Dale Vince attaque Peterborough pour le départ de Robbie Savage
Forest Green Rovers ne digère pas le départ de Robbie Savage. Et cette fois, le conflit quitte le terrain sportif pour se jouer devant les tribunaux.
Le propriétaire du club, Dale Vince, a annoncé que Forest Green avait engagé une procédure légale contre Peterborough United, qu’il accuse d’avoir « approché illégalement » son ancien entraîneur. L’annonce est tombée dans une courte vidéo publiée sur les réseaux sociaux, où Vince explique que le club a « commencé un processus juridique pour le tapping up de notre manager, désormais ex-manager, Robbie Savage ».
Un départ sous haute tension
Savage a quitté Forest Green au début du mois pour rejoindre Peterborough, qui évolue en League One. Un mouvement loin d’être fluide en coulisses.
Vince affirme avoir d’abord refusé à Peterborough l’autorisation de parler à son entraîneur. Selon lui, le club du Cambridgeshire serait alors passé en direct, contournant Forest Green pour s’adresser à Savage lui-même. Pris de court par cette approche, le propriétaire raconte avoir fini par céder.
Sur BBC Radio Gloucestershire, une dizaine de jours après la nomination de Savage à Peterborough, Vince ne mâchait déjà pas ses mots : « Peterborough ne s’est pas couvert de gloire. Ils sont venus nous voir en disant : “Nous aimerions parler à votre manager.” Nous avons dit non, et ensuite ils lui ont parlé, et il est venu nous voir en disant : “J’ai entendu dire que Peterborough voulait me parler.” Donc, c’est une approche illégale. »
Le ton n’a pas changé. Cette fois, Forest Green passe des paroles aux actes.
Peterborough se retranche derrière les règles
Contacté par BBC Sport au sujet de cette action en justice, Peterborough United n’a pas souhaité commenter. Le club a déjà nié par le passé toute approche illégale de Savage.
Le président de Peterborough, Darren MacAnthony, avait d’ailleurs répliqué sur X, assurant que le processus de recrutement de leur nouveau manager était « 100% correct and proper, following all the rules ». Une défense nette, qui tranche avec la version de Vince.
Deux récits, une seule affaire : ce sera désormais à la justice de trancher.
Savage, de Macclesfield à la tourmente
Si l’affaire prend une telle ampleur, c’est aussi parce que Robbie Savage n’est pas arrivé à Forest Green comme un inconnu.
Avant de poser ses valises dans le Gloucestershire en juillet 2025, il s’était fait remarquer à la tête de Macclesfield FC, club-phénix né après la liquidation de Macclesfield Town en 2020. Avec les Silkmen, Savage avait signé une saison tonitruante : promotion en National League North, 109 buts marqués, 109 points au compteur. Un rouleau compresseur.
Forest Green l’avait alors choisi pour relancer l’ambition du club. Pari presque réussi dès sa première campagne : Savage emmène l’équipe jusqu’aux play-offs, finalement perdus face à Boreham Wood. Une saison pleine, une dynamique installée… puis la rupture.
Savage quitte Forest Green le 2 octobre, après seulement 11 matches du nouvel exercice, avec le club 13e du classement. Un départ sec, au cœur de l’automne, qui laisse un goût amer à Nailsworth.
Un début mitigé à Peterborough
Pendant que les avocats affûtent leurs arguments, Savage, lui, a déjà commencé son travail sur le banc de Peterborough. Son bilan pour l’instant : deux victoires, deux matches nuls, deux défaites toutes compétitions confondues.
Un départ équilibré, sans éclat ni catastrophe. Mais chaque résultat est désormais scruté à travers le prisme de cette affaire.
Car derrière les lignes de touche, ce dossier touche à un point sensible du football anglais : la manière dont les clubs s’arrachent les entraîneurs. Les règles existent, les procédures aussi. Forest Green assure qu’elles ont été bafouées. Peterborough jure l’inverse.
La bataille sportive vient à peine de commencer pour Savage dans son nouveau club. La bataille juridique, elle, ne fait que démarrer. Et c’est peut-être là que se jouera le véritable tournant de son passage éclair à Forest Green.



