Liam Lawson en neuvième position au Grand Prix des États-Unis
Liam Lawson et Austin, ça colle. Encore. Sur ce Circuit of the Americas qu’il décrit lui‑même comme son préféré du calendrier, le Néo‑Zélandais s’est offert une nouvelle place dans le top 10 en qualifications pour le Grand Prix des États‑Unis. Il s’élancera neuvième, déjà la huitième fois cette saison qu’il place sa Racing Bulls dans la première moitié de grille.
Sur le papier, il y avait même mieux à faire. Mais la stratégie de l’écurie a tranché : pas de tour en Q3. Une décision prise dès l’instant où la pénalité de grille d’Arvid Lindblad, pour changement d’élément de groupe propulseur, a figé la position de Lawson.
« Nous avions décidé que si nous mettions les deux voitures en Q3… nous ne roulerions pas », a expliqué Lawson après la séance. Le plan était clair : une fois la neuvième place sécurisée, inutile de brûler des pneus pour aller chercher un ou deux dixièmes face à des voitures hors de portée sur la durée d’un Grand Prix.
Il y a pourtant un petit goût d’inachevé. Lindblad aurait pu offrir l’aspiration à son coéquipier, l’aider à se glisser une ou deux rangées plus haut. Lawson ne le cache pas : « C’est dommage. J’étais prêt à vraiment attaquer. Heureusement, nous avons beaucoup de pneus pour demain. »
Meilleur des autres en ligne de mire
Dans le contexte actuel, la neuvième place ressemble malgré tout au maximum réaliste. La Racing Bulls accuse encore un net déficit de performance sur les quatre équipes de pointe. Partir neuvième, c’est quasiment verrouiller le statut de « meilleur des autres », ce pilote qui s’intercale juste derrière les intouchables.
Un détail qui compte au moment où son avenir en Formule 1 n’est toujours pas scellé. Un nouveau week‑end solide, une arrivée dans les points en partant déjà aux avant‑postes du peloton, et Lawson continue de bâtir son dossier. Austin lui réussit, et il le sait.
Derrière lui sur la feuille des temps, Arvid Lindblad avait signé le neuvième chrono en qualifications. Sa pénalité pour dépassement du quota de moteurs à combustion interne le repoussera toutefois en quatorzième position sur la grille. Un recul qui renforce encore la responsabilité de Lawson de porter les espoirs de Racing Bulls dimanche.
Antonelli en pole, le titre au bout du week‑end
Devant, l’histoire se joue à une autre échelle. Kimi Antonelli a retrouvé la pole position, sa première depuis le Grand Prix de Belgique, au volant de la Mercedes. Le jeune Italien de 20 ans peut devenir ce week‑end le plus jeune champion de l’histoire de la Formule 1.
Pour y parvenir, il doit compter au moins 125 points d’avance sur son plus proche poursuivant à l’issue du Grand Prix. Les résultats de ses rivaux lui ouvrent la porte : Lewis Hamilton, désormais chez Ferrari, et son coéquipier chez Mercedes, George Russell, ne partiront que cinquième et sixième.
Entre eux et Antonelli, un autre duel se dessine. Max Verstappen, lancé sur une série de deux victoires consécutives avec Red Bull, s’élancera deuxième. Il doit gagner pour garder une chance de repousser le sacre de l’Italien. Juste derrière, Isack Hadjar signera le meilleur départ de sa jeune carrière avec la troisième place sur la grille, devant la Ferrari de Charles Leclerc, seulement quatrième après avoir dominé toutes les séances d’essais libres.
Au milieu de ces grands noms, Lawson sait où se situe son combat. Pas pour la victoire, pas pour le podium. Pour les points, pour l’image, pour son futur.
Une qualif maîtrisée au cordeau
Sa qualification, justement, raconte un pilote en pleine confiance sur ce ruban texan. En Q1, il n’a eu besoin que d’un seul tour pour se mettre à l’abri. Un 1’35’’662 dès sa première tentative, suffisant pour se hisser à la sixième place provisoire, puis glisser à la huitième une fois les 22 pilotes passés. Peu importe : l’essentiel était fait, avec 0’’869 de marge sur la zone d’élimination. Et un train de pneus tendres économisé.
En Q2, le scénario s’est corsé. Lawson améliore d’entrée en 1’35’’280, mais ce chrono ne le place que neuvième après la première vague de tours rapides. Les autres progressent, les temps tombent, et le Néo‑Zélandais se retrouve un temps douzième, virtuellement dehors.
La réponse arrive sur un dernier tour au cordeau : 1’35’’058. Il arrache la dixième place pour 0’’022 seulement, au détriment de Pierre Gasly et de son Alpine. À la « photo‑finish », Lawson passe en Q3, au prix d’un tour propre, sans excès, mais sans la moindre erreur.
C’est là que l’histoire s’arrête. Racing Bulls ne le renvoie pas en piste pour la dernière phase. Pas de chrono en Q3, pas de tour pour le plaisir. En échange, un capital pneus renforcé pour le Grand Prix de lundi (9 h, heure néo‑zélandaise).
La question est simple désormais : ce pari stratégique offrira‑t‑il à Lawson le tremplin qu’il cherche, sur le circuit qui lui va si bien, au moment où sa carrière joue peut‑être l’un de ses tournants décisifs ?




