Paolo Di Canio critique Rafael Leao : « Il semble paresseux sans le ballon »
Paolo Di Canio allume Rafael Leao : « Il semble paresseux sans le ballon »
À Milan, le débat n’est plus seulement tactique. Il est frontal, presque brutal. Sur Sky Sport, Paolo Di Canio a découpé le jeu – et la mentalité – de Rafael Leao, symbole d’un Milan séduisant par séquences, mais englué dans une série sans victoire et privé de la verticalité qui faisait sa force.
Pour l’ancien attaquant de West Ham et de la Juventus, le problème est clair : Leao ne travaille pas assez pour occuper le rôle de point de fixation de l’attaque. Et cela plombe tout le système.
« On parle d’un joueur qui devrait faire 50 mouvements pour recevoir le ballon, mais qui n’en fait même pas la moitié s’il n’est pas sûr de le recevoir », a lâché Di Canio. « Il ne fait même pas un appel pour ouvrir l’espace à ses coéquipiers, parce qu’il n’est pas certain qu’on va lui donner la passe. N’importe quel attaquant, dans n’importe quel championnat, doit travailler énormément. C’est difficile même pour les vrais numéros 9 ; imaginez pour un joueur qui semble paresseux presque chaque fois qu’il n’a pas le ballon. »
Un talent à l’arrêt
Le constat fait mal parce qu’il vise un joueur qui, il y a deux ans, dominait la Serie A. Meilleur joueur du championnat lors du Scudetto 2021-22, Leao devait être le visage du Milan nouveau. Il est aujourd’hui au cœur d’un procès en stagnation.
Aux yeux de Di Canio, le Portugais de 26 ans s’est installé dans un confort dangereux. Le football n’est plus, selon lui, l’unique priorité. La musique, la mode, les projets hors terrain se seraient invités dans un espace mental déjà saturé par l’exigence du très haut niveau.
« Il s’est relâché, on l’a trop couvé, et il n’a pas eu la détermination ni l’envie de continuer à progresser », a poursuivi Di Canio. « La priorité est presque devenue autre chose. Au fil des années, je ne me souviens pas avoir vu autant de vidéos de défilés de mode ou de sessions d’enregistrement de huit heures avec des maisons de disques. On dit toujours qu’il faut regarder la vie privée des joueurs, mais si quelqu’un passe quatre ou cinq heures à faire autre chose, son énergie physique et mentale se vide. »
Le ton se durcit encore lorsqu’il évoque le quotidien d’un joueur censé porter un club comme Milan.
« Ce n’est pas comme jouer à la PlayStation pendant une demi-heure. Si tu passes six ou sept heures avec un label et à aller à des défilés, comment es-tu censé régénérer l’énergie mentale nécessaire pour jouer à ce niveau ? »
Milan sous pression, Leao en première ligne
Le timing de cette charge n’a rien d’innocent. Milan est troisième de Serie A avec 63 points en 32 journées, à trois longueurs de Napoli et à douze de l’Inter. Une place dans le haut du tableau, oui, mais une impression persistante de plafond de verre, d’équipe qui ne parvient plus à imposer son rythme face aux gros rendez-vous.
Dans ce contexte, la forme de Leao devient un enjeu majeur, presque politique. Il reste sous contrat jusqu’en 2028, mais en Italie, les rumeurs s’installent déjà. Selon la Gazzetta dello Sport, le club pourrait écouter des offres si le rendement de son attaquant ne remonte pas rapidement.
Le message est limpide : statut de star, salaire de star… mais performances de star exigées.
Et le calendrier ne laisse aucun répit. Verona, Juventus, Atalanta : trois affiches qui diront beaucoup de choses, sur la saison du Milan, mais surtout sur la capacité de Leao à redevenir ce joueur qui renverse des matchs à lui seul. Il doit retrouver son tranchant, ses courses sans ballon, son agressivité dans les appels.
Sans cela, la question ne sera plus de savoir s’il est le leader offensif du projet milanais. Mais s’il en fera encore partie.



