Rayan Aït-Nouri : L'avenir incertain à Manchester City et l'intérêt de la Juventus
Rayan Aït-Nouri n’a que 25 ans, mais sa trajectoire à Manchester City ressemble déjà à un carrefour décisif. Arrivé à l’Etihad en juin 2025 en pleine ascension, il pourrait déjà plier bagage dès janvier 2027. Un départ anticipé pour un joueur recruté sur cinq ans, jusqu’en 2030, pour 31 millions de livres plus 5,3 millions de bonus : le signal est fort.
L’histoire avait pourtant bien commencé. Lancé dès son arrivée, le latéral gauche découvre d’abord le maillot de City lors du FIFA Club World Cup, dans une victoire de phase de groupes contre Al Ain. Puis vient la Premier League, avec un premier match symbolique : face à son ancien club, Wolverhampton, en ouverture de la saison 2025-26.
Et puis tout se grippe.
En septembre, une blessure à la cheville le coupe net dans son élan. Treize matchs manqués pour le club comme pour l’Algérie. À ce niveau, ce genre de coup d’arrêt coûte cher. Très cher.
Sous Pep Guardiola, la hiérarchie se durcit. Aït-Nouri reste dans la rotation, mais plus tout à fait dans le cercle des indiscutables. Il débute 20 de ses 28 rencontres toutes compétitions confondues sur l’exercice suivant, signe qu’il compte encore, sans être au centre du projet. Ses chiffres, eux, continuent de parler pour lui : cinq passes décisives, toujours cette capacité à créer des décalages dans le couloir.
Le problème, c’est le championnat. La saison dernière, il ne cumule que 17 apparitions en Premier League, pour moins de 1000 minutes. Trop peu pour un joueur à ce stade de sa carrière, trop peu pour un international qui vient de disputer la Coupe du monde.
Le changement d’ère sur le banc, avec l’arrivée d’Enzo Maresca, ne renverse rien. Pire : en 2026-27, Aït-Nouri n’a toujours pas joué la moindre minute en championnat. Zéro apparition en Premier League, alors qu’il sort d’un Mondial 2026 plein avec l’Algérie, où il a disputé chaque rencontre. La contradiction est flagrante.
Dans ce contexte, les rumeurs de départ ne sont plus un bruit de fond. Elles deviennent une vraie trame de son hiver à venir.
En Italie, la Juventus s’est positionnée. Selon Niccolò Ceccarini, relayé par Sport Witness, le club turinois a fait du poste de latéral gauche une priorité pour le mercato de janvier. Et dans cette short-list, le nom de Rayan Aït-Nouri figure en haut de page.
Ricky Massara, directeur du club, et le CEO Giovanni Carnevali ont scruté sa situation à City. Ils sentent l’opportunité. Un joueur sous-utilisé, sous contrat long, avec une valeur sportive intacte et une marge de progression évidente : le profil idéal pour un coup intelligent sur le marché.
Le plan de la Juve est clair : frapper vite, et proposer un prêt avec option d’achat. Une formule souple pour l’acheteur, moins séduisante pour Manchester City, qui sait qu’il reste environ quatre ans de contrat à amortir. Les dirigeants mancuniens, s’ils ouvrent la porte, chercheront un accord qui les protège, avec une perspective de transfert définitif plus solide qu’une simple option.
Sur le papier, la Juventus coche beaucoup de cases. Grand club, besoin réel au poste, projet de reconstruction. Mais rien ne garantit que Turin sera la destination finale. Le rendement d’Aït-Nouri lors de son passage à Wolverhampton reste dans toutes les mémoires : 12 buts et 19 passes décisives en 157 rencontres, une production rare pour un latéral. De quoi attirer d’autres candidats, notamment parmi les grandes équipes anglaises en quête de dynamisme côté gauche.
Et malgré son statut de remplaçant en championnat, Aït-Nouri rappelle régulièrement qu’il n’a rien perdu de son influence. En coupes, il existe. Il vient d’entrer à la mi-temps en Carabao Cup lors du huitième de finale contre Brighton and Hove Albion, contribuant à la qualification de City après une séance de tirs au but remportée 4-3. Sur l’ensemble de la saison, il affiche déjà trois passes décisives en quatre matchs de Carabao Cup et de Ligue des champions.
Quand on lui donne le ballon, il répond. Quand on lui donne le temps, il pèse.
C’est là tout le paradoxe : un latéral qui performe dans les grandes compétitions internationales avec l’Algérie, qui brille en coupes européennes et nationales, mais qui reste cloué sur le banc en Premier League. Pour un joueur de 25 ans, les minutes valent désormais plus que les promesses.
La question, désormais, n’est plus de savoir si Aït-Nouri réfléchit à un départ. C’est de savoir qui profitera de cette fenêtre. Juventus, un autre géant européen, ou un rival direct de City en Angleterre ? Et surtout : jusqu’à quand Manchester City pourra-t-il garder sur le banc un latéral de ce niveau sans en payer le prix sportif et financier ?




