UFC 333 : Volkanovski défend son titre face à Evloev
Abu Dhabi, Etihad Arena. Le sable de “Fight Island” n’a jamais semblé aussi chargé de tension. Ce samedi 24 octobre 2026, l’UFC 333 s’installe aux Émirats arabes unis avec une carte taillée pour marquer un tournant dans plusieurs divisions. Deux ceintures en jeu, des invincibilités menacées, des carrières à relancer, des places à sauver. Rien n’est neutre, rien n’est anodin.
Volkanovski – Evloev : le roi face au prétendant invaincu
Alexander Volkanovski revient une nouvelle fois au front, ceinture Featherweight autour de la taille, après deux défenses consécutives face à Diego Lopes. À l’approche de la quarantaine, “The Great” refuse de donner le moindre signe de déclin. Depuis 2019, il ne connaît quasiment plus que les combats pour un titre, à 145 comme à 155 livres. Onze apparitions, onze rendez-vous au sommet. Une rareté dans ce sport.
C’est ce qui rend cette défense si lourde de conséquences. Tant qu’il gagne, Volkanovski impose sa loi et prolonge son règne. Une défaite, en revanche, changerait tout : plus de ceinture, plus de garanties de retrouver immédiatement un title shot. Pour un homme habitué à vivre en haut de l’affiche, la chute serait brutale.
Face à lui, Movsar Evloev arrive avec un dossier immaculé. Vingt combats, vingt victoires. Dix succès en dix sorties sous la bannière UFC. L’attente a été longue, parfois incompréhensible, mais le Russe tient enfin sa chance. Il a déjà battu Diego Lopes, Arnold Allen, Aljamain Sterling et, plus récemment, Lerone Murphy. Le palmarès est solide, la trajectoire linéaire.
Il lui manque pourtant quelque chose aux yeux de certains : un finish. Dix combats UFC, dix décisions. Aucune soumission, aucun KO. Le reproche colle à sa peau. Mais Evloev gagne. Toujours. Et dans une division où chaque erreur se paie cash, il avance sans faux pas. Faire tomber Volkanovski, qui n’a été stoppé que deux fois à l’UFC, serait plus qu’un statement. Ce serait un basculement de pouvoir à 145 livres, peut-être même le combat qui pousserait l’Australien à réfléchir sérieusement à la suite de sa carrière.
Le décor est posé : l’expérience d’un champion qui ne connaît que les sommets contre l’invincibilité glaciale d’un challenger qui n’a jamais goûté à la défaite.
Yan – Dvalishvili 3 : la trilogie pour clore un chapitre
En co-main event, la ceinture Bantamweight est en jeu. Petr Yan remet son titre en jeu contre un homme qu’il connaît par cœur : Merab Dvalishvili. Troisième affrontement, probablement le dernier. Dix mois plus tôt, “No Mercy” lui a pris la ceinture de manière nette. Trois ans auparavant, c’est Merab qui avait dominé le débat, plus tranchant en lutte comme en striking.
Cette fois, l’enjeu dépasse la simple ceinture. C’est une rivalité à solder. Yan possède l’avantage debout, personne ne s’y trompe. Sa boxe est plus précise, son timing plus tranchant. Mais dès que le combat glisse vers le sol, l’équilibre bascule. Le contrôle, la pression, la répétition des tentatives de takedown : c’est le terrain de Dvalishvili.
Tout laisse penser à un duel étouffant, où chaque round peut basculer sur un détail. Le vainqueur repart avec l’or et la mainmise définitive sur cette trilogie. Le perdant, lui, devra accepter de voir son rival avancer sans lui dans la course au sommet.
Volkov, le titre en ligne de mire… à condition de gagner
Alexander Volkov a choisi la méthode directe : s’inviter au point presse de l’UFC 333 pour interpeller Dana White et réclamer un title shot. Clin d’œil, audace, mais rappel brutal aussi : sans victoire, tout ce bruit ne sert à rien.
Le poids lourd russe, classé n°4 à 265 livres, affronte Rizvan Kuniev, qui reste sur deux succès consécutifs après un revers inaugural serré contre Curtis Blaydes. Volkov sait ce qui l’attend : un faux pas, et la promesse d’un combat pour le titre s’évapore. Un succès convaincant, en revanche, pourrait l’installer comme prochain prétendant au vainqueur du duel entre Ciryl Gane et Josh Hokit à l’UFC 334.
Pico, Keita et le jeu des opportunités
Sur la carte principale, un duel Featherweight a changé de visage. Arnold Allen a dû déclarer forfait sur blessure. À sa place, Losene Keita, encore en phase d’installation à l’UFC (1-1), mais auteur récemment d’un KO fulgurant au premier round contre Muhammad Naimov. Une chance en or.
En face, Aaron Pico tente de capitaliser sur un rebond déjà crucial. Après un début cauchemardesque à l’UFC, avec un KO encaissé face à Lerone Murphy, il a su se relancer contre un ancien compagnon de route du Bellator, Patricio Pitbull. Une victoire contre Keita lui offrirait bien plus qu’un simple succès : le sentiment de lancer enfin une vraie course vers le top.
Les nouveaux visages et les retours en force
La soirée s’ouvrira avec du sang neuf. Asaf Chopurov fait ses débuts à l’UFC avec un bilan parfait (11-0) construit dans les circuits secondaires, notamment chez UAE Warriors. Cinq KO, cinq soumissions, une décision : un profil complet. Son baptême du feu se fera contre Colby Thicknesse, qui a trébuché pour son premier combat dans l’Octogone avant d’enchaîner deux victoires.
Plus haut sur la carte, Dominick Reyes tente de confirmer sa renaissance. Longtemps perçu comme un homme brisé après ses défaites face aux meilleurs de la catégorie, il a retrouvé le chemin de la victoire, avec quatre succès sur ses cinq derniers combats. Seul le champion actuel, Carlos Ulberg, a réussi à le stopper sur cette période. Après un beau succès contre Johnny Walker, Reyes vise un statement contre Azamat Murzakanov, qui sort de sa première défaite UFC, infligée par Paulo Costa.
Chez les Light Heavyweight, Abdul-Rakhman Yakhyaev avance à grands coups de finitions rapides : trois arrêts au premier round depuis son arrivée. Nikita Krylov, lui, regarde plutôt dans le rétroviseur. Trois défaites sur ses quatre derniers combats, et un dernier souvenir douloureux : une mâchoire fracassée par Robert Whittaker plus tôt cette année. Sa marge d’erreur est mince.
Pression maximale pour certains, ascension pour d’autres
Au Middleweight, Abus Magomedov a redressé la barre après des débuts irréguliers. Quatre victoires sur ses cinq derniers combats, seul Joe Pyfer étant parvenu à le stopper. En face, Cam Rowston arrive lancé : huit victoires de suite, dont trois à l’UFC, avec deux KO à la clé. Un test grandeur nature pour mesurer le plafond de chacun.
Chez les Lightweight, Nurullo Aliev reste invaincu (12-0) et aligne quatre succès par décision à l’UFC. Un style méthodique, efficace, qui pourrait le rapprocher du top s’il passe l’obstacle Grant Dawson. Ce dernier sort d’une soumission sur Mateusz Rebecki et affiche un solide 4-1 sur ses cinq derniers combats. Faire tomber Aliev, ce serait changer de dimension.
Jacob Malkoun, pour la première fois de sa carrière UFC, surfe sur trois victoires consécutives. Il vise une quatrième face à Abubakar Vagaev, lui aussi sur une série de quatre succès et victorieux pour ses débuts dans l’organisation contre Saygid Izagakhmaev.
Noah Gugnon, lui, n’a pas traîné pour se faire remarquer. Première apparition, première soumission au premier round contre Milos Janicic, il y a à peine deux mois. Il revient déjà pour tenter un septième finish consécutif, cette fois contre Kody Steele, qui reste également sur une victoire par soumission face à Dom Mar Fan. Duel explosif en perspective.
Chez les Strawweight, la soirée commence mal pour Nicolle Caliari. Arrivée presque cinq livres au-dessus de la limite contre Iasmin Lucindo, elle écope d’une amende de 30 % de sa bourse. Avec un bilan de 1-2 à l’UFC, une nouvelle défaite – et ce raté sur la balance – pourrait lui coûter sa place.
Quand une défaite peut tout coûter
Certains viennent pour grimper, d’autres pour survivre. Bolaji Oki est dans la seconde catégorie. Deux défaites de suite, trois revers sur ses quatre derniers combats, tous par arrêt. Pour un combattant issu du Contender Series, le message est clair : un troisième échec consécutif pourrait signer la fin de son aventure dans l’organisation. Face à lui, Daniel Santos n’est pas dans une situation idéale non plus, puisqu’il sort d’une défaite contre Doo Ho Choi. La tension sera palpable.
Kavanagh – Temirov, l’étincelle attendue
Lone’er Kavanagh avait démarré fort, avec trois victoires sur ses cinq premiers combats UFC, dont un succès marquant contre l’ancien champion Brandon Moreno. Puis la machine s’est enrayée, stoppée par Charles Johnson et Brandon Royval. Le voilà face à un homme en feu : Ramazan Temirov, douze victoires d’affilée, dont trois à l’UFC, deux conclues dès le premier round par KO.
Deux strikers agressifs, deux trajectoires opposées. L’un veut prouver que son ascension n’était pas un feu de paille, l’autre veut s’installer comme menace durable dans la catégorie.
De la première cloche à 10 h (heure de l’Est) jusqu’au main event, cette UFC 333 ressemble à une soirée charnière. Un champion vieillissant mais toujours redoutable, un invaincu prêt à tout bousculer, une trilogie pour une ceinture et pour l’histoire, des carrières sur le fil.
La question plane au-dessus de l’Etihad Arena : au petit matin suivant, le visage des divisions Featherweight et Bantamweight sera-t-il le même qu’avant le premier gong ?




