Atletico Madrid vs Barcelona : quart de finale sous haute tension
Le Metropolitano se prépare à une de ces nuits où tout peut basculer. Atletico Madrid accueille Barcelona avec deux buts d’avance en quart de finale retour de Champions League, mais rien n’a encore été réglé. Surtout pas avec la colère froide qui accompagne le voyage de l’équipe de Hansi Flick.
Le club catalan débarque sans Pau Cubarsi, suspendu après son exclusion lors du match aller. Le jeune défenseur, pourtant du voyage, ne fera que regarder depuis les tribunes. Son tacle en dernier défenseur sur Giuliano Simeone avait d’abord valu un carton jaune de l’arbitre Istvan Kovacs, avant que le VAR ne transforme la sanction en rouge. Sur le coup franc qui a suivi, Julian Alvarez a ouvert le score. Le début du naufrage pour Barcelona, battu 2-0 à domicile.
Flick n’a toujours pas digéré cette soirée. Entre l’expulsion de Cubarsi et le penalty réclamé en seconde période pour une main de Marc Pubill – déjà averti – et non accordé, l’entraîneur allemand estime avoir beaucoup donné à la polémique, et pas assez au tableau d’affichage. Cette fois, il n’a plus le choix : son équipe doit attaquer, fort, longtemps, et juste.
Barca sans filet derrière, tout pour l’attaque
L’absence de Cubarsi rebattre les cartes derrière. Ronald Araujo est attendu dans l’axe pour former la charnière avec Gerard Martin, annoncé apte malgré sa sortie à la pause lors du large succès 4-1 face à Espanyol en Liga. Marc Casado l’avait alors remplacé, mais Flick compte bien récupérer son défenseur pour ce rendez-vous.
Araujo a déjà été utilisé à droite samedi, preuve de la polyvalence exigée dans cette fin de saison, mais il devrait glisser dans l’axe avec Jules Kounde de retour sur le côté droit après un repos. À gauche, Joao Cancelo doit reprendre sa place, Alejandro Balde ayant signé son premier onze de départ depuis sa blessure le week-end dernier.
Eric Garcia reste une solution en défense centrale, même si le staff l’a souvent repositionné au milieu. Et c’est justement dans ce secteur que la concurrence devient féroce. Pedri, sorti à la pause du match aller avec une gêne à la cuisse, a répondu présent en disputant 90 minutes samedi. Gavi, lui, a fêté sa première titularisation en club depuis onze mois. Frenkie de Jong revient d’une blessure aux ischio-jambiers. Trois profils, trois rythmes, une seule mission : faire tourner le ballon assez vite pour fissurer le bloc de Diego Simeone.
Devant, une certitude : Lamine Yamal débutera. À 16 ans, l’ailier est déjà indiscutable dans les grands soirs. Reste à savoir qui l’accompagnera. Au match aller, Marcus Rashford, Dani Olmo et Robert Lewandowski l’entouraient. Contre Espanyol, Flick a tout changé : Fermin Lopez, Gavi et Ferran Torres ont commencé, Torres signant un doublé rapide avant que Yamal puis Rashford, entré en cours de jeu, ne complètent le festival.
Ces buts-là comptent dans l’esprit d’un entraîneur. Rashford, buteur en sortie de banc, pourrait bien gagner sa place en pointe ou dans un rôle plus libre, avec Torres et Yamal pour étirer la défense. Le onze probable s’annonce résolument offensif : Joan Garcia dans le but, Kounde, Araujo, Martin, Cancelo derrière ; De Jong et Pedri à la manœuvre ; Yamal, Lopez, Rashford et Torres pour renverser la montagne.
Raphinha reste absent pour blessure aux ischio-jambiers, Andreas Christensen est également forfait, tandis que Marc Bernal ne devrait être en mesure d’apporter qu’un court relais depuis le banc. Flick sait qu’il devra faire avec un effectif légèrement entamé, mais riche en solutions créatives.
Simeone, maître des nuits européennes, joue ses cartes
En face, Atletico avance avec son costume de spécialiste des soirées à haute intensité. Diego Simeone a sacrifié la Liga ce week-end pour préparer ce duel : dix changements lors de la défaite 2-1 à Sevilla, tous les titulaires de champ au repos, seul Juan Musso conservant sa place dans le but.
Une décision qui prend encore plus de relief avec le retour à l’entraînement de Jan Oblak. Le gardien numéro un a retrouvé le groupe lundi, tout comme Pablo Barrios au milieu. Reste à savoir si Simeone décidera de réinstaller immédiatement son capitaine dans les cages, ou s’il maintiendra sa confiance à Musso, présent au match aller. L’Argentin n’a jamais hésité à trancher fort lorsqu’il sent son vestiaire prêt à suivre.
Derrière, les contraintes s’accumulent. Marc Pubill est suspendu après son carton jaune au Camp Nou et David Hancko reste incertain, touché à la cheville et sorti après une demi-heure lors du premier acte. Si le Slovaque ne tient pas sa place, Clement Lenglet, ancien de la maison Barcelona, pourrait se retrouver titulaire aux côtés de Robin Le Normand en charnière. Une histoire dans l’histoire, face à un club qu’il connaît par cœur.
Sur les côtés, Nahuel Molina et Matteo Ruggeri devraient encadrer la défense. Au milieu, Simeone dispose de ses fidèles : Marcos Llorente, Koke, et probablement le jeune Simeone, avec Ademola Lookman pour apporter la percussion. Devant, le duo Antoine Griezmann – Julian Alvarez a déjà fait très mal au Camp Nou. L’un organise, l’autre frappe. Les deux aiment les grandes scènes.
Atletico devrait ainsi se présenter avec un onze proche de celui qui a frappé en Catalogne : Musso (ou Oblak) ; Molina, Le Normand, Lenglet, Ruggeri ; Simeone, Llorente, Koke, Lookman ; Griezmann, Alvarez. Avec l’avantage du score, mais surtout celui du scénario : attendre, punir, étouffer.
Une soirée pour changer une saison
Le coup d’envoi sera donné à 20h, heure britannique, ce mardi 14 avril 2026, dans un Metropolitano qui ne pardonne rien. Barcelona arrive avec deux buts à remonter, un sentiment d’injustice à évacuer et une obligation : marquer vite, puis encore.
Atletico, lui, n’a qu’à être fidèle à son identité. Fermer les espaces, gagner les duels, exploiter la moindre brèche. Simeone a déjà bâti sa légende sur ce genre de rendez-vous.
Entre un Barca obligé de se découvrir et un Atletico prêt à frapper en contre, tout est en place pour une soirée explosive. Reste une question, simple et brutale : qui sortira vivant de cette arène, et avec un billet pour le dernier carré de la Champions League ?




