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Torquay s’effondre à Billericay : Jimmy Ball en colère

Torquay United pensait avoir remis la machine en route. Trois matches sans défaite en National League South, une gifle infligée 6-1 à AFC Stoneham en FA Cup, et l’idée d’une saison enfin lancée. À Billericay Town, tout s’est écroulé en 90 minutes.

Une défaite 3-0, sèche, sans appel. Et un manager hors de lui.

Un retour brutal sur terre

Le match n’avait pas encore trouvé son rythme que Torquay était déjà à genoux. À la 4e minute, Macauley Bonne profite d’une défense apathique pour ouvrir le score pour Billericay. Froid, clinique. Torquay, lui, reste figé.

Le contraste avec la démonstration de la semaine précédente en FA Cup est saisissant. Une équipe qui marchait sur son adversaire sept jours plus tôt se retrouve cette fois dépassée dans l’intensité, les duels, l’envie. Tout ce que Jimmy Ball exige en priorité.

Le temps passe, mais rien ne change. Et la sanction tombe encore. Juste avant la demi-heure de jeu, Callum Watts déclenche une volée imparable qui offre le 2-0 au club d’Essex. Torquay ne réagit pas. Ne se rebelle pas. Le match semble déjà plié.

La dernière claque arrive à 20 minutes du terme : Jon Benton voit sa frappe déviée finir au fond. 3-0. Le score scelle la soirée, mais surtout met à nu une équipe méconnaissable par rapport aux dernières semaines.

Avec ce revers, les Gulls glissent à la 13e place, avec trois victoires et trois défaites en dix journées. Le tableau de bord est brutal : six points de retard sur Maidstone United, leader, et déjà quatre unités de moins que la dernière place qualificative pour les play-offs.

Ball face à ses supporters : la colère et la honte

Le coup de sifflet final n’a pas mis fin à la tension. Jimmy Ball se dirige vers le parcage visiteurs, où les supporters de Torquay, qui ont encore une fois fait la route en nombre, laissent éclater leur colère. La scène est forte : un manager qui ne se cache pas, qui vient encaisser les critiques.

« Je suis furieux. Je suis en colère contre les performances et les joueurs, et extrêmement frustré par ce qu’on vient de produire sur le terrain », lâche-t-il au micro de BBC Radio Devon.

Il ne cherche aucune excuse. Il ne cherche pas à calmer le jeu.

« Je comprends totalement, ils ont gagné le droit de me dire ce qu’ils me disent », concède-t-il à propos des supporters. Puis la phrase qui résume sa soirée : « Je ne peux pas forcer des hommes à courir. »

Tout est là. Ball estime que son équipe l’a lâché dans les fondamentaux. Courir, se battre, répéter les efforts, faire les choses difficiles quand le match tourne mal. Selon lui, Torquay a tout simplement refusé le combat.

« Ils doivent être des hommes »

Jimmy Ball ne tourne pas autour du pot. Pour lui, il s’agit d’un retour en arrière total après ce qu’il pensait être une progression nette ces dernières semaines.

« Je pense qu’on a été plutôt bons sur les trois, quatre derniers matches, et là c’était une régression totale par rapport au niveau où je croyais avoir amené ce groupe », admet-il.

Le discours dans le vestiaire s’annonce brutal. Sans filtre.

« Je dois leur dire la vérité et être assez homme pour être en colère à propos de leur performance aujourd’hui, et assez homme pour faire quelque chose à ce sujet », insiste-t-il. Le mot revient sans cesse : des hommes. Des joueurs capables de ne pas laisser « un autre homme courir plus que toi, tacler plus fort que toi, te battre dans le duel, te dominer physiquement ».

Il réclame du caractère, du répondant, une réaction immédiate.

Et il prévient : ceux qui ne suivront pas seront écartés. « S’ils ne sont pas motivés pour courir partout, je devrai les changer, aussi simple que ça. » Pour Ball, la motivation ne peut plus venir uniquement de lui. « Il n’y avait rien aujourd’hui sur lequel je pouvais m’appuyer pour les motiver. »

Une pression qui monte après la promotion manquée

Cette déroute ne survient pas dans le vide. Elle s’inscrit dans un contexte déjà lourd. La saison dernière, Torquay a vu la promotion lui échapper dans les dernières minutes d’une finale de play-offs perdue à Hornchurch. Une cicatrice encore vive.

Jimmy Ball avait pris les commandes en mars, après le limogeage de Paul Wotton, victime d’une série de mauvais résultats. Sous ses ordres, le club s’est rapproché du retour au niveau supérieur, sans franchir la dernière marche. De quoi nourrir les espoirs pour cette saison. Beaucoup imaginaient les Gulls s’installer dans le haut de tableau, imposer leur statut de candidats à la montée.

Pour l’instant, le compte n’y est pas. Et chaque faux pas ajoute un peu plus de pression sur les épaules du manager.

Ball, lui, refuse de se défausser. Il promet de rester frontal avec son groupe. « Je serai honnête, je dirai la vérité, et ils devront être des hommes. C’est ce que le football exige : des hommes sur un terrain de football. »

Le message est clair, public, assumé. Aux joueurs de répondre. Sur la pelouse, cette fois.