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Palmowski remporte le championnat F1 Academy à Austin

Avant même que les feux ne s’éteignent pour le Grand Prix des États‑Unis, un titre est déjà tombé à Austin. Alisha Palmowski a verrouillé le championnat F1 Academy, au terme d’une saison maîtrisée qui la voit être sacrée alors qu’elle n’a qu’un mois de moins que le futur champion du monde F1 désigné, Kimi Antonelli.

La Britannique n’avait besoin que de contrôler, elle a fait mieux. P2 dans la course à grille inversée samedi, avant même l’épreuve principale du jour et le final de la saison à Las Vegas en novembre. La pression était sur les épaules d’Emma Felbermayr, seule pilote encore en mesure, mathématiquement, de la déloger avant le départ. L’Autrichienne a tout tenté, mais sa quatrième place n’a pas suffi. Ses espoirs se sont éteints bien avant le drapeau à damier.

Palmowski, elle, peut déjà regarder vers la suite. Titre en poche, horizon dégagé.

Hamilton vise le podium, Ferrari perd le fil

Chez Ferrari, le week‑end avait commencé comme un rêve. Trois séances d’essais, trois fois en haut de la feuille. On parlait de pole, presque comme d’une formalité. Puis le samedi a refroidi tout le monde, au propre comme au figuré.

Quand la température est tombée sur le Circuit of the Americas, les chances de la Scuderia avec elle. En Q3, la menace rouge s’est évanouie. Charles Leclerc, tombeur de Max Verstappen à Cota en 2024, ne partira que quatrième, aux côtés de la Red Bull d’Isack Hadjar sur la deuxième ligne. Le Monégasque ne baisse pas la tête pour autant : il vise l’attaque, un podium, et annonce la couleur. Il compte aussi sur le travail d’équipe avec son coéquipier Lewis Hamilton pour ramener “un bon résultat pour toute l’équipe”.

De son côté du garage, Hamilton sort pourtant des essais avec un sentiment positif. Meilleur temps de la troisième séance, bonnes sensations au volant… puis la réalité du samedi. Le Britannique, désormais en rouge, sait où le bât blesse.

« L’écart de puissance avec Red Bull et Mercedes est encore significatif, et je pense que notre voiture est clairement aussi bonne que les leurs dans les virages, mais on perd dans les lignes droites », a‑t‑il confié à Sky Sports.

Sur la grille, Hamilton reste pourtant ambitieux. Il l’a dit sans détour : il espère se battre pour un podium. Il sait que ce sera “vraiment difficile”, mais il se prépare comme pour un combat à plusieurs inconnues. Retour en chambre, vingt minutes pour faire redescendre le pouls, réviser la stratégie, fixer un plan tout en sachant qu’il faudra jongler avec des “balles en l’air” toute la soirée. Agilité, réflexes, capacité à s’adapter : c’est là qu’il voit la clé.

Cota se rafraîchit, la piste reste piégeuse

Dans le cockpit, Pierre Gasly a donné le ton : il fait plus frais à Austin. Promu en P10 après la pénalité de grille d’Arvid Lindblad, le Français profite d’un petit coup de pouce réglementaire au moment où la météo se calme. Le ciel alterne entre soleil et nuages, une brise légère traverse les tribunes, le thermomètre plafonne à 28 °C, un cran en dessous des jours précédents.

Liam Lawson, lui, a d’autres préoccupations. Le pilote Racing Bulls estime que le vent ne posera pas de problème majeur, mais pointe ce qui fâche vraiment : ces bosses qui labourent la piste, celles mêmes que Max Verstappen dénonçait déjà jeudi. Le Circuit of the Americas garde son caractère, parfois à la limite du raisonnable pour des monoplaces modernes.

Pénalités en cascade : Bortoleto au fond de la grille

La feuille de départ du Grand Prix des États‑Unis a été largement remaniée par les pénalités moteur. Gabriel Bortoleto est celui qui trinque le plus : 60 places de sanction pour l’Audi du Brésilien. Passé en Q2, il avait tenté d’offrir l’aspiration à son équipier Nico Hülkenberg pour l’aider à entrer en Q3. Tentative vaine, et sentence lourde : Bortoleto partira bon dernier, en P22.

Franco Colapinto recule lui aussi. Le pilote Alpine glisse de la 14e à la 21e place. Arvid Lindblad, lui, écope de cinq positions pour un nouveau bloc ICE. Le rookie britannique, pourtant auteur d’un top 10 en qualifications, retombe sur la grille et laisse sa 14e place à Colapinto.

Chez Racing Bulls, Liam Lawson avait lui aussi accroché la Q3. Mais le Néo-Zélandais a sacrifié ses tours en dernière partie de qualification pour aider l’équipe, compte tenu de la pénalité de Lindblad. Il s’en expliquait sans amertume : il aurait adoré tenter un tour, mais avec les sanctions, Racing Bulls était de toute façon promise aux neuvième et dixième places. Lawson s’élancera P9, avec un capital pneus bien garni pour le dimanche. De quoi se donner des options stratégiques quand le Grand Prix basculera.

Russell entre frustration et opportunité

George Russell arrive à ce Grand Prix dans une drôle de posture. Au début de la saison, son nom circulait partout comme celui du futur champion du monde. Vainqueur de l’ouverture en Australie, il incarnait la nouvelle ère de Mercedes. Les mois ont passé, et la lumière s’est déplacée. Son jeune équipier Kimi Antonelli a pris le dessus, parfois sans que Russell n’y puisse grand‑chose.

Ce week‑end, alors qu’Antonelli peut être couronné, Russell part seulement sixième. Juste derrière Lewis Hamilton. Les deux anciens coéquipiers Mercedes devront se surveiller de près dans les premiers virages. Le moindre accrochage ouvrirait un boulevard à Antonelli dans la course au titre.

Le Britannique garde pourtant un discours résolument offensif. Il parle d’une voiture “dans une bonne fenêtre”, d’améliorations “vraiment positives”. Mais en Q3, comme d’autres dans le top 10, il n’a pas réussi à aligner le tour parfait. Résultat : une P6 qui le laisse sur sa faim.

Il rappelle cependant que la course se joue aujourd’hui. Il s’attend à un peloton de tête très serré, avec huit voitures dans un mouchoir. Il sait aussi que Cota produit souvent des incidents qui rebattent les cartes. Mercedes compte sur son rythme de course, jugé “relativement fort” vendredi, et sur la stratégie pour remonter. Russell, lui, guettera chaque brèche.

Antonelli, la pole et le vent de l’histoire

La journée de samedi a surtout appartenu à Kimi Antonelli. Le jeune pilote Mercedes a signé à Austin un tour qui ressemble à un manifeste. Il n’avait plus vu la pole depuis le Grand Prix de Belgique en juillet. Il l’a retrouvée au meilleur moment.

En Q3, son premier tour lancé a suffi. 0,179 seconde devant Max Verstappen. Un écart net, propre, sans appel. Antonelli, fidèle à son mantra “une course à la fois”, refuse de se laisser happer par l’enjeu. Son objectif immédiat est limpide : sortir en tête du virage 1 et construire sa course à partir de là.

Face à lui, Verstappen reste pragmatique. Le Néerlandais juge sa Q3 “pas bonne”, sans pointer d’erreur particulière, plutôt un manque de grip général. Mais P2, à Cota, c’est une position qu’il sait exploiter. Il a remporté quatre des cinq derniers Grands Prix disputés ici. Il n’a pas besoin d’être en pole pour dicter le tempo.

Isack Hadjar complète le trio de tête. Troisième temps, et surtout un vrai pas en avant après des essais compliqués. Le Français parle d’un “très bon résultat” et va jusqu’à dire qu’il a senti la pole à portée de main. Être déçu de partir troisième, dans un tel plateau, dit assez où se situe désormais son niveau.

Un premier virage sous haute tension

Tout converge vers ce fameux run‑up vers le virage 1, cette montée abrupte qui a fait la réputation du Circuit of the Americas. La ligne de départ n’est pas encore effacée que déjà les scénarios s’enchaînent dans les têtes.

La journaliste de la voie des stands Jennie Gow l’a rappelé : cette portion est “notoire”. Les incidents y sont légion. Et cette fois, la première ligne réunit Kimi Antonelli et Max Verstappen, deux pilotes qui n’ont jamais eu la réputation de lever le pied. Que l’on joue un titre ou non, Verstappen ne fait pas de cadeau. Antonelli le sait. Son sort, peut‑être son titre, se jouera en partie là.

Car le contexte du championnat est clair. Avec son podium à Singapour, Antonelli a creusé un écart de 102 points sur George Russell et 11 sur Lewis Hamilton. Il reste 150 points à distribuer. Pour être sacré dès Austin, le calcul est simple : il doit gagner. Sans victoire, pas de couronne ce dimanche.

S’il s’impose, le reste ne dépend plus de lui. Il lui faudra que Russell ne fasse pas mieux que neuvième, et que Hamilton termine hors du top 4. Dans ce cas seulement, il deviendra le plus jeune champion du monde de l’histoire de la F1, trois ans plus tôt que Sebastian Vettel à son époque.

Leclerc à l’affût, Russell sous pression

Rien ne dit que ce scénario se déroulera sans accroc. Antonelli et Verstappen n’ont pas toujours brillé au départ cette saison. Leclerc, qui a déjà gagné ici en partant quatrième en 2024, guettera la moindre hésitation. Un mauvais envol, un freinage trop optimiste au sommet de la bosse, et la course peut basculer.

Russell, lui, sait que ses chances de titre sont presque théoriques. Mais il n’a pas renoncé à peser sur le dénouement. Un gros résultat à Austin pourrait au moins retarder l’échéance, mettre un peu de pression sur son équipier, l’obliger à aller chercher ce titre au bout de lui‑même.

Pendant ce temps, Antonelli mesure le moment. Il l’a reconnu : le soutien autour de lui, à Austin, est immense. Il parle d’un des week‑ends “les plus spéciaux de l’année”, d’une équipe qui lui a donné une voiture très forte, d’une confiance qui a grandi avec l’expérience, et d’un entourage familial qui l’a solidement accompagné. Tout, pour l’instant, va dans son sens. Il veut simplement “garder cette dynamique”.

Reste une question, suspendue au‑dessus de la grille, au bout de cette montée vers le virage 1 : la nuit texane couronnera‑t‑elle un nouveau champion du monde, ou faudra‑t‑il attendre Mexico pour écrire la dernière ligne de cette saison ?