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Ruud Gullit avertit Barcelone sur Lamine Yamal

À Madrid, en marge d’un événement de la Laureus Academy, Ruud Gullit a laissé tomber l’enthousiasme poli pour quelque chose de plus grave : l’inquiétude. Le Néerlandais de 63 ans adore ce que fait Lamine Yamal, mais il n’aime pas du tout ce qu’il voit se dessiner autour de lui.

Pour lui, le scénario est connu. Trop de matches, trop tôt, trop importants. Et un corps d’adolescent sommé de suivre le rythme des adultes. Gullit a rappelé le précédent douloureux de plusieurs talents sortis de La Masia, projetés sans ménagement dans un calendrier infernal.

Il a cité des exemples qui parlent à tout le monde au Barça : Pedri, Gavi. Des prodiges sur lesquels on a tout de suite tout fait reposer. Des saisons pleines, un Euro, une Coupe du monde, des matches à élimination directe en série… puis la blessure. Et le long tunnel du retour.

« Ce n’est pas normal. L’équipe dépend beaucoup de lui. Et c’est un joueur très jeune. Je suis vraiment inquiet qu’il se blesse parce qu’ils l’utilisent tout le temps », a-t-il lancé, pointant du doigt cette logique qui consiste à dire qu’un gamin peut tout enchaîner parce qu’il est « jeune ».

Pour Gullit, l’exemple de Pedri et de Gavi devrait servir de signal d’alarme. Ils ont joué une Coupe du monde très tôt, porté un poids énorme, et le corps a fini par lâcher. « Revenir d’une blessure, c’est dur », a-t-il insisté, comme un avertissement à peine voilé adressé au club et aux sélectionneurs.

Le paradoxe, c’est qu’il ne remet pas en cause le génie de Yamal. Au contraire. Il dit l’« aimer » pour ce qu’il fait sur le terrain, pour cette fraîcheur et cette audace qui ont déjà changé le visage de son équipe. Mais justement : c’est parce qu’il mesure la valeur de ce talent qu’il redoute de le voir brisé trop tôt.

La question plane désormais au-dessus de Barcelone : jusqu’où peut-on pousser Lamine Yamal avant que le corps, lui, dise stop ?

Ruud Gullit avertit Barcelone sur Lamine Yamal