Xabi Alonso prépare Chelsea pour le choc contre Manchester United
Xabi Alonso resserre les rangs avant Manchester United
À Cobham, le temps des regrets à Anfield a été bref. À peine le voyage retour terminé, Xabi Alonso avait déjà tourné la page Liverpool. Dans son viseur, une autre affiche chargée d’histoire et de tension : Manchester United.
« Dès que nous avons quitté Liverpool, nous pensions à United », a-t-il confié. Le message est clair : retour immédiat en mode Premier League, sans état d’âme.
Un groupe secoué, mais déjà relancé
La semaine a été rude. Une défaite aux tirs au but à Anfield, des blessures qui s’accumulent, des choix forts contestés autour d’Estevao Willian. Pourtant, Alonso refuse de s’apitoyer.
Il a vu des progrès au milieu de la tempête. « J’ai vu une meilleure version de nous mercredi que samedi, même si le résultat n’a pas suivi. » Le mot d’ordre est posé : ce Chelsea-là est « en voyage », en apprentissage. Les coups reçus font partie du chemin.
Physiquement, le staff n’a eu qu’une seule vraie séance de travail avant United. C’est la loi de ce championnat. On ne choisit ni le calendrier ni le contexte. On répond présent, ou on disparaît.
Martinez, Anselmino, Lacroix : l’infirmerie dicte le tempo
Les regards se tournent vers Martinez. S’il est prêt à rejouer, ce sera probablement avec un masque de protection. Le staff médical se donne encore quelques jours, mais Alonso ne ferme pas la porte à un retour avant la trêve internationale. « Il y a une chance », glisse-t-il. Rien de garanti, mais l’option existe.
Anselmino, lui, est encore loin. Plusieurs pépins physiques ont freiné son intégration. Il lui faudra « quelques semaines » pour retrouver un niveau jugé acceptable. Maxence Lacroix s’ajoute à la liste : blessure, indisponible jusqu’après la trêve. « Il sera absent quelques semaines », admet le coach. Un coup dur, compte tenu de son importance dans la rotation défensive.
Bonne nouvelle tout de même : Caicedo va bien. « Aucun problème. Il est prêt pour demain. » Pep Chavarria est également apte, contrairement à Jorrel Hato, toujours forfait.
Estevao, frustration sous contrôle
Le nom qui revient sans cesse, c’est celui d’Estevao Willian. Sa non-utilisation à Anfield a déclenché un flot de questions. Alonso ne se dérobe pas.
Il reconnaît la frustration du Brésilien. Comment pourrait-il en être autrement ? « Tous les joueurs veulent être sur le terrain », rappelle-t-il. « S’ils ne sont pas aussi heureux qu’ils pourraient l’être, c’est ma responsabilité. » Le ton est assumé, presque protecteur.
Pas de sanction, pas de problème de comportement, insiste Alonso. « Ce n’est pas une question d’attitude, mais de contexte des matches, du début de saison. C’est un super gars. » L’entraîneur cite dans le même souffle Valentin Barco, Marco Palestra, Danny Welbeck : tous travaillent, tous attendent leur moment.
Un départ en prêt en janvier ? « Aucune discussion à ce sujet. » Le dossier est refermé net. Alonso promet du temps de jeu : « Il jouera cette saison. Il y aura des moments pour tout le monde. C’est un processus pour l’équipe, pour Este, pour moi. Nous sommes encore tôt dans la saison. » Reste à savoir quand la promesse se traduira en minutes réelles, sous la pression grandissante du calendrier.
Palmer recadré, mais indispensable
Autre sujet sensible : Cole Palmer. Son talent ne fait débat pour personne, mais sa discipline a été pointée du doigt. Alonso a eu une discussion avec lui, sans en faire un cas particulier. « Nous avons parlé du match, de ce qu’il peut améliorer, comme nous le faisons toujours. »
Sur le terrain, Palmer est attendu de retour dans le onze face à United. Sa créativité manque trop à cette équipe pour s’en priver plus longtemps. Deux autres changements sont à l’étude dans l’esprit du coach, preuve que le onze d’Anfield n’est pas gravé dans le marbre.
Respect pour United, indifférence au vacarme
Autour de Manchester United, le bruit est constant : critiques, doutes, interrogations sur le projet. Alonso, lui, refuse de s’y perdre.
« Pour moi, ça ne change rien. Nous devons nous préparer de la même manière. Nous ne contrôlons que ce que nous pouvons contrôler. » Le classement ? Accessoire. « Nous savons que c’est une bonne équipe, peu importe la table. Ils ont un bon effectif, de bons joueurs, un bon manager. »
Le mot « respect » revient encore plus fort lorsqu’il évoque Michael Carrick. « J’ai beaucoup de respect, beaucoup de sympathie pour Michael en tant qu’entraîneur. » Les deux hommes se sont croisés récemment lors d’un match de légendes, l’occasion d’échanger loin du tumulte de la Premier League. Dimanche, la courtoisie laissera place au duel.
Un Chelsea en construction, déjà face à un tournant
Alonso le sait : chaque match de championnat pèse lourd, surtout dans une période où les résultats se font attendre. Les joueurs, assure-t-il, ont déjà basculé mentalement sur la Premier League. L’exigence est totale, même si la machine n’est pas encore parfaitement réglée.
Entre blessures, gestion des jeunes talents comme Estevao, retour attendu de cadres comme Palmer, et la nécessité de transformer les « bonnes versions » entrevues en victoires concrètes, Chelsea marche sur une ligne fine.
United arrive dans ce contexte-là, au milieu d’une semaine éprouvante. Parfois, c’est précisément ce genre de rendez-vous qui révèle ce qu’une équipe a vraiment dans le ventre.




