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Yves Bissouma proche de l’Ajax : talent ou risque ?

Yves Bissouma n’a pas encore signé à l’Ajax que son nom fait déjà du bruit de l’autre côté de la Manche. Le milieu malien, en fin de contrat avec Tottenham Hotspur après quatre ans à Londres, est annoncé tout proche d’un transfert à Amsterdam. Et les médias britanniques ne parlent pas seulement de football.

Un talent reconnu, une image abîmée

Sur le terrain, personne ne conteste vraiment ses qualités. Les observateurs anglais s’accordent sur le fait que Bissouma possède le niveau pour s’imposer dans un grand club européen. Mais ce n’est pas ce qui occupe l’essentiel des colonnes ces derniers jours.

Ce qui revient, ce sont les histoires. Les retards répétés. Les sanctions internes. Les écarts loin des pelouses. Le journaliste Jack Johnson, de talkSPORT, résume le sentiment général : le non-renouvellement de son contrat à Spurs n’a surpris personne. Selon lui, la décision ne s’explique pas uniquement par la blessure au genou qui a marqué sa dernière saison. Les « divers problèmes en dehors du terrain » ont pesé lourd.

Johnson rappelle qu’après plusieurs arrivées tardives, l’entraîneur de l’époque, Thomas Frank, l’avait écarté du groupe pour « manque de discipline ». Un signal fort, dans un vestiaire de Premier League où la marge d’erreur est réduite.

Le spectre du protoxyde d’azote

L’affaire ne s’est pas arrêtée là. talkSPORT souligne que cet épisode disciplinaire est directement lié à une vidéo publiée par Bissouma sur les réseaux sociaux, où on le voit consommer du protoxyde d’azote. Une image qui a fait le tour des rédactions anglaises.

Même après sa suspension, l’histoire a rebondi : le milieu aurait été filmé une seconde fois, toujours en train d’utiliser un ballon de protoxyde d’azote. De quoi installer durablement le doute autour de son comportement, malgré son potentiel sportif évident.

Le Mirror apporte un éclairage plus intime. Le quotidien rappelle que Bissouma a expliqué plus tard avoir été profondément marqué par un cambriolage à son domicile. Selon ses propres mots, cet épisode traumatisant aurait déclenché angoisses, crises de panique, dépression et paranoïa. C’est dans ce contexte, dit-il, qu’il serait entré en contact avec le protoxyde d’azote.

Les avertissements pour l’Ajax

Malgré ces explications, la presse britannique reste méfiante. Pour elle, l’Ajax prend un risque calculé, mais un risque tout de même. The Sun va droit au but : le club d’Amsterdam devra surveiller Bissouma « de beaucoup plus près » que ses anciens employeurs, afin d’éviter un scénario similaire à celui vécu en Angleterre.

Le message est clair : le talent ne suffit pas, il faudra un cadre strict et une vigilance constante. L’Ajax, en pleine reconstruction sportive et institutionnelle, sait qu’il ne peut pas se permettre une nouvelle affaire extra-sportive majeure.

Scepticisme aux Pays-Bas

Les réserves ne viennent pas seulement d’Angleterre. Aux Pays-Bas aussi, certaines voix s’élèvent. Lundi soir, dans l’émission Vandaag Inside, Valentijn Driessen n’a pas mâché ses mots. Le journaliste s’est montré très critique à propos de l’arrivée annoncée du Malien. Selon lui, Bissouma est « un Malien qui est plus intéressé par le protoxyde d’azote que par la présence à l’entraînement ». Il insiste sur le caractère récréatif de cette consommation, jugée d’autant plus problématique pour un footballeur professionnel.

Driessen rappelle au passage que Jordi Cruyff n’avait pas souhaité recruter Noa Lang, jugé trop compliqué à gérer. Et il s’interroge : si l’Ajax ouvre la porte à Bissouma dans ce contexte, n’est-ce pas accepter d’emblée d’importer des ennuis dans le vestiaire ?

Un pari sous haute surveillance

Sur le plan administratif, tout est presque bouclé. Bissouma se trouverait déjà à Amsterdam pour passer sa visite médicale. Une fois ce dernier feu vert obtenu, il doit signer un contrat jusqu’à la mi-2027, avec une option pour une année supplémentaire.

L’Ajax s’apprête donc à accueillir un milieu de terrain capable de changer le rythme d’un match, de casser des lignes, de donner une nouvelle dimension à son entrejeu. Mais avec lui, le club néerlandais récupère aussi un dossier lourd, scruté de près par les tabloïds anglais et commenté sans filtre par les consultants.

Reste une question, simple et brutale : à Amsterdam, Yves Bissouma deviendra-t-il enfin le joueur que son talent promet, ou restera-t-il le pari permanent que tout le monde surveille du coin de l’œil ?