’Or, du joueur emblématique au sélectionneur attendu.
Son discours ne laissait aucun doute sur ses intentions : il vient avec « de grandes ambitions » pour l’équipe de France. Il veut voir cette équipe « continuer à gagner ». Il sait ce qu’implique ce poste, ce qu’il représente pour un pays, pour une génération de joueurs qui l’ont grandi en idole.
Le contraste est frappant : lui qui a tout gagné en club avec le Real Madrid, lui qui a levé trois Ligues des champions consécutives, deux titres de Liga, deux Supercoupes d’Europe, deux Coupes du monde des clubs, revient sur le devant de la scène internationale avec un seul objectif : prolonger l’histoire victorieuse des Bleus.
Un palmarès de légende, une attente immense
Zidane arrive à la tête de la sélection avec une aura rare. Peu de techniciens peuvent se présenter devant un vestiaire en ayant déjà conquis ce qu’il a conquis sur le banc et sur le terrain. Champion du monde 1998, Ballon d’Or la même année, icône absolue en France et respecté dans toutes les grandes capitales du football.
Son absence de cinq ans du très haut niveau n’efface rien. Elle intrigue, bien sûr. Elle nourrit les débats. Mais elle ne diminue ni sa stature ni les attentes. Il est perçu, malgré cette parenthèse, comme l’un des meilleurs entraîneurs du monde.
La pression sera immédiate. Son mandat commencera avec en ligne de mire l’Euro 2028, organisé au Royaume-Uni et en Irlande. Il aura le temps de bâtir, d’imprimer sa patte, de faire des choix forts. Mais il n’aura pas le droit au temps mort : l’équipe de France sort d’une demi-finale de Coupe du monde, elle n’est pas en reconstruction totale, elle vise toujours très haut.
Un défi à la hauteur du personnage
Zidane l’a dit clairement : ce poste le « motive ». Il se dit « prêt pour le défi ». Il ne s’agit pas pour lui d’un simple retour au travail, mais de l’aboutissement d’une attente. « La seule chose que je voulais faire après mon expérience au Real Madrid, c’était diriger la France », a-t-il confié. Tout est dit.
Il sait que chaque liste, chaque choix tactique, chaque résultat sera disséqué. Il sait aussi qu’il prend la suite d’un sélectionneur qui a ramené la Coupe du monde et replacé les Bleus au sommet. La marche est haute. Mais c’est précisément ce genre de sommet qui a toujours nourri sa carrière.
Zidane revient là où tout a commencé, dans ce maillot bleu qu’il a porté jusqu’à l’ivresse de 1998. Cette fois, il ne sera plus sur la pelouse. Il sera sur le banc, à orchestrer une nouvelle génération, à tenter de la mener vers d’autres nuits de légende.
La France a tourné la page Deschamps. Elle ouvre celle de Zidane. Reste une question, simple, brutale, excitante : jusqu’où peut-il encore emmener les Bleus ?



