Xavi secoue les Pays-Bas : Memphis Depay écarté
Le mandat de Xavi à la tête de la sélection néerlandaise commence avec un coup de tonnerre. Memphis Depay, en chasse du record de buts de l’histoire de l’Oranje, ne figure pas dans la première liste du nouveau sélectionneur. Pas blessé, pas suspendu. Simplement jugé insuffisamment prêt.
L’attaquant, en quête de son premier but au Brésil avec Corinthians, paie de plein fouet les critères affichés par Xavi : forme du moment et rythme en club avant tout, passé et statut ensuite. Un message brutal, mais limpide. La rupture avec l’ère Ronald Koeman est consommée : plus aucun totem, plus aucun intouchable.
Les anciens balayés, les blessés à l’arrêt
Memphis n’est pas le seul cadre à faire les frais de ce virage. Marten de Roon et Wout Weghorst restent eux aussi à la maison. Des choix forts, assumés, qui dessinent un vestiaire en recomposition.
Le contexte médical n’aide pas. Frenkie de Jong est toujours sur le flanc, rattrapé par le problème au genou contracté lors de la Coupe du monde. La première réunion entre le milieu et son ancien coach du Barça est donc reportée. Mats Wieffer manque également à l’appel pour blessure, tandis que la trajectoire internationale de Stefan de Vrij semble s’essouffler depuis son départ vers la Grèce.
Une bonne nouvelle tout de même : le retour de Jurrien Timber. Longuement éloigné des terrains, privé notamment de Mondial par une grave blessure au genou, le défenseur réapparaît enfin dans le groupe. Un renfort majeur pour une ligne arrière en pleine redéfinition.
La jeunesse en vitrine
Le contraste est frappant : là où les vétérans disparaissent, les jeunes percent la porte. Xavi n’a pas hésité à récompenser les débuts tonitruants de Ruben van Bommel avec le PSV Eindhoven. Le fils de Mark van Bommel revient lui aussi d’une rupture des ligaments croisés, mais sa réponse sur le terrain est éclatante : deux buts et deux passes décisives déjà en championnat.
Même dynamique pour Gjivai Zechiel. Installé comme titulaire à Feyenoord, le milieu technique a ajouté une dimension tranchante à son jeu. Cinq buts cette saison, pour un joueur censé organiser plutôt que finir. Difficile de l’ignorer dans un contexte où Xavi réclame volume, créativité et efficacité.
Joey Veerman, du bannissement à la réhabilitation
Parmi les dossiers les plus sensibles, celui de Joey Veerman symbolise parfaitement la page qui se tourne. Le milieu de Borussia Dortmund était devenu persona non grata sous Ronald Koeman, plombé par une prestation ratée contre l’Autriche à l’Euro 2024 et par une polémique publique sur son profil tactique.
Le décor a changé. Nouveau club, nouvelle dynamique, nouveau sélectionneur. Xavi a décidé de lui rouvrir la porte. À 27 ans, le meneur de jeu obtient une seconde chance au plus haut niveau. Sa capacité à casser des lignes depuis la base du jeu colle à l’exigence du technicien espagnol, qui réclame une maîtrise technique élevée dans l’axe. Si Veerman répond présent, il peut redevenir une pièce maîtresse dans ce registre.
Van Dijk reste, la défense se recompose
Un autre dossier brûlant a été réglé en coulisses : celui de Virgil van Dijk. Le capitaine avait laissé planer le doute sur son avenir international après l’élimination face au Maroc en Coupe du monde. Les discussions privées avec Xavi en août ont tout clarifié. Le défenseur de Liverpool continue, et il garde le brassard.
Van Dijk demeure le pilier d’une défense où montent en puissance Micky van de Ven et Jan Paul van Hecke, tous deux installés en Premier League. Autour de ce noyau, Xavi façonne une ligne arrière mêlant expérience, vitesse et agressivité.
Sur un autre terrain sensible, celui des joueurs partis au Moyen-Orient, le sélectionneur a opté pour le pragmatisme. Tijjani Reijnders et Crysencio Summerville, malgré leurs récents transferts vers la Saudi Pro League, conservent leur place. Preuve que, pour Xavi, la question n’est pas tant le championnat que le niveau affiché semaine après semaine.
Un sélectionneur iconique, des cadres écartés, des jeunes propulsés, un capitaine confirmé : la révolution orange est lancée. Reste à voir si cette ligne dure, où la forme prime sur la réputation, tiendra quand les premiers résultats commenceront à juger Xavi à leur tour.




