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Antonelli remporte la pole au Grand Prix des États-Unis 2026

Kimi Antonelli n’avait pas vraiment le droit à l’erreur. Il l’a transformé en manifeste. Sur le bitume bosselé du Circuit of The Americas, l’Italien de Mercedes a claqué un tour en 1’34’’035 et arraché la pole du Grand Prix des États-Unis 2026, devant Max Verstappen et Isack Hadjar.

Pole décisive, peut-être pole de champion du monde.

Antonelli doit gagner dimanche pour espérer plier le championnat dès Austin, avec l’espoir que les autres résultats s’alignent derrière lui. L’histoire du tracé texan plaide pour lui : 11 des 13 courses disputées ici ont été remportées par un pilote parti de la première ligne. À Austin, se placer devant, c’est presque dicter le scénario.

Antonelli devant, Verstappen en chasseur

La feuille de temps raconte une qualification tendue. Antonelli devance Verstappen de 0’’179. Un écart net, sans être un gouffre, mais suffisant pour rappeler que Mercedes a trouvé quelque chose sur un tour. Derrière, Isack Hadjar confirme sa montée en puissance avec le troisième temps à seulement 0’’215, offrant à Red Bull un verrou sérieux sur la première partie de la grille.

Juste derrière ce trio, la douche froide tombe sur Ferrari. Après avoir dominé les trois séances d’essais libres, la Scuderia s’est éteinte au moment décisif. Charles Leclerc ne fait “que” quatrième, à 0’’232, Lewis Hamilton cinquième à 0’’276. Pas un naufrage, mais une vraie occasion manquée, compte tenu du rythme affiché depuis vendredi.

George Russell, lui, ne peut faire mieux que la sixième place. Ses espoirs de titre, déjà faméliques, semblent voués à s’éteindre dans la chaleur texane, loin de la lumière du premier rang.

McLaren en retrait, Racing Bulls aux deux visages

Derrière les cadors, McLaren a vécu une après-midi grise. Oscar Piastri s’élancera septième, Lando Norris huitième, avec plus d’une seconde de retard sur la pole pour ce dernier. Sur un circuit où la position sur la grille pèse lourd, ce recul promet une course sous pression pour remonter, plutôt qu’une attaque frontale pour la victoire.

Les Racing Bulls complètent le top 10, avec Arvid Lindblad neuvième et Liam Lawson dixième. Les deux trajectoires, pourtant, diffèrent totalement : Lindblad devra reculer sur la grille à cause d’une pénalité, Lawson n’a même pas pu signer de temps en Q3. Deux voitures en Q3, mais une impression d’occasion à moitié gâchée.

Derrière ce groupe, Pierre Gasly signe le 11e temps et s’arrête en Q2, juste devant Nico Hülkenberg et Gabriel Bortoleto, les deux Audi regroupées en milieu de tableau. Franco Colapinto (Alpine) et Fernando Alonso (Aston Martin) complètent la liste des éliminés en Q2, loin des ambitions qu’ils pouvaient nourrir sur un circuit censé récompenser l’attaque.

En Q1, la lame a été plus large que par le passé. Oliver Bearman et Esteban Ocon sortent chez Haas, Lance Stroll chez Aston Martin, Carlos Sainz et Alex Albon chez Williams, tandis que Sergio Perez et Valtteri Bottas restent coincés dans le goulet avec Cadillac. Une grille à 22 voitures ne pardonne plus rien.

Une qualif remodelée, un duel sous tension

Le format, justement, a changé cette saison. Avec 22 monoplaces, six pilotes sont désormais éliminés en Q1 comme en Q2, pour ne laisser que dix voitures se battre pour la pole en Q3. La dernière partie de séance gagne d’ailleurs une minute, portée à 13, offrant un tour de plus pour tout oser, ou tout perdre.

Antonelli, lui, n’a rien laissé au hasard. Dans ce tour qui pourrait peser lourd dans sa carrière, il a pris le dessus sur un Verstappen toujours menaçant, placé idéalement pour harceler la Mercedes au départ. Hadjar, en embuscade, peut aussi jouer les trouble-fête si la première ligne s’emmêle dans le premier virage en montée.

Ferrari, reléguée sur la deuxième ligne, devra frapper tôt si l’équipe veut empêcher Antonelli de transformer cette pole en marche vers le titre. McLaren, plus loin, n’aura sans doute pas ce luxe.

Dimanche, tout se jouera dans les premiers mètres, puis dans la gestion d’un Grand Prix souvent piégeux à Austin. Antonelli a pris la meilleure place sur l’échiquier. Reste une question, simple et brutale : saura-t-il convertir cette pole en couronne mondiale sous le ciel texan ?