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Mauricio Pochettino et la sélection américaine : un tournant décisif

Les prochains jours vont lever le voile sur le vrai projet de Mauricio Pochettino avec la sélection américaine. Quatre matches, deux continents, et très peu de marge pour se cacher. Pérou et Chili en amical fin septembre, puis Mexico et Canada début octobre : un bloc exigeant qui dira où en est réellement cette équipe des États-Unis en pleine mue sous la direction de l’Argentin.

Et déjà, le décor change.

Pepi forfait, Downs propulsé

Ricardo Pepi devait être l’un des points d’ancrage offensifs de cette fenêtre internationale. L’attaquant du PSV Eindhoven a pourtant dû déclarer forfait, touché et remplacé lors de la défaite 3-2 de son club face au FC Twente. Coup dur pour lui, opportunité immédiate pour un autre.

Pochettino a choisi d’appeler Damion Downs, 22 ans, actuellement prêté à St. Louis City SC par Southampton. Un nom encore discret au plus haut niveau international, mais un dossier qui grossit doucement, match après match, moment fort après moment fort.

Binationale États-Unis–Allemagne, Downs s’est déjà invité dans les instants décisifs. Lors de la Gold Cup 2025 de la Concacaf, il a transformé le tir au but victorieux lors du quart de finale face au Costa Rica, envoyant les États-Unis vers une campagne qui les mènera jusqu’en finale. Un geste de sang-froid qui reste dans les mémoires du vestiaire.

Son parcours en club parle aussi pour lui. Avec le FC Köln, il a contribué à la remontée en Bundesliga lors de la saison 2024-25 : 10 buts, 5 passes décisives en deuxième division allemande, une vraie empreinte sur la saison. De retour en Major League Soccer avec St. Louis City, il retrouve un environnement familier au moment où la sélection s’apprête à affronter le Chili à Energizer Park. Terrain connu, enjeu nouveau.

Pochettino élargit le cercle

Depuis presque dix ans, les États-Unis s’appuient sur un noyau réduit de cadres. Une base solide, mais parfois figée. Pochettino veut casser ce confort. Il veut de la concurrence partout, des débats à chaque poste, des statuts remis en jeu.

L’absence de Pepi ouvre une brèche pour un profil comme Downs. Et cette fenêtre de quatre matches sert exactement à cela : tester, comparer, bousculer la hiérarchie. Les résultats comptent, bien sûr, mais la mission va plus loin. Il s’agit de trouver des joueurs fiables au-delà du onze type, des éléments capables de répondre présents quand la pression monte et que les blessures s’enchaînent.

Le chantier est aussi tactique. Pochettino essaie d’imprimer sa marque habituelle : une équipe plus agressive, qui presse haut, qui jaillit en transition, qui travaille sans ballon avec une intensité constante. Ce sont les principes qui ont fait sa réputation en club.

Les transposer en sélection, c’est une autre histoire. Le temps d’entraînement est limité, les joueurs arrivent de contextes différents, avec des charges physiques variées. Il faut aller vite, sans brûler les étapes.

Pérou et Chili comme laboratoire

Face au Pérou et au Chili, les États-Unis ne bénéficieront pas d’un sparring-partner complaisant. Ces adversaires ne laisseront pas le ballon sans se battre, ne se contenteront pas d’observer le projet de Pochettino de loin. Ils forceront cette équipe américaine à imposer ses idées sous pression, à tenir son plan de jeu quand le match s’emballe.

Ce sont des tests précieux avant le changement de dimension qui attend l’équipe en octobre. Car derrière ces deux premières affiches se dressent Mexico et Canada, et avec eux un tout autre niveau d’intensité émotionnelle et sportive.

Pochettino ne cherche pas seulement des victoires. Il cherche des automatismes, des circuits de passes, une identité claire qui résiste aux moments difficiles. Le bloc de quatre matches doit lui offrir une radiographie précise : qui comprend vraiment le plan ? Qui peut l’exécuter quand le rythme s’accélère ? Qui mérite de rester dans le groupe quand les grandes compétitions approcheront ?

Mexico et Canada, baromètres assumés

Les rendez-vous face au Mexico et au Canada servent de baromètre. Deux voisins, deux rivaux directs pour les titres continentaux, deux équipes qui connaissent parfaitement les forces et les faiblesses américaines.

Le 3 octobre, à State Farm Stadium, le duel face au Mexico rallumera l’une des rivalités les plus brûlantes du football de sélections. Peu importe la forme du moment ou le classement FIFA : un USA–Mexico révèle toujours quelque chose de profond. L’état d’esprit. L’organisation. Le tranchant dans les duels. La capacité à gérer les temps forts et les tempêtes.

Dans ce contexte, chaque choix de Pochettino sera scruté. L’utilisation de Downs, la redistribution des rôles en l’absence de Pepi, la manière dont la pression offensive sera orchestrée, tout alimentera le verdict sur l’avancée de son projet.

Les États-Unis entrent dans cette séquence avec des questions, des promesses et une nouvelle génération qui frappe à la porte. Dans quelques semaines, on saura si cette porte s’ouvre vraiment… ou si Pochettino doit encore tout resserrer avant les prochaines grandes échéances.