Max Verstappen et la polémique des bosses à COTA
Max Verstappen n’a pas du tout goûté aux propos de Bobby Epstein. Le patron du Circuit of the Americas assure qu’« il n’y a aucun problème » avec les bosses d’Austin ? Le Néerlandais, lui, parle de douleur, de risques et d’un tracé « inacceptable ».
La tension est montée d’un cran à la veille du Grand Prix des États-Unis.
« Qu’il vienne conduire ma voiture »
Depuis le début du week-end, Verstappen martèle le même message : le revêtement du COTA est trop dégradé, les compressions trop violentes, au point de le contraindre à prendre des antidouleurs pour soulager son dos. Une situation qu’il juge intenable à ce niveau.
Bobby Epstein, interrogé, a balayé ces critiques. Selon lui, la piste est globalement saine, à l’exception d’une zone précise.
« Nous ne sommes pas contents qu’il y ait une bosse en bas du virage 1. Nous ne l’avons découverte que cette semaine. Nous l’aurions réparée », a-t-il expliqué, tout en assurant que « les autres bosses dont Max a parlé » ont déjà été traitées et que « la piste est en très bon état ».
Prévenu de cette réponse, Verstappen n’a pas pris de gants. « Je l’invite à conduire ma voiture », a lâché le quadruple champion du monde devant les médias néerlandais après les qualifications de samedi. « Je pense qu’il devrait sortir après cinq tours et qu’il ne pourrait plus marcher. »
Le message est clair : ce que l’on ressent depuis un bureau ou en voiture de route n’a rien à voir avec ce que subit une monoplace moderne à plus de 250 km/h.
Des bosses là où ça fait le plus mal
Pour Verstappen, réduire le problème au seul virage 1 relève presque de la provocation. Le cœur du débat se situe ailleurs, dans la séquence rapide qui fait la réputation du COTA.
« Il y a aussi de grosses bosses dans la portion à haute vitesse entre les virages 4 et 5 », insiste-t-il. « Le sol sous la piste ne peut pas servir d’excuse. Une voiture ne devrait pas encaisser un impact aussi violent à une telle vitesse. »
Le Néerlandais va plus loin en révélant un détail qui, chez lui, en dit long : « Je prends des antidouleurs ici, ce dont je n’ai normalement pas besoin. Et je ne devrais pas en avoir besoin. »
Pour un pilote habitué à encaisser des charges extrêmes sans se plaindre, reconnaître publiquement qu’il roule sous médication donne la mesure de son agacement, mais surtout de son inquiétude.
Duel en piste, fracture hors piste
Sportivement, Verstappen s’est tout de même placé en position de jouer la victoire. Il s’élancera deuxième sur la grille, aux côtés du poleman Andrea Kimi Antonelli. L’Italien a une occasion en or : un succès dimanche pourrait lui offrir le titre mondial, si les autres résultats tournent en sa faveur.
Pendant que la lutte pour le championnat se prépare en première ligne, une autre bataille se joue en coulisses : celle de la sécurité, de la responsabilité et de la crédibilité d’un circuit devenu un rendez-vous majeur du calendrier.
Les bosses d’Austin ne sont plus seulement un inconfort pour les pilotes. Elles sont désormais au centre d’un bras de fer public entre l’un des visages les plus puissants du paddock et le patron d’un tracé emblématique. La course dira qui gagnera en piste. Le bitume, lui, n’a pas fini de faire parler.




