Sean Steur à Newcastle : 27 millions sur le banc
À Newcastle, une question gronde de plus en plus fort dans les tribunes comme sur les réseaux : où est passé Sean Steur ?
Le milieu néerlandais, débarqué l’été dernier en provenance de l’Ajax pour 23,5 millions d’euros, plus bonus pouvant porter l’addition à 27 millions, regarde les matches d’un peu trop loin au goût des supporters. Sur le banc, le plus souvent. Parfois tout le match. Et cela commence sérieusement à agacer Tyneside.
Un titulaire… puis le trou noir
Le 19 septembre, face à Hull City, tout semblait pourtant lancé. Steur débute, Newcastle s’impose 2-1. Un premier pas logique pour un gros investissement, un profil taillé pour la Premier League, un club qui enchaîne les compétitions.
Puis, plus rien ou presque.
Depuis cette rencontre, le milieu n’a eu droit qu’à des entrées tardives. Des miettes. Quelques minutes pour « fermer » un match ou tenter de sauver les apparences. Souvent, il ne quitte même pas son survêtement.
Matthias Jaissle, lui, a tranché : il préfère Nico González dans son onze. Et il l’assume. Steur, malgré son statut de recrue majeure, se contente des rôles de doublure.
Everton, la frustration éclate
Jeudi, en quatrième tour de l’EFL Cup sur la pelouse d’Everton, la situation a pris une tournure symbolique. Match à élimination directe, Newcastle bousculé, une défense déjà en souffrance à l’extérieur… et Steur encore assis, encore patient.
Jaissle ne le lance qu’à la 81e minute. À ce moment-là, Newcastle est mené 3-0. Le match est plié, l’élimination quasiment actée. Dan Burn réduira bien le score dans la foulée, 3-1, mais trop tard pour rêver d’un retour.
C’est là que les tribunes visiteurs ont parlé. Fort.
Selon Newcastle World, le plus grand rugissement de la soirée ne vient pas du but de Burn. Il explose quelques minutes plus tôt, quand Sean Steur quitte enfin la touche pour entrer sur la pelouse. Près de 8 000 supporters en déplacement, un vacarme soudain… et une bonne dose d’ironie.
Le contexte ne laisse aucun doute : 3-0 contre, aucune chance réelle de qualification, un joueur à 27 millions lancé dans le vide. Ce ton sarcastique résume l’humeur du moment. Les fans ne comprennent plus la gestion de leur milieu néerlandais.
Un choix clair de Jaissle… et un vestiaire sous pression
Matthias Jaissle ne s’est jamais vraiment caché : dans la hiérarchie actuelle, Nico González passe devant. Steur doit se contenter des bouts de matches. Une phrase simple, un choix sportif assumé, mais qui se heurte désormais à la colère grandissante des tribunes.
Jeudi soir, après le coup de sifflet final, les sifflets ont fusé depuis le parcage visiteur. Des huées longues, lourdes de sens. Pas seulement pour l’élimination en EFL Cup. Pas seulement pour la prestation du soir.
Newcastle vient d’encaisser 11 buts sur ses quatre derniers déplacements. L’équipe semble friable derrière, nerveuse, incapable de contrôler loin de St James’ Park. Dans ce contexte, voir un milieu recruté à prix d’or rester assis pendant 80 minutes interroge un peu plus.
Lundi, nouvel Everton… même scénario pour Steur ?
Le calendrier ne laisse aucun répit. Lundi, Newcastle retrouve déjà Everton, cette fois en Premier League. Même adversaire, autre décor, mais les mêmes doutes.
Tout indique que Sean Steur débutera encore sur le banc. L’ancien de l’Ajax, censé incarner une montée de gamme technique et tactique au milieu, reste pour l’instant un luxe de remplaçant. Un luxe coûteux.
Les supporters, eux, ont déjà choisi leur camp. Ils ont fait entendre leur voix à Goodison Park, avec cette ovation teintée de sarcasme lors de son entrée. Ils réclament du changement, ou au minimum des explications claires.
La prochaine décision de Jaissle ne portera pas seulement sur un nom sur une feuille de match. Elle dira aussi jusqu’où Newcastle est prêt à aller pour assumer ses choix… et laisser 27 millions d’euros s’user encore un peu sur le banc.



