Dusan Vlahovic : un but mais des tensions en coulisses
Le coup franc de Dusan Vlahovic a fait exploser l’Allianz Stadium. Un missile libérateur, 180 jours après son dernier but. Sur le terrain, la Juventus a évité la honte face à un Hellas Verona déjà condamné. En tribunes, on a chanté son nom.
Mais derrière les sourires, le compte à rebours continue de gronder.
Un but, mais aucun déclic en coulisses
Sportivement, Vlahovic reste au centre du projet. Massimiliano Allegri – et tout le club avec lui – sait que la course à la quatrième place de Serie A passe par les buts du Serbe. Pourtant, à 56 jours de l’expiration de son contrat, le dossier qui devrait être une priorité absolue s’enlise.
À la Continassa, le message est clair : la Juventus vit sous contrainte. Les dirigeants ont fixé des limites budgétaires strictes et ne comptent pas les dépasser, même pour leur numéro neuf. Face à eux, le clan Vlahovic écoute, discute, mais ne cède pas sur tout.
Selon La Gazzetta dello Sport, cinq réunions ont déjà eu lieu entre les dirigeants bianconeri et Milos Vlahovic, père et représentant de l’attaquant. Cinq face-à-face, beaucoup de mots, aucune signature.
Un salaire en baisse, mais des exigences qui coincent
Sur un point, le joueur a surpris. Son entourage a ouvert la porte à un compromis salarial. L’idée d’un renouvellement de courte durée, avec une rémunération structurée sur le modèle de Kenan Yildiz, a été mise sur la table.
Concrètement, Vlahovic accepterait de descendre à environ 7 millions d’euros par saison, bien loin des 12 millions qu’il touche actuellement. Une chute nette pour un attaquant de son standing. Un geste réel, chiffrable.
Mais la négociation ne se résume pas à la ligne « salaire » du contrat. Là où tout se grippe, c’est sur les coûts annexes : commissions d’agent, prime à la signature. Sur ces montants-là, le clan Vlahovic se montre nettement moins conciliant.
La Juventus, elle, refuse de plier. Les dirigeants ont planté un drapeau sur ce terrain-là et n’entendent pas le retirer. Résultat : le dossier est à l’arrêt, figé, alors que l’été approche à grands pas.
L’ultimatum silencieux de la Juventus
Pour tenter de débloquer la situation, le club a durci le ton. Sans conférence de presse tapageuse ni communiqué agressif, mais avec une fermeté assumée en interne : il n’y aura pas d’effort supplémentaire. Pas de surenchère, pas de dernière offre déraisonnable.
Le message qui filtre est celui de l’austérité. La Juventus se pose en gardienne de sa « soutenabilité » économique, quitte à prendre un risque majeur sur le plan sportif. En filigrane, une forme d’ultimatum : voici les chiffres, à toi de décider. Tu signes, ou tu pars.
Les dirigeants ont choisi leur camp : celui de la stabilité financière avant la satisfaction des représentants. Même si cela implique de voir partir, potentiellement libre, l’attaquant censé incarner l’avenir du club.
Le clan Vlahovic joue le temps
En face, on ne s’affole pas. Le camp Vlahovic sait très bien ce que peut valoir un avant-centre de 24 ans, capable de décider un match sur un coup de pied arrêté, surtout s’il termine fort la saison.
Chaque but, chaque prestation solide renforce sa position. Une fin de saison convaincante, et le Serbe se retrouverait sur le marché comme un luxe sans indemnité de transfert. Un profil qui attire toujours les géants européens.
Dans ce scénario, des clubs comme AC Milan ou Bayern Munich pourraient revenir à la charge, cette fois sans avoir à négocier avec la Juventus. Le pouvoir de négociation basculerait alors complètement du côté du joueur.
Pour l’instant, aucune des deux parties ne claque la porte. Un accord tacite existe : priorité au terrain, à la qualification pour la prochaine Ligue des champions. La Juve a besoin des buts de Vlahovic, Vlahovic a besoin d’une vitrine européenne.
Mais le temps file. Le but splendide contre Hellas Verona a rappelé à tout le monde pourquoi la Juventus s’accroche à son numéro neuf. Il a aussi posé une question brutale, que personne n’ose encore formuler à voix haute à l’Allianz Stadium : et si ce chef-d’œuvre était l’un de ses derniers sous le maillot bianconero ?



